KARL MARX.

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KARL MARX.

  Karl Marx était un activiste politique, philosophe et théoricien allemand, célèbre pour sa critique du capitalisme et sa vision de l’histoire comme résultat de la Lutte des Classes à l’origine du Marxisme.

  Karl Marx par son action politique a profondément marqué l’humanité au XIXème et au XXème siècles. Il est sans contexte par sa pensée celui qui a eu l’influence la plus déterminante sur l’histoire mondiale.

La vie de Karl Marx. 

  Karl Marx est né le 05 mai 1818 à Trèves en Rhénanie, alors sous domination Prussienne, dans une famille juive convertie au protestantisme.

  Son père Heinrich Marx (1777-1838) est un avocat issu d’une famille de rabbins et de marchands qui adopte la religion protestante. Sa mère s’appelle Henriette née Pressburg (1788-1863). Karl Marx est baptisé au luthéranisme en 1824.

  Après avoir obtenu l’équivalent du Baccalauréat en Allemagne au lycée de Trève, Karl Marx entre à l’université d’abord de Bonn pour y étudier le Droit, puis de Berlin où il apprend davantage l’histoire et la philosophie.

  A Berlin il appartient au cercle des « Hégéliens de gauche » nommé aussi « Jeunes Hégéliens » . Il finit ses études en 1841 par la présentation d’une thèse de doctorat rédigée en grec ancien sur la différence des philosophes de la nature de Démocrite à Epicure.

  Il s’engage aussi dans les luttes pour la Démocratie et l’émancipation des travailleurs. Il part après ses études pour Bonn pour devenir Professeur mais il abandonne une carrière universitaire face à la politique du gouvernement.

  En 1843 à Bad Kreuznach, Karl Marx épouse une amie d’enfance, Jenny Von Westphalen. Elle est issue de la noblesse prussienne. Il a , avec elle, des enfants dont 3 seulement arriveront à l’âge adulte.

  Sa théorie, le marxisme a eu un impact politique et idéologique sans équivalent dans l’histoire contemporaine. Quelques décennies seulement après sa mort, une grande partie du globe se réclamait de sa pensée.

  Le marxisme a inspiré de façon directe ou indirecte, les régimes sous lesquels vivaient au milieu du XXème siècle plus d’un tiers de l’humanité, de l’Union soviétique à Cuba, de la Chine populaire à l’Albanie, de la Corée du Nord aus Etats marxistes d’Afrique.

  Mais après la chute du Mur de Berlin en 1989, l’effondrement du bloc communiste et la crise profonde du marxisme, Marx est une victime de l’histoire.

Karl Marx et la philosophie. 

  Karl Marx niait être philosophe mais il prolonge et transforme radicalement les manières de penser. Il écrit en 1844, dans la onzième des Thèses sur Feuerbach :  » Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui m’importe c’est de le transformer. »

  Le but de Karl Marx est de voir disparaître le salariat et l’exploitation de l’homme par l’homme, sortir du temps des servitudes où dominent des mirages comme la religion.

  Karl Marx écrit de la dialectique chez Hegel : « Chez lui elle marche sur la tête; il suffit de la remettre sur ses pieds pour lui trouver une physionnomie tout à fait raisonnable. » 

  Karl Marx met en effet en oeuvre un profond bouleversement  entre ce qu’il appelle la vie et la conscience. A ses yeux, le monde matériel produit les idées que les hommes ont en tête. C’est en fonction des relations économiques, de la manière dont les humains produisent leurs conditions de vie matérielle à travers la technique, les modalités de l’industrie et du commerce d’une époque donnée, que s’élaborent les représentations. Ce sont les conditions matérielles qui engendrent les idées et non les idées qui engendrent les conditions matérielles.

  Karl Marx montre que la philosophie ne peut être coupée de son contexte social, historique, économique et politique. Au lieu de considérer isolément les affirmations philosophiques, il incite à chercher ce qui les motive, les engendre et les façonne. Il convient de passer derrière le sens apparent pour chercher ses causes cachées.

La doctrine de Karl Marx. 

  Karl Marx dit avoir dégagé les mécanismes essentiels de l’économie mais aussi de l’évolution historique. Cette connaissance de l’histoire peut guider l’action politique. Mais il élève aussi une protestation morale, lorsqu’il décrit la misère du prolétariat, les conditions de vie insalubres , les taudis de Londes, le travail des enfants, la deshumanisation générale de l’industrialisation et ce que le capitalisme engendre sous nos yeux.

  Dans sa doctrine, Karl Marx nous a laissé d’innombrables outils d’analyse.

Le Manifeste du parti communiste. 

  Karl Marx critique l’indifférence à l’égard des hommes de l’économie politique. Les économistes sont indifférents à la réalité humaine de la vie du travailleur, qui n’est réduit à n’être qu’une variable dans la production.

  La machine sociale dans son ensemble est indifférente à la vie réelle des hommes, les transformant en producteurs, en consommateurs. L’argent rend les humains indifférents les uns des autres, indifférents à eux-mêmes. Le capitalisme substitue un univers déshumanisé où ne subsistent que des marchandises qui s’échangent.

  Longtemps ignorés, publiés en 1932, ces textes d’un penseur de 26 ans sont d’une étonnante actualité. A les lires on retrouve les critiques d’aujourd’hui envers la société de consommation.

 

  Le 25 août 1844, Friedrich Engels rencontre à Paris Karl Marx pour la première fois. C’est le début d’une profonde amitié. Ils vont rédiger ensemble la Sainte Famille puis l’Idéologie Allemande, et bientôt le Manifeste du Parti Communiste qui paraît en 1848.

  Marx considéré comme un dangereux révolutionnaire est chassé de Paris en 1845. Il arrive alors à Bruxelle. La maison qu’il occupe à Ixelles sert de point de rencontre de tous les opposants politiques entre janvier 1847 et février 1848.

  Karl Marx dit:  » Le communisme n’est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la société devra se règler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel. »

  Au printemps 1847, Marx et Engels rejoignent un groupe politique clandestin, la Ligue des Communistes. Ils y prennent une place prépondérante lors de son second congrès à Londres en Novembre 1847.

  A cette occasion, on demande à Marx de rédiger le Manifeste de la Ligue, connu sous le nom de Manifeste du Parti Communiste qui paraît en février 1848.

  A l’éclatement de la Révolution de Février 1848, Karl Marx quitte la Belgique pour revenir à Paris. Ensuite il part pour Cologne d’où il est expulsé le 16 mai 1849.

  Il revient à Paris . Il en est chassé après la manifestation du 13 juin 1849. Il part pour Londres où il résidera jusqu’à la fin de sa vie.

  Ce n’est qu’en 1859 qu’il achève et publie  » la contribution à la critique de l’économie politique « .

   Il dit  » Je ne pense pas qu’on ait jamais écrit sur l’argent tout en en manquant autant. » Karl Marx vit dans une extrème pauvreté. Engels l’aide financièrement. En 1864, sa situation s’améliore avec l’héritage de sa mère.

 

Le Capital . 

  Le Capital, dont le Livre I est publié en 1867, après plus de 20 ans de travail, est la plus grande oeuvre théorique de Karl Marx.

  Cette oeuvre a pour but d’analyser le mode de production capitaliste et les rapports de production qui l’accompagnent. Il y collecte une masse considérable de nouveaux matériaux.  Au centre du livre I, se trouve la théorie de la plus value exposant le mécanisme du profit. Des notions utilisées s’y retrouvent : valeur d’usage et valeur d’échange, plus-value absolue et plus-value relative, baisse tendancielle du taux de profit. Elles appartiennent aujourd’hui à l’histoire des idées et des doctrines politiques.

  En effet, leur pertinence permet de rendre compte des réalités économiques actuelles et des processus capitalistes contemporains.

  Karl Marx y annonce la paupérisation croissante du prolétariat et une baisse tendancielle du taux de profit.

  Il continue son travail pour achever les deux tomes suivant mais malade et manquant de temps, il ne laissera que des brouillons inachevés.

  Il meurt à Londres le 14 Mars 1883. Sa femme qui l’a soutenu toute sa vie, est décédée antérieurement le 02 Décembre 1881. Il voit l’écrasement de la Commune de Paris en 1871. 

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 29 Janvier 2009.background-2008_039.jpg 

 

 


Archive pour janvier, 2009

ARISTOTE.

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ARISTOTE.

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  Aristote est un philosophe grec né à Stagire en Macédoine( d’où son surnom de stragirite) en – 384 avant JC et décédé à Chalcis, en Eubée en – 322 avant JC. 

  Son père Nicomaque était médecin du roi Amyntas II de Macédoine. Sa mère Phaéstis était une sage femme, originaire de l’île Eubée. Il perdit son père à l’âge de 11 ans puis sa mère et fut élevé par son beau père Proxène d’Atarnée à Atarnée, en Mysie. Comme Stagire était une colonie grecque et que sa mère venait de cette île Eubée, Aristote serait Grec et non pas Macédonien.

  Son époque est marquée par le renouveau de l’empire macédonien et le déclin de l’influence de la démocratie athénienne.

  En – 343 avant JC, il rentre en Macédoine, appelé par le Roi Philippe II de Macédoine, pour devenir 2 ou 3 ans durant, le précepteur d’Alexandre le Grand, son fils, alors âgé de 13 ans.

  Désirant apprendre, Aristote se rendit à Athènes. Il commença à suivre des cours d’Isocrate. Peu satisfait il décida de rentrer à l’Académie de Platon, vers – 387 avant JC, alors que Platon se trouve en Sicile.

  Aristote pendant au moins vingt ans passa son temps dans l’Académie, l’école fondée par Platon, jusqu’à la mort de ce dernier. Ce jeune homme avait une étonnante puissance de travail, d’exceptionnelles capacités d’analyse. Platon l’avait surnommé « le liseur », ayant toujours un texte sous les yeux, un rouleau à la main. Il fut d’abord l’étudiant le plus doué, puis le disciple le plus prometteur, le seul auquel Platon avait permis d’enseigner, surtout la rhétorique, avant de devenir le critique le plus radical des théories de son maître.

   Sa première période de production se place à l’Académie vers – 366/- 346 avant JC. Il a commencé par écrire 19 oeuvres dont il ne reste que de rares fragments des dialogues. Il s’intéresse à la vie politique locale mais son statut de métèque (étranger à la cité) l’empêche d’y participer.

  A la mort de Platon – 346 avant JC, Speusippe, neveu de Platon succède à ce dernier.à la tête de l’Académie. Aristote part alors dépité pour Atarnée avec 2 condisciples Xénocrate et Théophrase.

  Aristote est le second père de la philosophie occidentale. Aristote a transformé en une recherche multiforme et diversifiée la philosophie. Son oeuvre a une grande importance par son étendue, par la multitude de domaines abordés et par son influence historique. Sa pensée concerne tous les registres du savoir de son époque.

  Dans cette pensée se succédent ou se répondent logique, métaphysique, physique, sciences naturelles, éthique, rhétorique et politique. Les différents registres ne sont jamais disjoints. Ils s’articulent les uns aux autres selon une organisation qui assure la cohérence globale de la démarche. Il est également l’inventeur de la logique formelle et le premier à parler de la « science de l’être en tant qu’être ».

  Son oeuvre compte très peu de détails biographiques. De même, il n’exite guère de témoignages qui nous soient parvenus. Sa biographie n’est donc connue que dans les grandes lignes.

  L’oeuvre d’Aristote a traversé les siècles, les langues et les cultures. Aristote est encore étudié, édité et commenté quand s’effondre l’empire romain. Il finit par devenir avec Thomas d’Aquin , le philosophe de l’église et comme le dira Dante :  » le maître de ceux qui savent. »

  Platon, homme de la théorie, recherchait un modèle fixe derrière le changement incessant des apparences. Aristote, homme de l’observation,  trouve cette hypothèse inutile. C’est dans le monde tel que nous pouvons l’observer et le soumettre à la refexion que se trouvent les clefs de la connaissance. Il faut examiner, classer, comparer, raisonner.

  Aristote analyse les vertus humaines sans oublier leur part d’incertitude et de contingence. En Politique, Aristote scrute  les constitutions existantes pour dégager leurs avantages et leurs inconvénients.

  Sa deuxième période de production se place à Assos vers – 345 /- 335 avant JC.

  Vers – 341, il épousa Phythias, fille adoptive d’Hermias Atarnée, réfugiée à Pella. Elle lui donna une fille Pithias.

  Une seconde fois la direction de l’Académie lui échappe au profit de son disciple et ami Xénocrate en – 339 avant JC. Il fonde alors le Lycée, école rivale de celle de Platon, où règnait l’habitude de discuter en marchant. D’où le nom de pérapatéticiens, ceux qui déambulent, donné aux disciples d’Aristote. Le matin des cours oraux, appelés « acromatiques », étaient réservés aux disciples avancés en science platonienne ou aristotelicienne, et l’après-midi des cours de philosophie appelé « exotériques » étaient ouverts à tous.

  Sa 3ème période de production se place vers – 335/- 323 avant JC pour 13 ans.

  Aristote est le premier à organiser la philosophie comme une discipline embrassant la totalité du savoir selon un ordre logique, le premier à concevoir et à construire un système global des connaissances. Les écrits les mieux rédigés d’Aristote ont presque totalement disparus. Il nous reste seulement des notes de cours, moins bien rédigées. Le lecteur néanmoins oublie vite emporté par la puissance de sa pensée et le souci constant de sa cohérence interne.

  En – 322 avant JC, à Chaleis ville de sa mère, dans l’île d’Eubée, Aristote mourut à l’âge de 63 ans. Il serait mort d’une maladie de l’estomac qui le minait depuis longtemps.

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  Aristote est le premier à examiner les outils dont se sert la raison. C’est avec des mots, des phrases, des relations cohérentes entre les énoncés que se fabriquent les savoirs. En examinant ces instruments, Aristote fonde la logique en tant que discipline. Une profonde unité rassemble ce qu’on peut dire, ce qu’on peut penser et ce qui est. Ce qui ne peut être pensé ne correspond à aucune existence possible dans la réalité. Le pensable, le dicible et le réel ne sont pas dissociables. Personne ne peut par exemple penser la figure qui serait cercle et non cercle. Ce qu’on ne peut penser ne peut pas exister.

  Aristote dans l’élaboration de  » l’être en tant qu’être » expose des analyses qui feront l’objet de nombreuses reprises et développements au cours des siècles. Surtout il met au point des couples de concepts dont nous nous servons toujours usuellement. Ainsi  » puissance » et « acte », « matière » et « forme » sont des créations d’Aristote.

  Au lieu de postuler deux mondes comme Platon, celui des idées-formes, qui constituent le modèle capable d’engendrer l’autre, celui des objets matériels, Aristote affirme qu’il n’y a pas de forme sans matière, ni de matière sans forme. C’est au sein même du monde, des choses, des réalités sensibles que se trouvent les idées formes, sans qu’on soit obliger de supposer comme le faisait Platon un autre monde.

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  On peut en déduire que la réalité pour Aristote est rarement séparée des données concrètes. Elle s’y trouve. On doit s’appliquer à la dégager peu à peu, à force d’observations et de réflexions. Cela explique un trait essentiel de la pensée d’Aristote qu’on peut appeler la rigueur relative.

  Ce qui interesse Aristote dans bien des domaines, ce sont les tendances, les fréquences, les règles qui se vérifient le plus souvent, mais n’excluent pas d’éventuelles exceptions. C’est le cas de la physique où notre monde ne relève que de connaissances approchées. Il en va de même en biologie où les écarts à la norme sont innombrables depuis la particularité accidentelle jusqu’à la déformation monstrueuse. Si Aristote définit l’âme , de manière très puissante, comme la forme du corps, ce qui maintient l’unité de l’organisme au fil de sa croissance, il n’oublie jamais que des fluctuations sont possibles, que des variations surgissent continûment.

  La politique, elle non plus, n’échappe pas à ces formes d’ajustement progressif. Nulle part Aristote n’édicte de constitution idéale, de loi détaillée à mettre en place en tout temps, en tout lieu. Il est au contraire conscient des innombrables adaptations des principes aux circonstances et aux variations locales. Il insiste sur la part de flou de la loi et sur la nécessité d’adapter à chaque cas concret la directive générale. Pour Aristote tout ne peut être organisé dans les moindres détails. Mais cette marge d’incertitude ne compromet pas le résultat. Car ce qui compte ce sont les lignes directrices. Elles suffisent pour indiquer ce qui doit être crée pour chaque cas particulier, selon les circontances.

  Cette façon de penser vaut encore pour la rhétorique. Le vraisemblable n’est pas de l’ordre de la vérité mathématique. Il subit des fluctuations, s’expose au changement et aux contestations. Il repose malgré tout sur un noyau central, un espace où se discerne clairement ce qui est exclu et ce qui est admissible. Plutôt que d’imposer à toute force une norme unique, Aristote envisage qu’une part de vérité soit contenue dans les pratiques et les aspirations les plus diverses.

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  En quoi consiste le bonheur ? Au coeur de l’Ethique à Nicomaque, c’est finalement toute l’existence humaine qui est en jeu.

  Il convient de ne pas se laisser égarer par le titre. Car ce que nous appelons aujourd’hui éthique a finalement peu de place dans ce traité. Il n’y est pas beaucoup de morale , ni de règles à suivre. Ethos en grec désigne d’abord une façon de se comporter, un genre de vie. Que faire de sa vie ? Comment agir pour qu’elle ait un sens ?

  La tâche d’Aristote consiste donc, avant tout, à mettre en lumière le genre de vie convenant le mieux à l’être humain. Nous croyons savoir en quoi le bonheur peut consister, dans quel régistre il doit se situer. Or c’est celà qu’Aristote invite à reconsidérer.  Est-ce une affaire de plaisir , d’honneurs , de richesse , la vertu peut-elle suffire pour être pleinement heureux ? Comment la raison et son exercice peuvent-ils nous permettre d’accéder à une vie humaine réussie ?

  On constatera qu’Aristote fait preuve d’une extraordinaire acuité. Le bonheur suprême pour Aristote, est bien de se consacrer au savoir, mais il n’oublie ni la force de l’amitié, ni les joies de la famille. Il sait aussi que le sage, pour être heureux a besoin non seulement de la vertu mais de la santé, d’une certaine aisance et de la considération sociale.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 11 Janvier 2009.background-2008_039.jpg 

 

 

PLATON.

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 Détail de l’école d’Athènes par Raphaël.

PLATON.

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  Platon ( Athènes 428/427 av JC-347/346 av JC), issus de l’aristocratie, est un philosophe grec, disciple de Socrate. Il est surnommé le « Divin Platon ». Ce surnom, Platon lui a été donné mais il se nommait en réalité Aristoclès. Ce terme signifie en grec large. Peut être à cause de sa carrure, de sa poitrine ou de ses connaissances et de la largeur de ses vues, à son ouverture d’esprit. 

   En effet, Platon est généralement considéré comme l’un des premiers et des grands philosophes occidentaux.

  Son oeuvre est composée presqu’exclusivement de dialogues et d’une grande richesse de style et de contenus.

  Platon a su exposer les problèmatiques fondamentales de la philosophie politique, de la philosophie morale, de la théorie de la connaissance, de la cosmologie ou encore de l’esthétique.

  Sa pensée est une recherche sans cesse recommencée de réalités immuables ( le Bien, le Vrai, le Beau)

   Lorsque nous lisons Platon nous avons le sentiment d’un texte profond et exceptionnel autant en tant qu’oeuvre littéraire que philosophique. La pensée de Platon chemine pour arriver au but choisi par l’auteur. Il demeure souvent une incertitude.  Une question est posée, la recherche s’engage mais elle n’aboutit pas et les protagonistes se séparent. Platon semble demeurer en retrait échappant à tout immobilisme. Platon est le créateur d’une inépuisable pensée. Il n’explique jamais en quoi consiste sa philosophie. Il n’a rédigé ni traité, ni manuel. Mais il n’est pas insaisissable et ne se dérobe pas. Au contraire, il a ses combats, ses adversaires, ses stratégies, ses argumentations habiles. Il a cet art de la prise, de la feinte, de l’esquive qui déstabilise et que Socrate lui a enseigné en tant que disciple.

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 Cette rencontre avec Socrate fut décisive. Il lui a fait voir combien les opinions qui paraissent solides, n’ont en fait aucune valeur. Nos évidences se révèlent souvent contradictoires, nos opinions non soutenables. Nos points de repères n’existant pas, nous sommes pris au piège de nos propres impasses. 

Dans l’ébranlement des fausses certitudes, Socrate lui a montré l’existence du vrai, la rigueur des idées, la puissance des valeurs. Platon a vu cette recherche de la vérité. Derrière les apparences il y a le jeu changeant des sensations, les rapports de domination du pouvoir. Platon a entrevu l’existence d’un autre ordre, stable, fixe, indépendant des rapports de force : le monde de la vérité. Platon a saisi que l’on peut l’atteindre par la pensée.

  Nous avons tendance à croire que certaines choses sont belles parce qu’en elles résident une qualité spéciales. Nous dirons que des actes sont courageux, des décisions justes parceque s’y trouve des éléments de courage et de justice. C’est faux !   Car pour discerner parmi les objets ou les actions ce qui est beau, courageux ou juste, il faut que nous sachions en quoi consiste la Beauté, le courage et la justice. Il faut connaître le modèle, la forme, le concept de ces qualités. 

  En d’autres termes, le concept contient une réponse à la question : qu’ont de commun ces différents cas, qui conduit à les rassembler ?  Platon a mis en scène son Maître de deux manières. Platon s’efforce de restituer plus que ses propos exacts, le style effectif des interventions de Socrate. Il le dépeint jouant à un taon qui pique les Sophistes, les militaires et le peuple d’Athènes. Ces dialogues portent sur des questions morales et insistent sur le fait que la vertu suffit au bonheur.

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 Dans la suite de son oeuvre, Socrate devient le nom d’un personnage, porte-parole de Platon, qui s’éloigne de plus en plus du maître réel.   Platon avait fait inscrire sur le fronton de L’Académie, l’école qu’il avait fondée : Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. Seule compte dit Platon, l’idée du carré. Le carré de Pierre ne diffère en rien du carré de Paul ou de Jean. Unique et objective, cette idée-forme est la même pour tous. Il n’en existe qu’une qui ne disparaît jamais et ne change pas.  Les choses concrètes quand à elles s’usent, s’oxydent, s’écorchent, se défont, se transforment. Les idées-formes sont immuables, immobiles, éternelles, toujours identiques à elles-mêmes. Platon est fasciné par l’immuable, ce qui échappe à toute dégradation ou modification. Jamais Platon n’admettrait que ces idées-formes puissent être relatives à notre esprit, c’est l’inverse ; elles existent par elles-mêmes.  La contemplation en grec ancien se dit théoria. La théorie, pour Platon n’est jamais qu’une production d’idées. Dans la vie quotidienne, nous ne voyons que des reflets, des ombres et non l’idée-forme dont elles proviennent toutes. Pour passer du faux au vrai, il faut diriger son regard non vers la chose mais vers les idées.

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Socrate décrit d’étranges personnages qui sont semblables à nous. Depuis leur enfance, ils sont enfermés dans une caverne obscure. Ils regardent droit devant eux, sans pouvoir tourner la tête. Ce qu’ils contemplent sur la paroi de la caverne qui leur fait face, c’est une projection.   Transposé aujourd’hui cette image ressemble à des spectateurs de film ou d’images de publicité et autres qu’ils prennent pour la réalité. Nous retrouvons ici l’imaginaire. Ils ignorent ainsi l’existence réelle du monde extérieur où se trouvent les vraies choses.   Platon, qui met Socrate en scène, fait donc comprendre que ce monde, où nous sommes manipulés, cache un autre monde plus réel. Socrate découvre ainsi en sortant à l’extérieur, comparable au soleil, l’idée du Bien qui éclaire les autres. Socrate doit redescendre dans la caverne pour tenter d’éclairer ses compagnons et ainsi les détacher de l’ignorence, au rique de passer à leurs yeux pour fou et d’être mis à mal. 

 La condamnation de Socrate par le peuple aveugle fut pour Platon le scandale suprême. Voir mourir l’homme le plus avisé, le meilleur, le plus moral, le plus respectueux des lois voilà pour lui un signe que le peuple égaré a besoin d’être guidé.   Avec la République, vers la fin de sa vie, Platon inventera à la fois l’utopie, la philosophie politique, des techniques juridiques et administratives, qui permettraient d’édifier une cité parfaite.  Il revoit le partage du sol jusqu’à l’âge du mariage, l’échelle des fortunes et jusqu’à la gymnastique, les fêtes et la récolte des fruits. L’intention de Platon est de rendre la Cité parfaite, dans tous les détails de la vie.  Platon veut rendre la société conforme à l’ordre du monde. Il veut faire en sorte que la vérité et le Bien soient entre les mains du pouvoir politique, que les rois soient philosophes ou les philosophes rois : une science est nécessaire pour organiser la société. La connaissance de la vérité permet d’agir sur l’histoire humaine de manière décisive.   Platon est fondateur de la philosophie. Inventeurs de la plupart des thèmes, des règles du jeu, des outils de l’argumentation, il posa l’existence d’un monde des idéalités. Avec Platon, les réponses ne cessent jamais d’être mises en causes dans l’espace de la parole et de réflexion grâce aux dialogues.

Le Banquet, description.coeur_073.gif   Avec Platon, il ne faut pas hésiter à se laisser emporter par le jeu des répliques, des détours inattendus de la conversation. Au lieu de lire un traité, on se retrouve dans une soirée entre amis de grande classe, ou bien dans un tribunal où un sage joue sa vie face aux calomniateurs qui l’accusent.  En lisant le Banquet, on se trouve soudainement plongé dans une sorte de fête, à la fois intellectuelle et érotique. On y découvre, sur fond d’homosexualité masculine et de transmission du savoir entre les hommes, les liens que peuvent entretenir la connaissance et l’amour.  La philosophie est dans ces jeux du plaisir et de la pensée. Platon enseigne comment l’amour de la beauté physique est conduit par l’idée du Beau. et mène à sa découverte. Le banquet de Platon, quelques citations .coeur_073.gif  Le Banquet, Gf Flammarion 1964, by Garnier Frères Paris, Phèdre s’engage dans le premier discours. Il dit qu’ Eros est un dieu important. Il inspire les hommes qui cherchent à vivre de façon honnête. p 14 Phèdre ” L’amour dit-il est le plus ancien des dieux, car on ne lui connaît ni père, ni mère. C’est aussi le Dieu qui fait le plus de bien aux hommes; car il lui inspire la honte du mal et l’émulation du bien.”  

 p14 “ L’amour inspire encore le courage et le dévouement, vertus qui sont récompensées par les dieux (…)”

  P14  ” (…) l’amour est le plus ancien, le plus auguste et le plus capable de rendre l’homme vertueux et heureux durant sa vie et après sa mort.”   

-  Pausanias ajoute qu’il y a deux aphrodites et deux amours et fait l’éloge de l’amour pur homosexuel qui est celui qui dure toute la vie par opposition à l’amour physique qui est superficiel . 

  P14  Pausanias : ” (…) Il y a 2 aphrodites, une céleste et une populaire. il y a aussi 2 amours dont il faut distinguer les fonctions si l’on veut les louer suivant les mérites. L’amour de l’Aphrodite populaire s’attache au corps sans distinction de sexe, plutôt qu’à l’âme, n’inspire que des actions basses. Mais l’amour de l’Aphrodite céleste, qui s’attache au sexe masculin, naturellement plus fort et plus intelligent, forme les plus belles liaisons qui durent toute la vie.

  P15 ” C’est que l’amour n’est de soi, ni beau, ni laid; il est beau, si l’on aime suivant les règles de l’honnêteté;  il est laid, si l’on aime contre ces règles.”

- Eryximaque démontre que l’amour agit dans la dualité des contraires qui se rejoignent  pour créer l’harmonie. 

   P15 Eryximaque : ” (…) L’amour étend son empire non seulement sur l’âme de l’homme, mais sur toute la nature animée et inanimée. Ici la définition de l’amour s’élargit : il devient l’union et l’harmonie des contraires et il comporte la même dualité que l’amour humain.” 

  P15 ” La musique est la science de l’amour relativement à l’harmonie et au rythme, car c’est l’amour qui, des éléments opposés, comme le grave et l’aigü, les longues et les brèves, produit l’harmonie et le rythme.” 

   P16 ” Dans la constitution de l’harmonie et du rythme, il n’y a pas de place pour les 2 amours; mais on les retrouve dans l’application : c’est à dire dans la composition et dans l’éducation : ici l’artiste doit cultiver l’amour élevé et répudier l’amour vulgaire.”

-  Aristophane mentionne que l’amour est comme un médecin . Grâce à l’amour,  l’homme est heureux et ne ressent plus le mal.

  P16 Aristophane :” l’amour dit- il est le protecteur et le médecin des hommes, il guérit des maux qui les empêche d’être heureux.”

-  Agathon précise que l’amour a de nombreuses vertus, qu’il est le bienfaiteur des hommes et que ces derniers doivent chanter ses louanges. Il ne commet pas d’injustice et nous guide vers le bien. 

P17  Agathon : ” l’amour communique aux hommes les dons qu’il possède lui même, la beauté et la bonté. Il est le bien et le charme de la société humaine, l’objet de l’admiration et du désir des hommes et des dieux, l’auteur de tout  plaisir, le consolateur de nos peines, le guide de notre vie, le bienfaiteur dont tout mortel doit chanter les louanges.

P18  Socrate feint de laisser la parole à Diotime, femme de Mantimée, savante en tout ce qui touche à l’Amour.

-  Diotime résume la recherche de l’immortalité de l’homme soit par la chair avec la procréation de l’enfant, soit par l’esprit avec la quête de la beauté surnaturelle, idéale, éternelle et absolue pour atteindre la philosophie. La Beauté seule peut s’accorder avec le divin. L’amour de la beauté physique n’est qu’une étape de l’Amour. Le dieu de l’amour est un Daimôn ( mi-dieu, mi-homme ).

  P18  Diotime : ” Il n’est pas un dieu, puisqu’il manque du beau et du bon, le partage de tous les dieux, mais il n’est pas non plus un mortel : c’est un daimôn, c’est à dire un être intermédiaire entre les dieux et les hommes chargé d’assurer les rapports entre eux.”

  P18 : ” Ce daimôn est le fils de Poros ( la Ressource) et de Pénia ( la Pauvreté).”

  P19 : ” La génération est une oeuvre divine et la laideur ne peut s’accorder avec le divin : la Beauté seule le peut. Et pourquoi la génération est- elle l’objet de l’amour ? C’est qu’elle assure l’immortalité, au moins l’immortalité que comporte notre nature mortelle.” 

 P19 “  C’est le désir de l’immortalité qui gouverne les actions des hommes. Ceux qui sont féconds selon le corps aiment les femmes parcequ’ils croient se procurer l’immortalité en procréant des enfants.”

  P19 ” Ceux qui sont féconds selon l’esprit cherchent une belle âme pour y enfanter des vertus qui doivent vivre à jamais (…)” 

 P19 ” On doit d’abord aimer un beau corps, puis comprenant que la beauté d’un corps et soeur de la beauté qui se trouve dans tous les autres, aimer tous les beaux corps, puis regarder la beauté de l’âme comme supérieure à celle du corps; on verra alors la beauté qui est dans les lois et les actions des hommes.” 

 P19 ” Des actions des hommes on passera aux sciences pour en contempler la beauté et enfanter avec la fécondité inépuisable les discours et les pensées les plus magnifiques de la philosophie, jusqu’à ce qu’ enfin on arrive à ne plus voir qu’une seule science, celle de la beauté absolue, idéale, éternelle, de laquelle participe toutes les belles choses. Vivre pour contempler cette beauté est la seule vie digne d’être vécue.”   P19 ” L’homme qui vivra dans cette contemplation engendrera non des images de vertus véritables, il sera aimé des dieux, et si jamais un homme peut prétendre à l’immortalité ce sera celui -là.”-  Phèdre indique que l’Amour peut donner la vertu et le bonheur aux hommes.  P37  Phèdre : ” Ce dieu (Eros) si ancien est un grand bienfaiteur pour l’humanité.”  P38  ” Il est certain que les amants seuls savent mourir l’un pour l’autre et je ne parle pas seulement des hommes mais aussi des femmes.”  P39  ” Je conclus qu’Eros est de tous les dieux le plus ancien, le plus honoré, le plus capable de donner la vertu et le bonheur aux hommes soit durant leur vie, soit après leur mort.”- Socrate rompt le discours.  P61 ” Voyons maintenant , reprit Socrate, récapitulons. N’avons nous pas reconnu d’abord que l’Amour est l’amour de certaines choses, ensuite de celles dont il sent le besoin.”

-  Diotime , à la remarque de Socrate,  déduit que l’amour n’est que le désir de posséder ce que l’on aime.

  P67  Diotime ” L’amour est donc en somme , dit- elle,  le désir de posséder toujours le bien.”

-  Diotime poursuit en disant qu’il convient d’atteindre la beauté surnaturelle, la beauté absolue, la beauté divine au lieu de la beauté de chairs, superflue et périssable.

  P73  (….) ” Car la vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage de soi même ou qu’on s’y laisse conduire c’est partir de beautés sensuelles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelon d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science qui n’est autre chose que la science de la beauté absolue et pour connaître enfin le beau tel qu’il est en soi.”

  P73  ” Au lieu d’une beauté chargée de chairs, de couleurs et de cent autres superflues , périssables, la beauté divine elle même sous sa forme unique.”

- Les discours de Diotime ont convaincu Socrate . Tout homme  doit honorer l’Amour comme lui-même l’honore.  Il parle déjà de la philosophie.

  P73  ” Voilà pourquoi, je proclame que tout homme doit honorer l’Amour, pourquoi je l’honore moi même et m’adonne particulièrement à son culte (…).”

Phèdre, description.coeur_073.gif

  Phèdre est l’un des plus impressionnants dialogues de Platon. On se trouve immergé dans une réflexion où s’entrelacent les paroles, leurs effets sur notre âmes, les mondes distincts de la voix et de l’écriture, mais aussi la nature de l’âme et , une fois encore, l’amour

  Platon conduit les lecteurs, analyse des voies de transmission de la pensée et des thèmes chargés d’affectivité.

 Apologie de Socrate, description.coeur_073.gif

  C’est au Tribunal que tout finit et que tout commence. Socrate doit se défendre des accusations d’impiété et de corruption de la jeunesse qui ont été déposées contre lui.

  Nous sommes en 399 avant l’ère commune, dans la cité d’Athènes. L’Apologie est le seul texte de Platon, les Lettres mises à part, qui n’est pas un dialogue.

  Un viel homme parle sans détour et sans artifice. Il expose sa défense face au tribunal formé par les citoyens. Finalement, il sera condamné à mort. Et Platon ne cessera de célèbrer sa mémoire et de chercher comment empêcher, à l’avenir, un tel meurtre.

  Plaidoyer pour la philosophie, ce discours si simple et si fier est peut-être le plus émouvant qu’ait conduit la pensée occidentale.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 05 Janvier 2009.background-2008_039.jpg 

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BONNE ANNEE 2009.

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Publié par Chantal Flury le 01 Janvier 2009.

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