ARISTOTE.

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ARISTOTE.

La vie d’Aristote.coeur_073.gif

  Aristote est un philosophe grec né à Stagire en Macédoine( d’où son surnom de stragirite) en – 384 avant JC et décédé à Chalcis, en Eubée en – 322 avant JC. 

  Son père Nicomaque était médecin du roi Amyntas II de Macédoine. Sa mère Phaéstis était une sage femme, originaire de l’île Eubée. Il perdit son père à l’âge de 11 ans puis sa mère et fut élevé par son beau père Proxène d’Atarnée à Atarnée, en Mysie. Comme Stagire était une colonie grecque et que sa mère venait de cette île Eubée, Aristote serait Grec et non pas Macédonien.

  Son époque est marquée par le renouveau de l’empire macédonien et le déclin de l’influence de la démocratie athénienne.

  En – 343 avant JC, il rentre en Macédoine, appelé par le Roi Philippe II de Macédoine, pour devenir 2 ou 3 ans durant, le précepteur d’Alexandre le Grand, son fils, alors âgé de 13 ans.

  Désirant apprendre, Aristote se rendit à Athènes. Il commença à suivre des cours d’Isocrate. Peu satisfait il décida de rentrer à l’Académie de Platon, vers – 387 avant JC, alors que Platon se trouve en Sicile.

  Aristote pendant au moins vingt ans passa son temps dans l’Académie, l’école fondée par Platon, jusqu’à la mort de ce dernier. Ce jeune homme avait une étonnante puissance de travail, d’exceptionnelles capacités d’analyse. Platon l’avait surnommé « le liseur », ayant toujours un texte sous les yeux, un rouleau à la main. Il fut d’abord l’étudiant le plus doué, puis le disciple le plus prometteur, le seul auquel Platon avait permis d’enseigner, surtout la rhétorique, avant de devenir le critique le plus radical des théories de son maître.

   Sa première période de production se place à l’Académie vers – 366/- 346 avant JC. Il a commencé par écrire 19 oeuvres dont il ne reste que de rares fragments des dialogues. Il s’intéresse à la vie politique locale mais son statut de métèque (étranger à la cité) l’empêche d’y participer.

  A la mort de Platon – 346 avant JC, Speusippe, neveu de Platon succède à ce dernier.à la tête de l’Académie. Aristote part alors dépité pour Atarnée avec 2 condisciples Xénocrate et Théophrase.

  Aristote est le second père de la philosophie occidentale. Aristote a transformé en une recherche multiforme et diversifiée la philosophie. Son oeuvre a une grande importance par son étendue, par la multitude de domaines abordés et par son influence historique. Sa pensée concerne tous les registres du savoir de son époque.

  Dans cette pensée se succédent ou se répondent logique, métaphysique, physique, sciences naturelles, éthique, rhétorique et politique. Les différents registres ne sont jamais disjoints. Ils s’articulent les uns aux autres selon une organisation qui assure la cohérence globale de la démarche. Il est également l’inventeur de la logique formelle et le premier à parler de la « science de l’être en tant qu’être ».

  Son oeuvre compte très peu de détails biographiques. De même, il n’exite guère de témoignages qui nous soient parvenus. Sa biographie n’est donc connue que dans les grandes lignes.

  L’oeuvre d’Aristote a traversé les siècles, les langues et les cultures. Aristote est encore étudié, édité et commenté quand s’effondre l’empire romain. Il finit par devenir avec Thomas d’Aquin , le philosophe de l’église et comme le dira Dante :  » le maître de ceux qui savent. »

  Platon, homme de la théorie, recherchait un modèle fixe derrière le changement incessant des apparences. Aristote, homme de l’observation,  trouve cette hypothèse inutile. C’est dans le monde tel que nous pouvons l’observer et le soumettre à la refexion que se trouvent les clefs de la connaissance. Il faut examiner, classer, comparer, raisonner.

  Aristote analyse les vertus humaines sans oublier leur part d’incertitude et de contingence. En Politique, Aristote scrute  les constitutions existantes pour dégager leurs avantages et leurs inconvénients.

  Sa deuxième période de production se place à Assos vers – 345 /- 335 avant JC.

  Vers – 341, il épousa Phythias, fille adoptive d’Hermias Atarnée, réfugiée à Pella. Elle lui donna une fille Pithias.

  Une seconde fois la direction de l’Académie lui échappe au profit de son disciple et ami Xénocrate en – 339 avant JC. Il fonde alors le Lycée, école rivale de celle de Platon, où règnait l’habitude de discuter en marchant. D’où le nom de pérapatéticiens, ceux qui déambulent, donné aux disciples d’Aristote. Le matin des cours oraux, appelés « acromatiques », étaient réservés aux disciples avancés en science platonienne ou aristotelicienne, et l’après-midi des cours de philosophie appelé « exotériques » étaient ouverts à tous.

  Sa 3ème période de production se place vers – 335/- 323 avant JC pour 13 ans.

  Aristote est le premier à organiser la philosophie comme une discipline embrassant la totalité du savoir selon un ordre logique, le premier à concevoir et à construire un système global des connaissances. Les écrits les mieux rédigés d’Aristote ont presque totalement disparus. Il nous reste seulement des notes de cours, moins bien rédigées. Le lecteur néanmoins oublie vite emporté par la puissance de sa pensée et le souci constant de sa cohérence interne.

  En – 322 avant JC, à Chaleis ville de sa mère, dans l’île d’Eubée, Aristote mourut à l’âge de 63 ans. Il serait mort d’une maladie de l’estomac qui le minait depuis longtemps.

 Les outils et l’analyse.coeur_073.gif

  Aristote est le premier à examiner les outils dont se sert la raison. C’est avec des mots, des phrases, des relations cohérentes entre les énoncés que se fabriquent les savoirs. En examinant ces instruments, Aristote fonde la logique en tant que discipline. Une profonde unité rassemble ce qu’on peut dire, ce qu’on peut penser et ce qui est. Ce qui ne peut être pensé ne correspond à aucune existence possible dans la réalité. Le pensable, le dicible et le réel ne sont pas dissociables. Personne ne peut par exemple penser la figure qui serait cercle et non cercle. Ce qu’on ne peut penser ne peut pas exister.

  Aristote dans l’élaboration de  » l’être en tant qu’être » expose des analyses qui feront l’objet de nombreuses reprises et développements au cours des siècles. Surtout il met au point des couples de concepts dont nous nous servons toujours usuellement. Ainsi  » puissance » et « acte », « matière » et « forme » sont des créations d’Aristote.

  Au lieu de postuler deux mondes comme Platon, celui des idées-formes, qui constituent le modèle capable d’engendrer l’autre, celui des objets matériels, Aristote affirme qu’il n’y a pas de forme sans matière, ni de matière sans forme. C’est au sein même du monde, des choses, des réalités sensibles que se trouvent les idées formes, sans qu’on soit obliger de supposer comme le faisait Platon un autre monde.

La rigueur relative.coeur_073.gif

  On peut en déduire que la réalité pour Aristote est rarement séparée des données concrètes. Elle s’y trouve. On doit s’appliquer à la dégager peu à peu, à force d’observations et de réflexions. Cela explique un trait essentiel de la pensée d’Aristote qu’on peut appeler la rigueur relative.

  Ce qui interesse Aristote dans bien des domaines, ce sont les tendances, les fréquences, les règles qui se vérifient le plus souvent, mais n’excluent pas d’éventuelles exceptions. C’est le cas de la physique où notre monde ne relève que de connaissances approchées. Il en va de même en biologie où les écarts à la norme sont innombrables depuis la particularité accidentelle jusqu’à la déformation monstrueuse. Si Aristote définit l’âme , de manière très puissante, comme la forme du corps, ce qui maintient l’unité de l’organisme au fil de sa croissance, il n’oublie jamais que des fluctuations sont possibles, que des variations surgissent continûment.

  La politique, elle non plus, n’échappe pas à ces formes d’ajustement progressif. Nulle part Aristote n’édicte de constitution idéale, de loi détaillée à mettre en place en tout temps, en tout lieu. Il est au contraire conscient des innombrables adaptations des principes aux circonstances et aux variations locales. Il insiste sur la part de flou de la loi et sur la nécessité d’adapter à chaque cas concret la directive générale. Pour Aristote tout ne peut être organisé dans les moindres détails. Mais cette marge d’incertitude ne compromet pas le résultat. Car ce qui compte ce sont les lignes directrices. Elles suffisent pour indiquer ce qui doit être crée pour chaque cas particulier, selon les circontances.

  Cette façon de penser vaut encore pour la rhétorique. Le vraisemblable n’est pas de l’ordre de la vérité mathématique. Il subit des fluctuations, s’expose au changement et aux contestations. Il repose malgré tout sur un noyau central, un espace où se discerne clairement ce qui est exclu et ce qui est admissible. Plutôt que d’imposer à toute force une norme unique, Aristote envisage qu’une part de vérité soit contenue dans les pratiques et les aspirations les plus diverses.

Ethique à Nicomaque.coeur_073.gif

  En quoi consiste le bonheur ? Au coeur de l’Ethique à Nicomaque, c’est finalement toute l’existence humaine qui est en jeu.

  Il convient de ne pas se laisser égarer par le titre. Car ce que nous appelons aujourd’hui éthique a finalement peu de place dans ce traité. Il n’y est pas beaucoup de morale , ni de règles à suivre. Ethos en grec désigne d’abord une façon de se comporter, un genre de vie. Que faire de sa vie ? Comment agir pour qu’elle ait un sens ?

  La tâche d’Aristote consiste donc, avant tout, à mettre en lumière le genre de vie convenant le mieux à l’être humain. Nous croyons savoir en quoi le bonheur peut consister, dans quel régistre il doit se situer. Or c’est celà qu’Aristote invite à reconsidérer.  Est-ce une affaire de plaisir , d’honneurs , de richesse , la vertu peut-elle suffire pour être pleinement heureux ? Comment la raison et son exercice peuvent-ils nous permettre d’accéder à une vie humaine réussie ?

  On constatera qu’Aristote fait preuve d’une extraordinaire acuité. Le bonheur suprême pour Aristote, est bien de se consacrer au savoir, mais il n’oublie ni la force de l’amitié, ni les joies de la famille. Il sait aussi que le sage, pour être heureux a besoin non seulement de la vertu mais de la santé, d’une certaine aisance et de la considération sociale.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 11 Janvier 2009.background-2008_039.jpg 

 

 

 


3 commentaires

  1. bencherif dit :

    Claire, c’est extraordinaire ce que vous écrivez; c’est instructif; je ne peux que m’incliner à votre patience dans la recherche et la documentation pour nous offrir des textes de grande valeur.
    Encore une fois bravo et j’attends patiemment que vous rentriez de votre voyage qui me semble un peu long pour ma curiosité scientifique.

  2. Désiré Bukobero dit :

    Bonjour Chantal,

    Je suis étudiant en Philosophie à l’UQAM, j’apprécie beaucoup votre Blog site.
    Merci et courage.

  3. Redhamstein dit :

    Bonjour a Vous Madame !!

    Je suis Lyceen, malgre que je suis scientifique mais mon amour et ma passion pour la philosophie reste present, je tenais a vous remercier de toutes informations que vous nous avez presente, ainsi je sais que la recherche a ete longue, vraiment je vous remercie sincerement….Bon courage et bon continument .

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