L’AUTEUR CHANTAL FLURY.

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LA ROSE DE BLIDA de YASMINA KHADRA.

220px-Yasmina_Khadra_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2   LA ROSE DE BLIDA collection dirigée par Bertrand Louët ( Hatier).livre_0201 dove3Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara Algérien.

Il suit des études dans un lycée militaire. Il entre dans l’armée Algérienne, en tant qu’officier. Il est responsable de la lutte contre l’AIS puis le GIA.

Dans  » La rose de Blida » Mohammed Moulessehoul mis dans l’école militaire  » des cadets » en Algérie tombe platoniquement amoureux d’une jeune femme inconnue d’environ 30 ans. Il l’aperçoit à sa sortie de prison où il a été enfermé pour insubordination. Frêle, l’air juvénile, elle le séduit dès son premier regard sans qu’il comprenne ce qui se passe.

  Le fils de cette femme , Fouad, arrive dans son école et il va jusqu’à Blida pour lui apporter une lettre que ce dernier a écrite à sa mère. Hélas à son arrivée le capitaine de l’école est là et il doit rebrousser chemin. Son fils pense alors qu’il lui a menti et se met à l’ignorer.

Fouad  à la rentrée des classe n’est plus là et Mohammed décide donc de retourner à Blida en auto- stop pour revoir cette femme. Mais la maison est vide. La voisine lui apprend que le père est revenu chercher sa femme et son enfant et qu’ils sont partis pour la France.

Quarante ans après, étant en France, il est absolument certain qu’il la reconnaîtra tout de suite en la croisant dans la rue. Son coeur est toujours sensible à son image alors qu’il ignore tout d’elle.

Ce livre est une autobiographie de l’auteur.

Extraits dove3:livre_0201 La première fois que je l’ai vue je sortais de la prison de l’école, ma couverture enroulée sous l’aisselle et mon oreiller sous l’autre bras ( p 12).

Elle devait avoir dans la trentaine mais en paraissait beaucoup moins avec ses traits juvéniles et sa silhouette frêle, et ce regard lointain qui semblait puiser son éclat au fin fond de l’horizon ( p 12).

Pendant deux mois je ne savais plus quelle porte prendre pour aller à l’air libre( p 12) (…)

Bordel ! paniqua le caporal ! C’est le capitaine. Retourne dans ta cellule jusqu’à ce que je vienne te chercher ( p 15).

Lorsqu’il revint me chercher, la Peugeot 403 avait disparu emportant avec elle la féérie de tout à l’heure ( p 15).

En réalité je me sentais mal dans ma peau depuis que j’avais entrevu cette dame au sortir de la prison scolaire ( p 17).

Cela faisait maintenant cinq ans que j’étais enfermé dans cet internat particulier – L’école des Cadets;une école militaire conçue pour recueillir les orphelins de la guerre d’indépendance et à laquelle mon père, officier, m’avait confié pour que j’apprenne le métier des armes et embrasse une longue carrière de commandeur et de héros de la nation. ( p 18- p 19).

Le week-end, quand il m’arrivait, contre toute attente, de bénéficier d’une permission de trente six heures, je passais une éternité à m’astiquer devant un miroir (…) ( p 20).

T’es pas bien du tout, Mo. J’aime pas ton regard ( p 23).

Il faut te ressaisir Mo, me suppliait 53 ( p 24 ).

Je sais mais j’y peux rien. Je veux savoir qui elle est , où elle habite… Je veux la revoir. Peut-être qu’après tout rentrera dans l’ordre( p 24).

Tu disais qu’elle avait la trentaine ( p 24).

53 continuait de me raisonner; je l’écoutais ( p 25).

Le jour où tu l’as vue, elle venait de confier son rejeton à notre école ( p 28).

Il m’avait fallu des jours et des nuits pour familiariser Fouad Sid Tami avec ma silhouette, et des semaines pour pouvoir l’approcher ( p 31).

On dit que l’école des Cadets a été conçue pour recueillir les orphelins de la guerre ( p 33). J’ai pas de parents, trancha- t -il ( Fouad). Tu as une maman ( Mo) ( p 33).

En regagnant le dortoir, je vis de la lumière au fond du bloc scolaire ( p 36). Une lettre… Je suis en train d’écrire une lettre pour ma mère ( p 36).

Je ne tiendrai pas jusqu’aux vacances, gémit-il. Il faut que ma mère sache que je ne suis pas bien dans cette foutue caserne ( p 37 ) (…)

Si tu veux je peux l’apporter en mains propres à ta mère (…) ( p 58 ).

Un paysan accepta de me transporter sur son tracteur jusqu’à la route bitumée ( p 39 )

. J’arrivai au numéro 13… Quel ne fut mon choc quand je reconnus la 403 noire du capitaine garée devant l’entrée ( p 41 ).

A la fin de la semaine, malgré la sanction qui pesait encore sur moi, je fis le mur et me rendis à Blida en auto-stop ( p 46 ).

Pourquoi personne ne me répond pas ? lui demandai-je en me remettant à tripoter le carillon du numéro 13 ( p 45 ).

C’est que la maison est vide. Le papa est ,revenu. Il a pris sa femme est son gosse et tous les trois sont partis en France ( p 46).

Bien sûr entre deux évocations, il m’arrive d’en rire aux larmes et pourtant, lorsque le rire s’essouffle les larmes voilent longtemps après mon regard ( p 47 ).

Souvent lorsque je parcours la France à la rencontre de mon lectorat, alors je découvre de nouveaux visages dans les salles qui m’accueillent, je me surprends à chercher celui de Hawa ( p 47 ).

L’espace d’une fraction de seconde, aussi absurde que cela puisse paraître, mon coeur frémit plus fort que d’habitude, et je m’entends me demander… et si c’était elle ? ( p 47 ).

 

Analyse et extraits publiés par Chantal Flury le 13 Novembre 2015.background-2008_039_thumb


Joyeux Noël.

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Bonne année 2013.

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JOYEUSES FÊTES.

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JOYEUX NOËL.

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LES HIRONDELLES DE KABOUL de YASMINA KHADRA.

Yasmina Khadra au Salon du livre de Paris en mars 2010.

Editions Julliard, Paris, 2002.

LES HIRONDELLES DE KABOUL. 

Atiq Shaukat, moudjahid, ramasse son turban et sa cravache (p123). Il est gardien de la geôle de Kaboul. Il veille sur les condamnées, par exemple sur une femme qui a commis un adultère qui doit être exécutée pour prostitution (p18). Il laisse rentrer deux miliciennes en tchadri qui viennent la chercher pour cette exécution publique. Elle va être lapidée.

La femme d’Atiq, Mussarat a un cancer, souffre et va bientôt mourir. Ils se disputent souvent.

 » Surprise par la violence de son époux et achevée par ses propos, Mussarat s’affaisse par terre, les mains autour de sa gorge meurtrie, les yeux exorbités d’incrédulité.  » (p123).

Mohsen, dans ce monde de l’intégrisme, a perdu ses repères et il ramasse lors de l’exécution trois pierres mis à la disposition du public sanguinaire. Il touche le front de la condamnée avec la dernière pierre et une tâche rouge apparaît. Il réalise d’un seul coup son geste et est tout retourné d’avoir ainsi participé à la mort d’une femme. Pendant ce temps, les talibans veillent.

 » Je ne sais ce qui m’a pris. C’est arrivé si vite. Comme si la foule m’avait ensorcelé. Je ne me rappelle pas comment j’ai ramassé les pierres. Je me souviens seulement que je n’ai pu m’en défaire, qu’une rage irrésistible s’est emparée de mon bras… Ce qui m’épouvante et m’afflige en même temps, c’est que je n’ai même pas essayé de résister. « (p3).

Enterrée jusqu’aux genoux pour se tenir droite, bâillonnée, sa mort n’a duré qu’une minute.

Les femmes ici sont couvertes et non vues pour ne pas déshonorer leurs époux. Elles sont considérées comme des êtres malsains et pervers que l’on doit surveiller et mettre à l’écart des autres hommes.

Moshe parle à sa femme Zunaira qui est très belle, de son intervention à l’exécution. Elle le rejette alors dégoûtée. Il lui demande de sortir avec lui. Elle enfile alors, ancienne avocate qui a connu la liberté à kaboul, son tchadri, à l’obscurité grillagée, à contre coeur. Dans la rue, elle est mise à l’écart, en plein soleil, par un sbire qui contraint Moshe à aller prier à la mosquée. Il a dû s’y soumettre. A son retour; affligée Zunaira se refuse totalement à lui.

 » (…) L’Occident a péri, il n’existe plus. Le modèle qu’il proposait aux nigauds a failli. C’est quoi ce modèle? C’est quoi au juste ce qu’il considère comme une émancipation, une modernité ? Les sociétés amorales qu’il a mises sur pied, où le profit prime, où les scrupules, la pitié, la charité compte pour des prunes, où des valeurs sont exclusivement financières, où les riches deviennent tyrans et les salariés des forçats, où l’entreprise se substitue à la famille pour isoler les individus afin de les domestiquer puis de les congédier sans autre forme de procès, où la femme se complaît dans son statut de vice, où les hommes se marient entre eux, où la chair se négocie au vu et au su de tous sans susciter la moindre réaction, où des générations entières sont parquées dans des existences rudimentaires faites d’exclusion et d’appauvrissement ? (…) « (p75)

Moshe essaye, en vain, de la faire venir dans sa couche. Alors cette dernière le pousse. Moshe glisse, tombe à la renverse, sa tête heurte une saillie dans la paroi et il se tue. (p103).

Arrêtée, Zunaira, plus belle que le ciel, est conduite à la geôle d’Atiq. Ce dernier, en la voyant sans voile, en tombe immédiatement amoureux. Il rentre chez lui et éprouve le besoin d’en parler à sa femme. Cette dernière se rend compte que son mari aime enfin…Se sachant condamnée par la maladie, elle lui propose de prendre sa place.

 » Tu es entrain de vivre les seuls moments dignes d’être vécus… En amour même les fauves deviennent divins… » (p131).

Zunaira que l’on croit être sa femme, attend dans le bureau d’Atiq. Quassim Abdul Jabbar arrive en 4 fois 4. Il est suivi d’un mini bus. Il pénètre dans la maison d’arrêt. Atiq a peur, a froid.  Deux miliciennes arrivent (p135).  La prisonnière est devant elles. Il dit à Quassim que son épouse est dans le bureau. L’échange entre les deux femmes a été fait. Quassim propose que sa femme se joigne à ses soeurs et ses femmes dans ce mini bus (p137).

D’autres exécutions ont lieu ce jour là. Un homme par exemple, ligoté à genoux, a la gorge tranchée (p139).  La prisonnière est emmenée au milieu de la pelouse pour l’exécution. un coup de fusil à l’arrière du crâne part (p139).

Lorsque Attiq revient à lui, Zunaira a disparu.

 » Atiq regarde autour de lui, il se rend compte qu’il n’y a plus personne sur la place. Hormis le ciel chargé de poussière et le portail du stade grand ouvert, c’est le silence; un silence misérable, profond comme un abîme. Atiq regarde autour de lui, incrédule, complètement désorienté; il est bel et bien seul.  » (p141).

Atiq devient fou. Il part dans la rue et croit reconnaître dans toutes les femmes qui passent Zunaira. Il va au cimetière et s’écroule devant la tombe de son épouse. Puis il court dans la rue et veut retirer à toutes les femmes leur tchadri pour reconnaître Zunaria. Une avalanche de cravaches, savates, cravaches pleuvent sur lui. Il s’effondre et s’écroule dans le noir (p148).

Quel espoir est-il permis à Kaboul ?

Ecrit et publié par Chantal Flury le 29 Novembre 2011.background-2008_039.jpg


CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT de YASMINA KHADRA.

Editions Julliard, Paris. 2008.

Yasmina Khadra au Salon du livre de Paris en mars 2010.

SA VIE . 

 

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara Algérien.

Il suit des études dans un lycée militaire. Il entre dans l’armée Algérienne, en tant qu’officier. Il est responsable de la lutte contre l’AIS puis le GIA.

CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT.  

Dans l’Algérie des années 1930, Younes fuit avec ses parents et sa soeur, le village de ses ancêtres. Son père a hypothéqué ses biens et il a tout perdu à la suite de mauvaises récoltes… La dernière a même été brûlée par malveillance.

 » Notre chien nous suivait de loin, le profil bas. Il s’arretait de temps en temps au sommet d’un tertre, se mettait sur son postérieur pour voir s’il était capable de tenir le coup jusqu’à ce que nous ayons disparu, puis il bondissait sur la piste et se dépêchait de nous rattraper, le museau raclant le sol. Son allure ralentissait au fur et à mesure qu’il gagnait du terrain puis, de nouveau, il s’écarait de la piste et s’arrêtait, malheureux et désemparé. Il devinait que là où nous nous rendions, il n’avait pas de place.Mon père le lui avait signifié en lui jetant des pierres au sortir du patio.  » (p19)

Younes arrive à Oran chez son oncle. Ce dernier trouve un logement à sa famille à Jenane Jato, un quartier touché par la misère et sordide. Son père travaille dur pour remonter la pente et faire des économies. Mais il est abusé par un voyou et se fait dépouiller l’argent mis de côté.

Son père décide alors de le laisser à son oncle qui a demandé à son frère plusieurs fois de l’adopter. Jusque là il a toujours refusé. En effet, son oncle n’a pas d’enfants et c’est un rêve pour leur couple d’en élever un. Cet oncle est pharmacien à Oran. Il va donc élever Younes et lui permettre de faire des études. Adopté il change de nom et devient Jonas.

Jonas n’a plus de lien avec ses parents et sa soeur. Il vient juste en cachette pour les voir et leur propose de l’argent. Un jour, il aperçoit son père qui est jeté d’un café dans un caniveau. Il a bu. C’est la dernière fois que Jonas le verra.

Sa nouvelle famille quitte Oran pour Rio Salado (p207). Son oncle vend sa pharmacie à Oran et en achète une autre ici. Jonas y grandit, aime ce lieu. Il y rencontre des amis fidèles. Il s’y intègre à la communauté pied-noire. Il noue des amitiés indissolubles, françaises et juives. Il a son premier amour avec Madame Cazenave, une femme plus âgée.

Puis il rencontre Emilie, sa fille, que les jeunes gens se disputent. Emilie est une « princesse ». En arrivant un jour  à la pharmacie, sa mère lui indique que sa fille est amoureuse de lui. Mais elle  lui fait promettre que compte tenu de leur liaison, il n’aura jamais de lien amoureux, ni de mariage avec elle. Jonas le lui jure.

Tout autour, des Français régissent la ville, dans l’abondance et à côté des Algériens souffrent. Ils n’ont pas d’instruction et les Français les traitent comme des esclaves. Jonas leur porte parfois secours financièrement.

Emilie déclare à Jonas son amour qu’il rejette. Par dépit et effondrée, elle épouse Simon, son meilleur ami.

Mais l’Algérie coloniale vit sa dernière splendeur. Des violences, des déchirures et des trahisons se déchaînent. Les amitiés se disloquent et s’entrechoquent.

Jonas aide à soigner, dans le secret, un combattant de l’ombre qui est blessé avec les médicaments qu’il vend en pharmacie, au péril de sa vie et de celle de sa mère adoptive.

Il essaye de parler à Emilie dont le mari vient d’être tué et sa maison brûlée dans cette révolte.

 » Les fellagas. Ils ont égorgé Simon et mis le feu partout. Le temps d’arriver ils étaient partis (…)  » (p344).

Mais elle le rejette à son tour. Elle part alors vivre à Oran. Jonas va la retrouver mais elle lui tourne le dos.

Les Français doivent quitter l’Algérie. Emilie est partie maintenant à Marseille. Jonas la recherche encore. Il la trouve mais elle refuse son aide. Il retourne donc en Algérie…

 » Ce n’est la faute de personne Younes. Tu ne me dois rien. Le monde est ainsi fait, c’est tout. Et il ne me tente plus. » (p 408).

Jonas revient à Marseille. Emilie est morte. Elle lui a laissé un coffret, post mortem, lui demandant de lui pardonner ce qu’elle lui a dit. Elle n’a jamais oublié son amour d’enfance. Il sème le reste de la rose cueillie pour elle et glissée dans le livre d’Emilie, il y a soixante-dix ans sur sa tombe.

Emilie dans cette lettre lui avoue qu’après l’avoir vu, elle l’avait attendu plusieurs jours. Il se sent alors peiné mais serein de savoir qu’elle l’a toujours aimé.

Jonas se réconcilie alors avec tous ses amis vivants. Il les retrouve et les invite.  Puis il rentre à Rio Salado où il a fondé depuis une famille. Sa femme est depuis morte mais il doit marier son petit fils dans trois jours (p437)…

Ecrit et publié par Chantal Flury le 28 Novembre 2011.background-2008_039.jpg 

 

 

 

 


LE PERIPLE DE BALDARASSE D’AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009 

Edition Grasset et Faquelle 2000.

«  Il revient à l’homme d’habiller la femme qu’il déshabille et de parfumer celle qu’il enlace. Comme il lui revient de défendre au péril de sa vie le pas fragile qui s’est attaché au sien « 

Amin Maalouf.

Le Périple de Baldarasse.

LE PERIPLE DE BALDARASSE. 

Baldarasse Ambriaco génois d’Orient est Génois d’Orient et négociant en curiosités. Il vit dans la prospérité. Il apprend l’existence d’un livre, le centième nom, qui est censé apporter le salut au monde. Mais il ne croit pas vraiment à l’existence de ce livre.

Ce livre légendaire s’intitule, le dévoilement du nom caché mais on l’appelle plus communément Le Centième nom. L’auteur nous rappelle que dans le Coran sont indiqués les quatre-vingt-dix-neuf noms de dieu, certains préfèrent dire les épithètes. L’auteur du Le centième nom, serait  Abou-Maher al Mazandarani. (p26)

Un jour, Baldarasse avait reçu du vieil Idriss, un mendiant, en offrande pour sa gentillesse envers lui ce livre. Il lui avait payé hors de son prix, le voyant dans la difficulté, un livre de poésies arabes, assez médiocre. Ce livre prédisait que l’année 1666 qui arrive serait   » l’année de la bête », l’apocalypse. Mais Baldarasse, l’avait cédé à un chevalier émissaire de la cour de France, le chevalier Hugues de Marmontel, sur son insistance. Il lui paya 1500 maidins, un prix exorbitant. (p32)

Baldarasse le regrettait et se sentait obligé de partir à la recherche de ce livre. Il partit donc sur les routes le 24 Aout 1665, avec ses deux neveux  Habib, Jaber et son commis Hatem. Il décida d’aller à Tripoli avant que le chevalier de Marmontel appareille sur son vaisseau et lui demander de pouvoir le recopier.

Marta, une jeune femme du village, délaissée et ruinée par son jeune mari et qui depuis a disparu, les rejoint.

Le 05 Octobre, Baldarasse attrape lors de son voyage une grosse fièvre et manque de mourir. C’est la présence de Marta auprès de lui qui le rappelle à la vie. Elle devient sa maîtresse. En arrivant à Tripoli, il apprend la mort du chevalier de Marmontel dont le bateau a fait naufrage. Le livre est censé avoir disparu lors de ce naufrage. Mais déjà ce n’est plus le livre que le marchand cherche mais le nom caché de Allah, contraction de  » Al-ilah  » qui veut simplement dire,  le dieu. Il y a dans ce livre peut-être un autre nom, un nom intime qu’Alah a confié seulement à ceux qui méritent de le connaître et non au commun des mortels.

Baldarasse précise que c’est parce que ses aïeux ont toujours pris des femmes génoises qu’ils ont pu préserver leur langue, leurs coutumes et leur attachement à la terre première.

Il se rend au Palais du Sultan pour obtenir le papier qui rendrait Marta, femme libre, libérée de son époux parti et maintenant disparu. Certains le disent mort. Il ne peut que dans cette condition revenir au pays avec elle. (p133). Depuis l’âge de vingt ans, il est veuf d’une jeune femme, Elvira.

Mais il perd Marta et l’enfant qu’elle porte de lui. En effet son mari qui est en fait vivant la retrouve à Ghio. Il se fait emprisonner en voulant libérer Marta du joug de son mari et laisse ses deux neveux et son commis seul. Puis Baldarasse repart à Londres  pour la recherche du Centième nom.

Il apprend qu’il est possédé par Le Chapelain qui l’a acheté auprès de Weeler, un marchand comme lui. Ce dernier qu’il rencontre,  lui propose un marché, de traduire le livre de l’arabe en latin, lui lire et repartir avec le livre.

 » Vous voulez ce livre et moi je veux seulement comprendre ce qu’il contient  » (p395).

 » Ainsi il aura fallu que je suive ce livre de Gibelet jusqu’à Constantinople, puis de Gènes jusqu’à Londres, jusqu’à cette taverne, jusqu’à la tanière de ce curieux aumônier, pour m’atteler enfin à la tâche la plus nécessaire.  » (p396).

Tagnis et Calvin deux disciples de cet homme, ancien moine doivent prendre la traduction au fur et à mesure que Baldarasse la donnera.

Le titre intégral du livre est  « Dévoilement du nom caché du Maître des créatures.  » (p400).

Une étrange cécité du marchand retarde la progression de la lecture et de la traduction…

 » Seulement cette étrange cécité retarde sa progression, mais ce n’est peut-être qu’un obstacle comme les autres, une épreuve après d’autres que je finirai par franchir  » (p404.)

Le nom suprême peut-être prononcé…

 » Si la religion de Moïse sanctionne effectivement ceux qui prononcent le nom ineffable et s’ingénie à trouver les moyens d’éviter toute mention directe du créateur, la religion de Mohamed a pris résolument le contre-pied de cette attitude, exhortant les croyants à prononcer jour et nuit le nom de Dieu. « (p404/405.)

« (…) glorifie le nom de ton seigneur, le très grand.  » (p405.)

Mais le 11 Septembre 1666  » Au milieu de la nuit, Londres commence à flamber.  » (p425.)

 » Le soleil s’est couché et l’incendie fait toujours rage  » (p428.)

Il parait que la population fouille maintenant les maisons à la recherche des coupables. (Les étrangers.) (p431.)

Baldarasse arrive à partir de Londres, aidé de la patronne de l’hôtel où il loge. Par bateau de Londres, il regagne Gènes où il retrouve Grégorio et s’engage un jour d’enivrement à épouser sa fille de 14 ans. Il essaye néanmoins de revoir Marta à Ghio. Elle lui annonce alors qu’elle n’a jamais été enceinte et qu’elle veut rester avec son mari. Il rentre donc à Gènes et demande la main Giaconinetta, la fille de Grégorio, qui est ravie de l’épouser.

Baldarasse reçoit des nouvelles de sa soeur de Gibelet qui lui annonce que ses deux neveux sont arrivés mais pas son commis Hatem.

Il prend la décision de conserver le Centième nom mais de ne jamais le lire, car il plonge dans la nuit et les malheurs, à chaque fois qu’il essaye de le faire.

CONCLUSION :  

Baldarasse, au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, a traversé des pays en perdition, des villes en feu, des connotations de fin du monde. Il y a rencontré la peur, la tromperie mais aussi l’amour auquel il ne s’attendait plus. Il repart avec Le Centième nom en décidant de ne jamais le lire et en protégeant ainsi ce qui y est écrit.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 27 Novembre 2011.background-2008_039.jpg


LES JARDINS DE LUMIERE D’AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009

LES JARDINS DE LUMIERE d’AMIN MAALOUF, édition Lattès JC 1991. 

Mani, prophète, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIème siècle est nommé par les chinois  » le Bouddha de lumière » et les Egyptiens  » l’apôtre de Jésus « .

Son histoire commence moins de deux siècles après la mort de Jésus.

Mani fut enlevé enfant de sa mère par les disciples des Vêtements Blancs, secte de son père. Il fut élevé parmi ces disciples, admiré par leur chef.

Il commença à dessiner et ses dessins devinrent célèbres.  » Ma tête dessine et ma main obéit « (p223).

Il quitta la secte car il ne s’y reconnaissait pas. Son père le suivi. Il prêcha dans le monde ainsi qu’auprès des plus grands de la cour.

Il prêcha une religion où il y a d’un côté le Bien et le royaume de la Lumière et de l’autre la Mal et le royaume des Ténèbres. Les deux coexistaient sans jamais se mêler. Mais il se put arriver que les Ténèbres envahissent, lors de catastrophes, la Lumière. L’homme naquit de ce conflit, son esprit appartenait au domaine de la Lumière et son corps aux Ténèbres.

A côté de lui se trouvaient les élus, les auditeurs étant là pour les servir.

L’homme devait lutter toute sa vie entre le Bien et le Mal pour atteindre le royaume de la Lumière. Pour y parvenir, il devait réussir à abandonner tout ce qui est matériel.

Mani fut protégé par l’Empereur de Perse, Shapur Ier. Il prêcha dans tout le Moyen-Orient. Sa religion, plus tard, se répandit en Afrique du Nord, en Europe, en Asie. Shabur, lorsqu’il était à ses côtés le faisait mander jusqu’à trois fois dans la journée (p175). Mais il refusa de le suivre au combat  qui dura plusieurs années étant pacifiste. Le fils de Shapur, Hormitz, à sa mort lui succéda. Il aimait Mani comme son père l’avait aimé. Mais il fut empoisonné par les partisans de son autre fils Vahram qui monta à son tour sur le trône.

Vahram, influencé par ses proches, persécuta et tua par jalousie Mani. Il l’accusa d’avoir semé le trouble dans son pays. Mani fut jugé et mourut après une lente agonie dont il ne chercha même pas à s’échapper.

La religion de Mani est un syncrétisme inspiré du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme qui néanmoins le combattirent.

De sa religion de beauté, il reste les mots « manichéen « , « manichéisme ». Tous les linguistiques de Rome et de la Perse se sont ligués pour défigurer Mani, pour l’éteindre. Ses écrits furent détruits sur les bûchers.

Sa philosophie tolérante et humaniste visait à concilier les religions de son temps. Néanmoins, elle lui valut haine et persécutions… Etait-il hors de son temps?…

Mani fut le véritable fondateur de la peinture orientale.

 

DES EXTRAITS DU LIVRE : 

L’histoire de Mani commence à l’aube de l’ère chrétienne, moins de deux siècles après la mort de Jésus (p8).

(…) sur la colline qui domine le pont de Séleucie, se dresse le temple de Nabu. Dieu de la connaissance, dieu de la chose écrite, il veille sur les sciences occultes et patentes (p8).

Aux jours glorieux de Babylone, le nom de ce dieu précédait celui des souverains, qui s’appelaient ainsi Nabunassar, Nabupolassar, Nabuchodonosor (p8).

Sans doute Mani s’est-il débattu, le jour où tous ces Vêtements Blancs vinrent l’enlever. Sans doute a-t-il même hurlé, lorsqu’ils le plongèrent par trois fois dans l’eau du canal, qu’ils lui arrachèrent ses habits. Mais en dépit de son jeune âge, il lui fallut se conformer à leur loi, porter la tunique blanche, manger leur nourriture, balbutier leurs gestes, imiter leurs prières (p36).

Ce fut au cours de ses longs moments de silence et de ravissement que Mani sentit monter en lui pour la première fois l’irrépressible désir de peindre (p51).

Mani qui apparaît, avec le recul des siècles, comme le véritable fondateur de la peinture orientale, lui dont chaque trait de pinceau allait faire naître en Perse et aussi en Inde, en Asie centrale, en Chine, au Tibet, mille vocations d’artiste. Au point que, dans certaines contrées, on dit encore  » un Mani «  quand on veut dire, avec des points d’exclamation,  » un peintre, un vrai.  » (p51).

(…) Mani poursuit son discours (p84) :

- …aux commencements de l’univers, deux mondes existaient, séparés l’un de l’autre : le monde de la Lumière et celui des Ténèbres. Dans les jardins de la Lumière étaient toutes les choses désirables, dans les ténèbres résidait le désir, un désir puissant, impérieux et rugissant. Et soudain, à la frontière des deux mondes, un choc se produisit, le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu. Les particules de Lumière se sont alors mêlées aux Ténèbres, de mille façons différentes, et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures, les corps célestes et les eaux, et la nature de l’homme… (p84).

Entre¨Pattig et Mani allaient se tisser les plus étranges rapports qui puissent se concevoir entre un père et un fils. Au fil des ans, une amitié allait naître et grandir, une affection réelle, profonde, mais qui ne devaient rien à leur lien de sang. Bien au contraire, elle se ferait en dépit de ce lien, et comme pour le nier. Patti serait, jusqu’à sa mort, un proche disciple de Mani, son plus fidèle compagnon de voyage, son auditeur le plus assidu (p91).

Les idéaux meurent pourtant de n’avoir pas été bafoués, c’est par les pudiques compromissions des maîtres, c’est par la trahison des disciples que les doctrines survivent et prospèrent au milieu  du monde et de ses princes (p216).

Chaque religion aura eu ses légions. Pas celle de Mani. S’était-il trompé d’âge? Se serait-il trompé de planète?( p216).

- Mani , fils de Pattig, en abandonnant la Religion Vraie qui était celle de tes ancêtres, tu t’es rendu coupable d’apostasie. En professant des idées novatrices qui ont perturbé les croyants, tu t’es rendu coupable d’hérésie. Deux crimes contre le Ciel (p241-242).

Mani fut livré au supplice des fers. Une lourde chaîne scellée autour du cou, trois autres autour du buste, trois à chaque jambe, et trois encore à chaque bras. Sans autre violence, ni sévices, ni cachot. Il était seulement retenu dans une cour dallée, près du poste de garde. Sous le poids, sa vie allait s’épuiser goutte à goutte. Ordre avait été donné de le nourrir pour qu’il survive plus longtemps. Pour qu’il souffre plus longtemps (p243).

Au quatorzième jour, les badauds s’étaient lassés et les fidèles s’assemblèrent nombreux (p246).

Au dix-septième jour, on crut la fin imminente, et les gardes laissèrent les fidèles s’approcher (p246).

Tout son visage s’était illuminé. Et ses paumes, ses doigts, sa gorge, son buste (p247).

- Passé l’instant d’incrédulité, chacun retrouve ses travers, ses habitudes. Et le tri s’opère entre les humains. Sans besoin de tribunal. Celui qui a vécu par la domination souffrira de ne plus être obéi ; celui qui a vécu dans l’apparence a perdu toute apparence ; celui qui a vécu pour la possession ne possède plus rien, sa main se ferme sur le néant. Ce qui était à lui appartient désormais à d’autres. Comme un chien au bout de sa laisse il hantera à jamais les lieux de son séjour terrestre, attaché. Mendiant ignoré là où il fut maître.

 » Les Jardins de Lumière appartiennent à ceux qui ont vécu détachés.  » (p247-248).

Au vingtième jour, il ordonna à ses fidèles de partir. Tous les hommes et les femmes jeunes, ceux sur lesquels pouvait s’abattre la persécution (p248).

Au vingt-sixième matin s’acheva le dernier acte de sa passion (p249).

Seules le veillaient encore des femmes aux cheveux gris (p249).

C’était en l’an 584 des astronomes de Babel, le quarantrième jour du mois d’Addar – pour l’ère chrétienne le 2 mars 274, un lundi (p249-250). (Sa mort)

Et, pour défier la mort, ses fidèles se jurèrent de ne plus l’appeler autrement que  » Mani-Hayy », Mani-le-Vivant, Termes devenus inséparables dans leurs récits comme dans leurs prières, au point que les Grecs n’entendront qu’un mot unique qu’ils transcriront « Manikhaios ». D’autres disant « Manichaeus » encore « Manichée (p251).

 » Je suis venu du pays de Babel, disait-il, pour faire retentir un cri à travers le monde.  » (p252).

Puis les bûchers firent leur oeuvre, consumant dans le même feu ténébreux ses écrits, ses icônes, les plus parfaits de ses disciples, et ces femmes altières qui refusaient de cracher sur son nom (p251).

DEFINITION :

Manichéisme : première religion syncrétique du Persan Mani, alliant à un fonds chrétien des éléments pris au bouddhisme et pour laquelle le Bien et le Mal sont deux principes fondamentaux égaux et antagonistes.

Se dit de toute conception dualiste du bien et du mal.

Manichéisme délirant, délire chronique sur le thème du Bien et du Mal.

On qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuance, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 26 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

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