PLATON.

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 Détail de l’école d’Athènes par Raphaël.

PLATON.

 La vie de Platon.coeur_073.gif

  Platon ( Athènes 428/427 av JC-347/346 av JC), issus de l’aristocratie, est un philosophe grec, disciple de Socrate. Il est surnommé le « Divin Platon ». Ce surnom, Platon lui a été donné mais il se nommait en réalité Aristoclès. Ce terme signifie en grec large. Peut être à cause de sa carrure, de sa poitrine ou de ses connaissances et de la largeur de ses vues, à son ouverture d’esprit. 

   En effet, Platon est généralement considéré comme l’un des premiers et des grands philosophes occidentaux.

  Son oeuvre est composée presqu’exclusivement de dialogues et d’une grande richesse de style et de contenus.

  Platon a su exposer les problèmatiques fondamentales de la philosophie politique, de la philosophie morale, de la théorie de la connaissance, de la cosmologie ou encore de l’esthétique.

  Sa pensée est une recherche sans cesse recommencée de réalités immuables ( le Bien, le Vrai, le Beau)

   Lorsque nous lisons Platon nous avons le sentiment d’un texte profond et exceptionnel autant en tant qu’oeuvre littéraire que philosophique. La pensée de Platon chemine pour arriver au but choisi par l’auteur. Il demeure souvent une incertitude.  Une question est posée, la recherche s’engage mais elle n’aboutit pas et les protagonistes se séparent. Platon semble demeurer en retrait échappant à tout immobilisme. Platon est le créateur d’une inépuisable pensée. Il n’explique jamais en quoi consiste sa philosophie. Il n’a rédigé ni traité, ni manuel. Mais il n’est pas insaisissable et ne se dérobe pas. Au contraire, il a ses combats, ses adversaires, ses stratégies, ses argumentations habiles. Il a cet art de la prise, de la feinte, de l’esquive qui déstabilise et que Socrate lui a enseigné en tant que disciple.

La rencontre décisive de Platon avec Socrate.coeur_073.gif  

 Cette rencontre avec Socrate fut décisive. Il lui a fait voir combien les opinions qui paraissent solides, n’ont en fait aucune valeur. Nos évidences se révèlent souvent contradictoires, nos opinions non soutenables. Nos points de repères n’existant pas, nous sommes pris au piège de nos propres impasses. 

Dans l’ébranlement des fausses certitudes, Socrate lui a montré l’existence du vrai, la rigueur des idées, la puissance des valeurs. Platon a vu cette recherche de la vérité. Derrière les apparences il y a le jeu changeant des sensations, les rapports de domination du pouvoir. Platon a entrevu l’existence d’un autre ordre, stable, fixe, indépendant des rapports de force : le monde de la vérité. Platon a saisi que l’on peut l’atteindre par la pensée.

  Nous avons tendance à croire que certaines choses sont belles parce qu’en elles résident une qualité spéciales. Nous dirons que des actes sont courageux, des décisions justes parceque s’y trouve des éléments de courage et de justice. C’est faux !   Car pour discerner parmi les objets ou les actions ce qui est beau, courageux ou juste, il faut que nous sachions en quoi consiste la Beauté, le courage et la justice. Il faut connaître le modèle, la forme, le concept de ces qualités. 

  En d’autres termes, le concept contient une réponse à la question : qu’ont de commun ces différents cas, qui conduit à les rassembler ?  Platon a mis en scène son Maître de deux manières. Platon s’efforce de restituer plus que ses propos exacts, le style effectif des interventions de Socrate. Il le dépeint jouant à un taon qui pique les Sophistes, les militaires et le peuple d’Athènes. Ces dialogues portent sur des questions morales et insistent sur le fait que la vertu suffit au bonheur.

 Platon et les idées.coeur_073.gif  

 Dans la suite de son oeuvre, Socrate devient le nom d’un personnage, porte-parole de Platon, qui s’éloigne de plus en plus du maître réel.   Platon avait fait inscrire sur le fronton de L’Académie, l’école qu’il avait fondée : Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. Seule compte dit Platon, l’idée du carré. Le carré de Pierre ne diffère en rien du carré de Paul ou de Jean. Unique et objective, cette idée-forme est la même pour tous. Il n’en existe qu’une qui ne disparaît jamais et ne change pas.  Les choses concrètes quand à elles s’usent, s’oxydent, s’écorchent, se défont, se transforment. Les idées-formes sont immuables, immobiles, éternelles, toujours identiques à elles-mêmes. Platon est fasciné par l’immuable, ce qui échappe à toute dégradation ou modification. Jamais Platon n’admettrait que ces idées-formes puissent être relatives à notre esprit, c’est l’inverse ; elles existent par elles-mêmes.  La contemplation en grec ancien se dit théoria. La théorie, pour Platon n’est jamais qu’une production d’idées. Dans la vie quotidienne, nous ne voyons que des reflets, des ombres et non l’idée-forme dont elles proviennent toutes. Pour passer du faux au vrai, il faut diriger son regard non vers la chose mais vers les idées.

Platon et la société.coeur_073.gif 

Socrate décrit d’étranges personnages qui sont semblables à nous. Depuis leur enfance, ils sont enfermés dans une caverne obscure. Ils regardent droit devant eux, sans pouvoir tourner la tête. Ce qu’ils contemplent sur la paroi de la caverne qui leur fait face, c’est une projection.   Transposé aujourd’hui cette image ressemble à des spectateurs de film ou d’images de publicité et autres qu’ils prennent pour la réalité. Nous retrouvons ici l’imaginaire. Ils ignorent ainsi l’existence réelle du monde extérieur où se trouvent les vraies choses.   Platon, qui met Socrate en scène, fait donc comprendre que ce monde, où nous sommes manipulés, cache un autre monde plus réel. Socrate découvre ainsi en sortant à l’extérieur, comparable au soleil, l’idée du Bien qui éclaire les autres. Socrate doit redescendre dans la caverne pour tenter d’éclairer ses compagnons et ainsi les détacher de l’ignorence, au rique de passer à leurs yeux pour fou et d’être mis à mal. 

 La condamnation de Socrate par le peuple aveugle fut pour Platon le scandale suprême. Voir mourir l’homme le plus avisé, le meilleur, le plus moral, le plus respectueux des lois voilà pour lui un signe que le peuple égaré a besoin d’être guidé.   Avec la République, vers la fin de sa vie, Platon inventera à la fois l’utopie, la philosophie politique, des techniques juridiques et administratives, qui permettraient d’édifier une cité parfaite.  Il revoit le partage du sol jusqu’à l’âge du mariage, l’échelle des fortunes et jusqu’à la gymnastique, les fêtes et la récolte des fruits. L’intention de Platon est de rendre la Cité parfaite, dans tous les détails de la vie.  Platon veut rendre la société conforme à l’ordre du monde. Il veut faire en sorte que la vérité et le Bien soient entre les mains du pouvoir politique, que les rois soient philosophes ou les philosophes rois : une science est nécessaire pour organiser la société. La connaissance de la vérité permet d’agir sur l’histoire humaine de manière décisive.   Platon est fondateur de la philosophie. Inventeurs de la plupart des thèmes, des règles du jeu, des outils de l’argumentation, il posa l’existence d’un monde des idéalités. Avec Platon, les réponses ne cessent jamais d’être mises en causes dans l’espace de la parole et de réflexion grâce aux dialogues.

Le Banquet, description.coeur_073.gif   Avec Platon, il ne faut pas hésiter à se laisser emporter par le jeu des répliques, des détours inattendus de la conversation. Au lieu de lire un traité, on se retrouve dans une soirée entre amis de grande classe, ou bien dans un tribunal où un sage joue sa vie face aux calomniateurs qui l’accusent.  En lisant le Banquet, on se trouve soudainement plongé dans une sorte de fête, à la fois intellectuelle et érotique. On y découvre, sur fond d’homosexualité masculine et de transmission du savoir entre les hommes, les liens que peuvent entretenir la connaissance et l’amour.  La philosophie est dans ces jeux du plaisir et de la pensée. Platon enseigne comment l’amour de la beauté physique est conduit par l’idée du Beau. et mène à sa découverte. Le banquet de Platon, quelques citations .coeur_073.gif  Le Banquet, Gf Flammarion 1964, by Garnier Frères Paris, Phèdre s’engage dans le premier discours. Il dit qu’ Eros est un dieu important. Il inspire les hommes qui cherchent à vivre de façon honnête. p 14 Phèdre ” L’amour dit-il est le plus ancien des dieux, car on ne lui connaît ni père, ni mère. C’est aussi le Dieu qui fait le plus de bien aux hommes; car il lui inspire la honte du mal et l’émulation du bien.”  

 p14 “ L’amour inspire encore le courage et le dévouement, vertus qui sont récompensées par les dieux (…)”

  P14  ” (…) l’amour est le plus ancien, le plus auguste et le plus capable de rendre l’homme vertueux et heureux durant sa vie et après sa mort.”   

-  Pausanias ajoute qu’il y a deux aphrodites et deux amours et fait l’éloge de l’amour pur homosexuel qui est celui qui dure toute la vie par opposition à l’amour physique qui est superficiel . 

  P14  Pausanias : ” (…) Il y a 2 aphrodites, une céleste et une populaire. il y a aussi 2 amours dont il faut distinguer les fonctions si l’on veut les louer suivant les mérites. L’amour de l’Aphrodite populaire s’attache au corps sans distinction de sexe, plutôt qu’à l’âme, n’inspire que des actions basses. Mais l’amour de l’Aphrodite céleste, qui s’attache au sexe masculin, naturellement plus fort et plus intelligent, forme les plus belles liaisons qui durent toute la vie.

  P15 ” C’est que l’amour n’est de soi, ni beau, ni laid; il est beau, si l’on aime suivant les règles de l’honnêteté;  il est laid, si l’on aime contre ces règles.”

- Eryximaque démontre que l’amour agit dans la dualité des contraires qui se rejoignent  pour créer l’harmonie. 

   P15 Eryximaque : ” (…) L’amour étend son empire non seulement sur l’âme de l’homme, mais sur toute la nature animée et inanimée. Ici la définition de l’amour s’élargit : il devient l’union et l’harmonie des contraires et il comporte la même dualité que l’amour humain.” 

  P15 ” La musique est la science de l’amour relativement à l’harmonie et au rythme, car c’est l’amour qui, des éléments opposés, comme le grave et l’aigü, les longues et les brèves, produit l’harmonie et le rythme.” 

   P16 ” Dans la constitution de l’harmonie et du rythme, il n’y a pas de place pour les 2 amours; mais on les retrouve dans l’application : c’est à dire dans la composition et dans l’éducation : ici l’artiste doit cultiver l’amour élevé et répudier l’amour vulgaire.”

-  Aristophane mentionne que l’amour est comme un médecin . Grâce à l’amour,  l’homme est heureux et ne ressent plus le mal.

  P16 Aristophane :” l’amour dit- il est le protecteur et le médecin des hommes, il guérit des maux qui les empêche d’être heureux.”

-  Agathon précise que l’amour a de nombreuses vertus, qu’il est le bienfaiteur des hommes et que ces derniers doivent chanter ses louanges. Il ne commet pas d’injustice et nous guide vers le bien. 

P17  Agathon : ” l’amour communique aux hommes les dons qu’il possède lui même, la beauté et la bonté. Il est le bien et le charme de la société humaine, l’objet de l’admiration et du désir des hommes et des dieux, l’auteur de tout  plaisir, le consolateur de nos peines, le guide de notre vie, le bienfaiteur dont tout mortel doit chanter les louanges.

P18  Socrate feint de laisser la parole à Diotime, femme de Mantimée, savante en tout ce qui touche à l’Amour.

-  Diotime résume la recherche de l’immortalité de l’homme soit par la chair avec la procréation de l’enfant, soit par l’esprit avec la quête de la beauté surnaturelle, idéale, éternelle et absolue pour atteindre la philosophie. La Beauté seule peut s’accorder avec le divin. L’amour de la beauté physique n’est qu’une étape de l’Amour. Le dieu de l’amour est un Daimôn ( mi-dieu, mi-homme ).

  P18  Diotime : ” Il n’est pas un dieu, puisqu’il manque du beau et du bon, le partage de tous les dieux, mais il n’est pas non plus un mortel : c’est un daimôn, c’est à dire un être intermédiaire entre les dieux et les hommes chargé d’assurer les rapports entre eux.”

  P18 : ” Ce daimôn est le fils de Poros ( la Ressource) et de Pénia ( la Pauvreté).”

  P19 : ” La génération est une oeuvre divine et la laideur ne peut s’accorder avec le divin : la Beauté seule le peut. Et pourquoi la génération est- elle l’objet de l’amour ? C’est qu’elle assure l’immortalité, au moins l’immortalité que comporte notre nature mortelle.” 

 P19 “  C’est le désir de l’immortalité qui gouverne les actions des hommes. Ceux qui sont féconds selon le corps aiment les femmes parcequ’ils croient se procurer l’immortalité en procréant des enfants.”

  P19 ” Ceux qui sont féconds selon l’esprit cherchent une belle âme pour y enfanter des vertus qui doivent vivre à jamais (…)” 

 P19 ” On doit d’abord aimer un beau corps, puis comprenant que la beauté d’un corps et soeur de la beauté qui se trouve dans tous les autres, aimer tous les beaux corps, puis regarder la beauté de l’âme comme supérieure à celle du corps; on verra alors la beauté qui est dans les lois et les actions des hommes.” 

 P19 ” Des actions des hommes on passera aux sciences pour en contempler la beauté et enfanter avec la fécondité inépuisable les discours et les pensées les plus magnifiques de la philosophie, jusqu’à ce qu’ enfin on arrive à ne plus voir qu’une seule science, celle de la beauté absolue, idéale, éternelle, de laquelle participe toutes les belles choses. Vivre pour contempler cette beauté est la seule vie digne d’être vécue.”   P19 ” L’homme qui vivra dans cette contemplation engendrera non des images de vertus véritables, il sera aimé des dieux, et si jamais un homme peut prétendre à l’immortalité ce sera celui -là.”-  Phèdre indique que l’Amour peut donner la vertu et le bonheur aux hommes.  P37  Phèdre : ” Ce dieu (Eros) si ancien est un grand bienfaiteur pour l’humanité.”  P38  ” Il est certain que les amants seuls savent mourir l’un pour l’autre et je ne parle pas seulement des hommes mais aussi des femmes.”  P39  ” Je conclus qu’Eros est de tous les dieux le plus ancien, le plus honoré, le plus capable de donner la vertu et le bonheur aux hommes soit durant leur vie, soit après leur mort.”- Socrate rompt le discours.  P61 ” Voyons maintenant , reprit Socrate, récapitulons. N’avons nous pas reconnu d’abord que l’Amour est l’amour de certaines choses, ensuite de celles dont il sent le besoin.”

-  Diotime , à la remarque de Socrate,  déduit que l’amour n’est que le désir de posséder ce que l’on aime.

  P67  Diotime ” L’amour est donc en somme , dit- elle,  le désir de posséder toujours le bien.”

-  Diotime poursuit en disant qu’il convient d’atteindre la beauté surnaturelle, la beauté absolue, la beauté divine au lieu de la beauté de chairs, superflue et périssable.

  P73  (….) ” Car la vraie voie de l’amour, qu’on s’y engage de soi même ou qu’on s’y laisse conduire c’est partir de beautés sensuelles et de monter sans cesse vers cette beauté surnaturelle en passant comme par échelon d’un beau corps à deux, de deux à tous, puis des beaux corps aux belles actions, puis des belles actions aux belles sciences, pour aboutir des sciences à cette science qui n’est autre chose que la science de la beauté absolue et pour connaître enfin le beau tel qu’il est en soi.”

  P73  ” Au lieu d’une beauté chargée de chairs, de couleurs et de cent autres superflues , périssables, la beauté divine elle même sous sa forme unique.”

- Les discours de Diotime ont convaincu Socrate . Tout homme  doit honorer l’Amour comme lui-même l’honore.  Il parle déjà de la philosophie.

  P73  ” Voilà pourquoi, je proclame que tout homme doit honorer l’Amour, pourquoi je l’honore moi même et m’adonne particulièrement à son culte (…).”

Phèdre, description.coeur_073.gif

  Phèdre est l’un des plus impressionnants dialogues de Platon. On se trouve immergé dans une réflexion où s’entrelacent les paroles, leurs effets sur notre âmes, les mondes distincts de la voix et de l’écriture, mais aussi la nature de l’âme et , une fois encore, l’amour

  Platon conduit les lecteurs, analyse des voies de transmission de la pensée et des thèmes chargés d’affectivité.

 Apologie de Socrate, description.coeur_073.gif

  C’est au Tribunal que tout finit et que tout commence. Socrate doit se défendre des accusations d’impiété et de corruption de la jeunesse qui ont été déposées contre lui.

  Nous sommes en 399 avant l’ère commune, dans la cité d’Athènes. L’Apologie est le seul texte de Platon, les Lettres mises à part, qui n’est pas un dialogue.

  Un viel homme parle sans détour et sans artifice. Il expose sa défense face au tribunal formé par les citoyens. Finalement, il sera condamné à mort. Et Platon ne cessera de célèbrer sa mémoire et de chercher comment empêcher, à l’avenir, un tel meurtre.

  Plaidoyer pour la philosophie, ce discours si simple et si fier est peut-être le plus émouvant qu’ait conduit la pensée occidentale.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 05 Janvier 2009.background-2008_039.jpg 

 


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2 commentaires

  1. ayoub dit :

    merci beaucoup sa ma vraiment aider a comprendre le texte qui me semble asser compliqué comme première lecteur, mais grace à ton résumé j’ai très bien compis je t’encourage à continuer a faire des bons résumé comme tu fait merci encore.

  2. Laïla dit :

    Ah l’aide !!! Depuis quelques temps, je m’énerve à chercher l’échelle des sentiments à l’époque classique (le niveau le plus bas étant l’ignorance et le plus haut celui de l’amour). Et en faisant mes recherches, je suis tombée sur ce blog qui m’a l’air plutôt bien documenté et les sujets très complets. Je sais que ma demande est bizarre mais je voudrais que vous me disiez si vous aviez par hasard des infos concernant ma recherche. Merci.

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