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Archive pour décembre, 2008

JOHN LOCKE.

John Locke

JOHN LOCKE.

 

La vie de John Locke . 

 

  John Locke fut le fondateur de l’empirisme anglais tant dans sa réflexion sur sa connaissance, à laquelle il consacra «  l’Essai sur l’entendement humain », que dans ses  » Deux Traités sur le Gouvernement « . Ces trois ouvrages sont publiés en 1690.

  John Locke (Wrington, Somerset 29 août 1632 – Oates, Essex 28 Octobre 1704) est né dans une famille aisée mais austère.  Son père est avoué puis capitaine au service du Parlement en 1648 et fut ruiné pendant la guerre civile. John Locke connut dès sa jeunesse cette guerre civile et la première révolution qui se termina par l’exécution de Charles 1er en 1649. Pendant la dictature de Cromwell, Lord protecteur de la République d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, Locke est étudiant à l’école de Westminster (1646-1652). Il entre à Oxford en 1652 et s’initie à la philosophie, à la physique et à la médecine. Ce fut par la littérature de Descartes que John Locke s’interessa véritablement à la philosophie vers 1659.

  Sans jamais épouser la profession médicale, il devient de 1672 à 1675, médecin et secrétaire de Lord Ashley, futur comte de Shaftesbury, bientôt Chancelier de Charles II. Elu à la Royal Society en 1668, il sauve la vie de Lord Ashley  grâce à une opération chirurgicale. Il suivra en 1675 ce dernier en France lorsqu’il sera frappé de disgrâce et restera deux ans à Montpellier pour se perfectionner en médecine.

  De retour en Angleterre, Shaftesbury est enfermé à la Tour de Londres puis libéré. Il complote contre Charles II puis, après un échec, fuit aux Pays Bas où il meurt en 1863.

  Entre temps John Locke passe deux années à Oxford où il reprend des études de médecine et de philosophie. Suspecté lui aussi de complot contre le roi, il doit se réfugier à Amsterdam. C’est là qu’il rédige l’ »Epistola de Tolerantia ».

  Il regagne Londres en février 1689 avec la princesse Mary, qui deviendra Mary II Stuart. Il salue la  » Déclaration des Droits  » le 13 février 1689, qui répond aux » anciens droits et libertés  » de la nation anglaise désormais gouvernée par une monarchie constitutionnelle.

  Guillaume III d’Orange propose un poste d’ambassadeur à John Locke qu’il refuse, se contentant de la charge de Commissaire du  » Board of Trade » de 1697 à 1700. Il continue à rédiger plusieurs écrits dont des ouvrages sur le Christianisme, l’éducation, la baisse des taux d’intérêts, et sur la monnaie.

  Retiré dans la résidence de Lady Masham, fille de Ralph Cudworth, le philosophe platonien de Cambridge, John Locke meurt le 28 Octobre 1704.

La tolérance : 

  John Locke a composé en 1667 un bref Essai « Essay concerny Tolération » qui traitait de la liberté de conscience en une période de guerre civile entre les protestants et les catholiques. L’auteur présentait les fondements de sa théorie : le magistrat ne doit s’interesser à rien d’autre qu’à garantir à ses sujets  » la paix civile et la défense de la propriété ». Ils distinguait aussi les opinions qui ne dépendent pas du gouvernement   mais qui concernent les spéculations religieuses et les cultes divins; celles qui sont bonnes ou mauvaises en raison de leur usage dans la société ou par nature, c’est à dire les vertus et les vices.

  Seules les premières possèdent  » un droit absolu et universel à la tolérance » et relèvent d’une liberté parfaite et contrôlable  » puisqu’elles  n’affectent pas les relations de l’homme avec la collectivité. Qu’il s’agisse des dogmes et des cultes, il ne peuvent causer de trouble dans l’Etat, ni susciter l’intervention du magistrat.  » Le gouvernement est seulement l’arbitre entre l’homme et l’homme, et non pas l’arbitre entre l’homme et Dieu. »

  Aucun magistrat ne saurait en effet contraindre un homme en son for intérieur, à croire ou à ne pas croire en un dogme car nul n’est maître de son entendement.

  John Locke refuse d’accorder  » les bienfaits de la tolérance » aux papistes, c’est à dire aux catholiques qui ne l’accordent pas aux autres croyances en refusant de dissocier le pouvoir politique et le pouvoir religieux.

   Elle sera suivie de trois nouvelles lettres polémiques , ce qui porte à quatre les lettres  sur la tolérance.

  John Locke vit dans une époque violente qui se réclame d’un christianismre scindé en de nombreuses sectes dont chacune se montre tolérante envers les autres. Il convient d’éviter les excés de la puissance publique qui peut aller jusqu’à la persécution et à l’anarchie des libertés individuelles, qui risque de dégènérer en licence; Tout tient dans la vie sociale à la définition de l’Etat. Le magistrat doit assurer à tout le peuple par des lois impartiales, la possession de ce qui concerne les biens temporels sans jamais intervenir dans ce qui relève des croyances spirituelles.

  Seul le magistrat a la charge du pouvoir temporel qui consiste à maintenir par la loi un ordre public assurant le bien public et la paix civile.

  Le peuple a le droit de résister quand le pouvoir dépasse les limites qui lui sont assignées par sa fonction.

 Le contrat : 

  Si la religion et ses représentants se consacrent uniquement aux saluts des âmes, un espace demeure ouvert à l’autorité de l’Etat qui s’exerce par le gouvernement civil.

  Le « premier traité «  est une critique de Robert Filmer qui défendait la théorie de la royauté de droit divin.

  Le « second traité  » examine l’état de nature d’où les hommes tirent leur liberté. C’est un fait d’expérience qui commande aux hommes de se tenir  » dans les bornes de la loi de la nature » . Leur égalité et leur indépendance leurs interdisent de se nuire réciproquement. La nature a pour fin, voulue par le créateur,  »la tranquillité et la conservation du genre humain. »

  Dans cet Etat, les hommes vivent libres et égaux car on ne peut être assujetti à la volonté arbitraire d’un autre homme, ni être tenu d’obéir à des lois qu’un autre instituerait pour lui.  Du fait de la faiblesse de la volonté humaine et de la force des passions, la violence a engendré les guerres et l’esclavage qui ont mis fin à l’état de nature. L’homme pour ne pas être détruit a engendré et formé des sociétés. Une société est bien formée par le consentement de chaque individu. Cette société est poussée et entraînée par  » le consentement du plus grand nombre. » La société n’est pas statique mais bien dynamique.

    La propriété :  

  Grâce à  » ce contrat de confiance » les hommes sont poussés à conserver leur vie et à travers elle l’espèce humaine. Si dieu a donné la terre aux hommes, il leur a aussi donné la raison. S’il n’y a pas de loi instituée par l’homme, il doit obéir à la loi de la nature, loi qui est découverte par la raison (ou par la révélation) et qui est d’origine divine. Si la terre et les animaux sont communs à tous les hommes chacun d’eux a le droit d’en posséder seul sans que nul ne puisse l’en empêcher.

Tout ce qu’un homme tire de son intelligence lui appartient à titre personnel.   Il s’ensuit que personne n’a le droit d’interdire à quiconque de jouir de la possession des fruits de son travail.  Tout son corps et toute sa peine, toute sa vie sont concentrés dans la propriété de ce qu’il produit à partir de son action sur la nature.  Le travail, qui est le mien vient de moi et de la peine que j’ai eue à introduire dans le monde un objet nouveau et justifie la propriété des fruits que j’ai conçus. 

 S’il a des devoirs naturels, l’homme est porteur de droit. Ses droits fondamentaux sont :- droit à la vie et à fonder une famille.- droit à la liberté.- droit à la jouissance de ses biens et surtout à l’échange.  Les droits définissent un domaine d’inviolabilité de la personne humaine.  En développant son intelligence et son industrie et en ne mesurant pas sa peine, l’homme a réussi par son labeur à justifier le droit de propriété qui ne fait qu’un avec le droit de civilité.  La propriété privée est nécessaire pour la conservation de la vie et l’exercice de sa dignité humaine.  L’homme est donc l’unique propriétaire de sa personne et de son corps et il jouit d’un droit de propriété exclusif. Il est également propriétaire de son travail.

Le pouvoir :  

Dans tout pouvoir politique, il existe une partie qui définit ce que chaque pouvoir doit faire et une partie qui désigne les titulaires de ces pouvoirs. Ce pouvoir ne peut être absolu ni arbitraire.   Le pouvoir politique doit tolérer les sectes du moment. Il ne peut pas interdire le culte. Il protège les droits des hommes quelques soient les croyances.    Le pouvoir politique est donc amputé de ses dimensions éthiques et religieuses. Il ne s’occupe pas du salut des hommes, ni de leur perfection morale. Ces domaines sont strictement personnels.  L’apparition de la société politique coïncide avec celle de trois pouvoirs civils, le législatif, l’exécutif et le fédératif qui se substituent aux forces de la nature.   C’est le premier, le pouvoir législatif,  qui est la loi positive de l’état social, « son acte est originaire et suprême ».  Comme la loi naturelle il a pour fin de  » conserver la société « . Il donne à l’Etat à la fois sa forme, son existence et son unité. Il règle par l’autorité de la loi et non plus par la primauté de la force  »la conservation de la communauté et de ses membres. «   Il n’est pas possible que le pouvoir législatif prive l’homme de ses biens car cette propriété est inviolable.  Le pouvoir législatif n’a le droit que de faire des lois, il est absolument dépendant de la société.   La règle et le droit sont donc la primauté et personne n’est au dessus de la loi. le pouvoir exécutif est naturellement inférieur.  Pour éviter la concentration des pouvoirs, il faut déléguer à des instances distinctes et même déléguer à plusieurs instances de même pouvoir. Exemple: le législatif peut appartenir à une assemblée et au roi.  La communauté est toujours la véritable détentrice de ces pouvoirs. 

 Le pouvoir exécutif qui est remis à une seule personne, le roi, a le « pouvoir souverain » de faire appliquer les lois mais en se soumettant au pouvoir supérieur d’ordonner la loi.   Mais comme les actions de la vie n’attendent pas, on doit accorder au pouvoir « exécutif une capacité autonome d’action qui est sa « prérogative ». Si les circonstances l’exigent, il doit trouver avec la loi quelque accommodement.  Quant au pouvoir fédératif, il est le droit de la guerre et de la paix, des alliances et des traités internationaux qui permettent à l’Etat de ménager ses intérêts par rapport aux autres Erats.   Celui qui utilise la force sans le soutient du droit se met d’emblée dans un état de guerre avec ceux qu’il opprime.   » Le Traité du gouvernement civil  » se termine donc comme il avait commencé en justifiant l’existence de la société politique par la nécessité de protéger la personne et les biens de chaque citoyen. Toute communauté doit défendre, serait-ce par la révolution si un tel bouleversement est nécessaire,  » le droit originaire qu’elle a de se conserver « .

Pensée sur l’éducation (Une réponse succincte à Benoit).    Pensée sur l’éducation, constitué de lettres au départ privées, est un traité d’éducation publié en 1693.  Durant plus d’un siècle, il constitue le travail philosophique sur l’éducation le plus important d’Angleterre. Il est traduit au XVIIIème siècle dans de nombreuses langues européennes.  Mais on peut considèrer également que l’ouvrage de John Locke n’a pour soubassement ni une philosophie de l’éducation, ni telle science réputée première et chargée d’éclairer l’action de l’éducateur mais bien un humanisme.  Les lettres de conseil, qui constituent le traité,  étaient à l’origine destinées pour l’éducation de ses enfants, à un de ses amis Edouard Clarke, membre du Parlement, habitant à Chipley, sous le titre de « Pensées ». C’est pendant son séjour en Hollande que, de 1684 à 1689, John Locke avait adressé à Edouard Clarke ces lettres sur l’éducation.

  Je vais éclairer mes propos par des citations de Pensée sur l’éducation, de John Locke.

  «  L’enfant quoiqu’enfant est une créature raisonnable. »  

  Ainsi l’enfant, le parent et le philosophe, selon leur niveau propre sont réunis dans une même communauté morale qui exige que chacun vive avec honneur et vertu au milieu de ses semblables et s’applique pour celà à distinguer entre les actions bonnes et les actions mauvaises.

  John Locke résume lui-même les objets de l’éducation d’un gentleman :  » Ce qu’un gentleman qui a quelque souci de l’éducation de son fils doit lui souhaiter, outre la fortune qu’il lui laisse, se réduit je crois à 4 choses : la vertu, la prudence, les bonnes manières, l’instruction. »

  John Locke s’adresse à des parents. » Chacun sait distinguer concrètement entre une bonne et une action mauvaise, s’il a reçu une éducation satisfaisante.

  Le parent choisi correctement le précepteur et le contrôle. Il sait être l’exemple des vertus qu’il tente de transmettre à ses enfants. Et c’est surtout au sein de la famille que doit s’accomplir le processus de socialisation de l’enfant. C’est la famille qui assure la transmission des droits et des devoirs en même temps que celle des terres. »

  Bien que John Locke ait indiqué qu’il ne s’agit pas de former ici un homme, quelle que soit sa condition, mais de former un gentleman et donc de répondre aux voeux, aux idéaux d’une classe sociale déterminée, cette publication permit aux femmes et aux classes dites inférieures d’accéder aux mêmes aspirations d’éducation.

  John Locke entretient à l’occasion de l’éducation corporelle des idées un peu spartiates du  petit enfant, de la sévérité du père, de la discipline ou de la critique des collègues.

  John Locke répète que si l’enfant sait bien se comporter, il saura ensuite acquérir de lui-même les justes idées du bien et du mal.

   » L’enfant en grandissant peut se livrer à l’indolence et s’adonner à la molesse du plaisir, on combattrait de telles inclinaisons dès leur apparition.

  L’instruction est nécessaire mais ne doit être placée qu’au second rang. Le gentleman n’est pas un homme d’étude, ni un savant professionnel. C’est d’abord un moyen de lutter contre la paresse et l’oisiveté. »

  L’instruction est placée par John Locke au second rang et ne sert que de remède contre la paresse et l’oisiveté…

  Les écrits de John locke dévoilent aussi l’existence d’une critique des idées innées, plus proches de la cause apologétique par un souci de préserver l’immatérialité de l’âme, l’existence de dieu et celle d’une loi naturelle (morale) objective et absolue.

  Le débat tourne sur l’inné et l’acquis qui a ses origines au XVIII ème siècle où avec John Locke une polémique contre les idées innées traverse Les Lumières Français, mettant en question le soubassement métaphysique et moral de l’église.

   » L’éducation d’un enfant est trop importante pour qu’on en fasse l’objet d’un système.

  Posons donc que touchant l’éducation, on ne peut présenter que des pensées sensées et des propos raisonnables, écrits dans une langue accessible à tous et ne faisant violence au sens commun. »

  John Locke appelle au bon sens et à l’expérience plutôt qu’aux principes et aux raisonnements élaborés. Il n’y a aucun travail de définition sur des concepts.

    William Molyneux, savant physicien et mathématicien irlandais, l’un des meilleurs amis  de John Locke lui a demandé dans une lettre datée du 2 mars 1692 :  » Laissez moi donc vous supplier instamment de ne pas laisser de côté cette oeuvre infiniment utile jusqu’à ce que vous l’ayez terminée. « 

   Les appréciations que John Locke souhaitait pour son ouvrage ne se firent pas attendre et durent dépasser ses espoirs.

  John Locke répond à une attente générale celle d’une éducation qui se doit avant tout morale et sociale.

  Pensée sur l’éducation explique donc comment éduquer les esprits d’un gentleman en utilisant 3 méthodes distinctes : le développement d’un corps sain, la formation d’un caractère vertueux et le choix d’un programme d’études appropriées.

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  Certains pensent que tout l’enseignement de John Locke consiste à un appel à la tolérance et à un éloge à la justice pour atteindre la liberté et c’est en celà qu’ils le considèrent comme le père du libéralisme en politique.

Mais c’est aussi celui qui définit le droit de propriété et le droit du travail. De plus il démontre le fonctionnement des différents pouvoirs, politique, judiciaire… à mettre en place conformément à sa conception d’une société.

  Le libéralisme peut être considéré par certains comme une pensée fondatrice tant sur le plan politique que sur le plan économique. Mais le liberalisme n’est pas utilisé tel que John Locke l’avait préconisé, la notion de société a en effet évolué. Enfin les années s’étant écoulées, il est possible maintenant d’en faire le point…Que peut-on penser du libéralisme?

  Dans Pensée sur l’éducation John Locke donne des conseils à des parents, il justifie ses maximes en appelant au bon sens et à l’expérience plutôt qu’aux principes et aux raisonnements élaborés. Il n’y a aucun travail de définition sur des concepts aussi essentiels que ceux de vertu, de prudence, de bonne éducation ou d’instruction.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 06 Décembre 2008.background-2008_039.jpg 

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