HUME.

Hume 

HUME.

  David Hume est décrit par ses amis comme un homme d’humeur toujours égale, à l’allure joyeuse, ayant toujours un mot gentil pour les uns ou les autres. Gravement malade, ayant un cancer de l’intestin,  il continuait à accueillir chacun avec le sourire, toujours serein. Les derniers jours de sa vie sont décrit par son ami et collègue Adam Smith.

  Hume est l’un philosophe, économiste et historien les plus important de son temps.  Il est considéré comme l’un des plus grand penseur des lumières, écossais. Il est fondateur de l’empirisme moderne, l’un des plus radicaux par son scepticisme. Il s’opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophes considérant l’esprit humain d’un point de vue théologico-métaphysique. Sa précocité philosophie est un point important de sa trajectoire.

  Hume s’emploie à détruire et à désagréger la métaphysique occidentale. Kant essaye alors de dresser des digues.

LA VIE DE HUME. 

  David Hume, est né David Home en 1711, à Edimbourg en Ecosse, dans une famille de petite bourgeoisie des Borders. Il est le cadet d’une fratrie de 3. Son père, avocat, meurt en 1714, alors qu’Hume est en bas âge. La mère de Hume élève ses enfants avec son beau frère.

  Il entre en 1722 au collège d’Edimbourg où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et anglais mais sa famille le destine à faire des études de droit.

  Mais en 1734, Hume traverse une période de crise. Il rejette tout savoir hormis la philosophie et le savoir général.

  Après avoir montré qu’il n’aimait pas les études de droit en refiusant de devenir avocat, il commence à gagner sa vie dans le commerce et à voyager en France. Il n’a que 20 ans. Il s’installe d’abord à Reims, puis de 1735 à 1737 à la Flèche (dans l’actuelle Sarthe) en Touraine pour écrire de façon retirée le Traité de la nature humaine. Il termine cette oeuvre à 26 ans. Il appartient donc aux philosophes qui très jeunes ont défini leur pensée et achevé leur oeuvre majeure.

  De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livre de l’ouvrage en janvier 1739. Ce traité qui lui a demandé trois années d’efforts et qui est une oeuvre marquante de l’histoire de la philosophie, n’a pas été bien accueillie au moment de sa publication ( aujourd’hui c’est l’une des oeuvre les plus importante de la philosophie occidentale). Hume, remet alors en question son envie de faire de la philosophique.

  Il rejoint sa famille en Ecosse en 1739. Il publié en 1740 un Abregé du Traité de la nature humaine, puis à l’automne le livre III du Traité ainsi qu’une appendice. La même année il rencontre Adam Smith.

  Il publie la 1ère partie des Essais moraux et politiques (15 textes) en 1741 à Edimbourg. L’ouvrage est un succés. Il fera l’objet d’une seconde édition en 1742 augmentée de 12 textes.

  En 1744, il devient le précepteur du Marquis d’Annandale dont la santé se dégrade. En 1746, il devient secrétaire du Général St Clair et rejoint Vienne et Turin.

  Il publie une nouvelle mouture de son oeuvre maîtresse sous le titre Enquête sur l’entendement humain qui n’a pas plus de succès que l’oeuvre initiale.

  Revenu en Ecosse en 1749 Hume écrit des Discours politiques, une Enquête sur les principes de la morale. Ces derniers sont une refonte partielle du Traité de la nature humaine. Il est maintenant connu du public en tant que philosophe.

  En 1751, il rejoint Edimbourg et publie en 1752 ses Discours politiques, ouvrage bien accueilli. La sortie londonnienne de ses Enquêtes sur les principes de la morale se font cependant dans une certaine indifférence.

  En 1752, il devient bibliothécaire du corps des avocats d’Edimbourg. Son 1er volume consacré aux Stuart est vivement critiqué. En 1757, il publie à Londres, une Histoire naturelle de religion et le 2ème volume de l’Histoire d’Angleterre en 1756. La série s’achève en 1761 par les 2 derniers volumes. Ces oeuvres rencontrent un succés mitigé.

  En 1763, à la fin de son existence, Hume s’installe à Londres il accepte un poste de secrétaire à l’ambassade de France par le Comte de Hertford et rejoint ainsi Paris. Il devient chargé d’affaire puis quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous secrétaire d’état à Londres. Sa renommée s’étend maintenant sur toute l’Europe des Lumières. Il passe d’une certaine pauvreté à une certaine opulence. Il part avec Jean Jacques Rousseau à Londres avec lequel il se brouille .

A partir de 1775 Hume se sait gravement malade. Il meurt un an plus tard en 1776.

LA CRITIQUE DE HUME. 

  Pour Hume comme pour Newton, la Science expérimentale est inductive et doit se limiter à la découverte des lois de relations constantes dont notre raison ne peut pénètrer la nature ultime.

Les sensations et les idées : 

  En premier , l’origine de nos connaissances réside avant tout dans nos sensations. Tout provient de l’expérience. Ce que nous connaissons est venu à notre esprit par l’intermédiaire de nos sens.

  Comme Epicure dans l’Antiquité ou Locke au XVIIème siècle, Hume insiste sur l’absence d’idées innées. Dans notre entendement viennent s’inscrire les données transmises par nos sens.

  Hume va plus loin que ses prédécesseurs en distinguant deux principaux types de réalité que l’expérience nous fournit :  » les impressions » et  » les idées ».

  Les impressions regroupent toutes les perceptions que nous avons lorsque nous voyons, entendons, goûtons. Il s’agit de sensations oprésentes, dans leur vivacité et leur intensité immédiates.

  Les idées sont des impressions secondes, réactivées, plus ou moins estompées ou affaiblies. Je goûte quelque chose et j’ai après coup une idée du salé ou du sucré. Je regarde et ensuite j’ai une idée du rouge et du bleu. Ces idées se trouvent être des synthèses d’impressions. Aucune n’aura la puissance de ce qui a été perçu.

  Hume bouleverse la Pensée car initialement les sensations n’avaient qu’un rôle secondaire et les idées en étaient les acteurs principaux. C’était ce monde des philosophes jusque là.

La cause : 

  Ce n’est pas la seule révolution de Hume. Il met en cause l’idée classique, centrale dans la métaphysique de causalité. Qu’entendons nous par cause ? Quelque chose possèdant la puissance d’engendrer un effet de manière inéluctable : la relation entre la cause et l’effet est caractérisée par la nécessité. ex : les nuées sont la cause de l’orage.

  C’est ce que Hume va mettre en cause. Il dit qu’il ne peut pas mettre la relation entre la  cause et l’effet. J’observe qu’il y a des nuées puis un orage. Ce que j’ai observé ce n’est rien d’autre que cette succession de phénomènes. Or le fait que j’ai noté cette juxtaposition permanente du phénomène ne m’autorise pas du tout à affirmer, de façon sûre et certaine, que je sais qu’il existe une « connexion nécessaire ».

  Hume prend l’exemple des boules de billard. Voyant une boule de billard en frapper une autre et lui transmettre son mouvement, je vais dire que la boule qui frappe est la  » cause » de la mise en mouvement de l’autre. En fait ce que je vois, c’est qu’une boule en mouvement en frappe une autre et que celle qui est frappée commence à se mouvoir. Je n’ai aucune perception, ni aucune connaissance d’une  » connexion nécessaire » entre les deux phénomènes. J’ai un phénomène, puis le deuxième.

  L’idée même de cause se trouve ainsi remise en question, la notion d’effet est elle aussi remise en question. Hume remplace ainsi cette idée de causalité comme connexion nécessaire par l’affirmation que notre raison, par habitude, s’est accoutumée à attendre tel phénomène après tel autre. Mais il convient radicalement de distinguer cette accoutumance de la raison d’une nécessité interne aux choses qui demeure tout à fait inconnue. Hume entame une profonde critique de nos certitudes.

L’induction : 

  Que nomme-t-on ainsi ?  La généralisation comme lorsque nous pensons que le soleil s’est levé tous les jours puisqu’il ns’est toujours levé ainsi. Or c’est celà que Hume va remettre en cause.

  Hume va démontrer qu’il n’y a aucune nécessité à ce qu’une exp »érience qui s’est déjà produite se reproduise d’une manière identique à l’avenir.

  Sans doute y a-t-il une probabilité extrêmement forte pour que le soleil se lève encore demain. Mais nous ne pouvons pas parler de certutude. Il en découle d’énormes conséquences. En effet, la constance des lois physiques, la régularité des phénomènes constutuent des croyances de notre raison, pas du tout des certitudes absolues. Nous ne détenons aucun savoir dont nous sommes absolument et clairement assurés.

  Nous sommes sûrs et certains que 2 X 2 font 4 : il s’agit d’une vérité logique. En revanche au sujet des  » lois de la nature » nous ne pouvons être aussi catégoriques. C’est donc l’idée même de la vérité scientifique que Hume met en cause. La tradition philosophique perd aussi cette pureté et cette transparence que la métaphysique d’emblée lui attribuait. La raison n’est plus divine. Elle devient avec Hume une réalité dont on observe le fonctionnement.

  Les besoins de notre raison ne constitue ni des démonstrations, ni des preuves de vérité. La raison elle-même a quelquechose de peu intelligible.

La conviction du Moi : 

  Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne que notre moi actuel est le même qu’il y a 5 ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité.

  Je trouve en  » moi  » des souvenirs, des sensations, des plaisirs, des peines, des faits de conscience, mais nulle part quoi que ce soit qui serait le  » Moi  » à l’état pur. Ce que je connais sous le nom de « Moi « . Ce que je connais sous le nom de  » Moi « est toujours affecté par une sensation ou une autre. Au lieu de considérer qu’il existe un Moi substantiel, avec l’ensemble de mes pensées, on peut envisager qu’il y ait seulement des sensations.

  Ce sont bien  » mes  » sensations mais celà ne signifie pas qu’il existe un Moi substance, un moi support, un moi sujet auquel se rapporteraient l’ensemble de ces diverses données. C’est le Moi lui-même et la conception classique du sujet qui se trouvent à leur tour mis en question.

  Hume remet en cause la morale et la religion. Il n’existe aucune justification rationnelle possible des normes de la moralité. Bien, mal, moral, immoral peuvent être affaires de sensibilité. Jamais il ne seront légitimement affaire de raison. Ni le calcul, ni la puissance logique ne parviendront à faire un choix. Avec Hume éthique et rationalité se trouvent disjointes.

  Avec Hume il ne reste de la métaphysique qu’un champ de ruine !

ENQUETE SUR L’ENTENDEMENT HUMAIN : 

  L’Enquête sur l’entendement humain est publié en 1745. Il explique l’essentiel des analyses et des résultats qui se trouve dans le résultat de son oeuvre de jeunesse, le Traité de la nature humaine de 1739-1740.

  L’essentiel de sa démarche critique reste inchangé. Mais la forme s’est améliorée. Les arguments sont présentés avec plus d’acuité. Il exprime l’empirisme de Hume et ses conséquences.

  Qu’appelle-t-on empirisme ? Le courant de pensée qui affirme que toutes nos idées proviennent de l’expérience.. Il n’y a rien dans l’esprit ou  » entendement  » qui n’ait été avant dans les sens.

  Celui des lumières met l’accent sur les limites et les imperfections de notre raison qui est sujette à des croyances et se révèle soumise à une sorte d’accoutumance. Le scepticisme de Hume ne laisse aucune place aux idées de cause ou de miracle.

  Il publie à Londres en 1751,  Enquêtes sur les principes de la morale. Hume y adapte une démarche d’observation et de description tout à fait rare dans le registre moral où domine d’habitude l’attitude normative. Il constate que l’intérêt est le principal moteur des action dites morales, y compris les plus altruistes. Mais il ne se résout pas à transformer toute la morale en un utilitarisme car il existe une propension incontestable des humains à la bienveillance et à la solidarité désinteressée.

  Hume esquisse une éhique qui s’efforce de tenir compte de tous les aspects de la nature humaine et de la vie réelle.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 09 Février 2009.background-2008_039.jpg 


Archive pour février, 2009

DESCARTES.

DESCARTES. dans Philosophie. 180px-Descartes2  

DESCARTES.

  Descartes refuse de s’embarasser des citations des anciens en tous domaines.  Il constate que ces pesantes disciplines ne conduisent à aucun chemin balisé vers le vrai.

  Hégel dit à propos de Descartes :  » C’est un héros- il a repris les choses par les commencements, et il a retrouvé de nouveau le sol de la philosophie, auquel elle est revenue après un égarement de mille ans. » Propos malgré tout excessif…

  Dans le Discours de la Méthode il mentionne ses études et la déception qu’elles lui occasionnent. Il se met en scène dans les Médidations métaphysiques.

  Descartes ne se destinait pas à une carrière philosophique. Ce furent la controverse ptoléméo-copercienne et le procès de Galilée (1633) qui orientèrent sa carrière vers la philosophie.

Le « je » chez Descartes. 

  Descartes en effet dit  » je ». Il ne dissocie pas recherche de vérité et de subjectivité. Il ne dissocie pas l’histoire de ses pensées de la construction d’une méthode. Ce  » je » fort rare jusqu’alors dans les textes philosophiques possède un statut très particulier.

  La particularité du  » je » cartésien tient au fait qu’il se situe entre le singulier et l’universel, entre l’individualité particulière et l’énoncé impersonnel et objectif.

  Descartes décrit une histoire personnelle, un itinéraire personnel mais dans le même temps il en fait un levier vers l’universel. Il permet à l’autre d’avancer, à son tour, sur le chemin qui le conduira par ses propres forces à des connaissances vraies. Il indique les règles que l’on suit pour atteindre la vérité.

  En matière de savoir pour Descartes l’essentiel est une meilleure utilisation de la capacité commune, identique en nous tous, et de distinguer le vrai du faux. Avec la raison, chacun possède un instrument similaire. Toutefois certains deviennent savants d’autres non. Quelques uns font des découvertes d’autres pas. Pourquoi ? Uniquement dans la manière dont ils se servent de cet instrument. La méthode est avant tout un mode d’emploi. Comment sa raison peut-elle devenir efficace ?

  Notre entendement est limité. Nos capacités d’atteindre des connaissances vraies sont faibles. Le pouvoir de la raison et ses limites sont identiques à chacun. Entre l’ignorance et la science, le partage se fait seulement par l’usage de cet outil assez pauvre que nous possèdons tous.

  Descartes commence donc à rédiger les Règles pour la direction de l’esprit, publie pour premier livre le Discours de la Méthode. Il enseigne la façon de se servir des moyens intellectuels dont nous disposons.

  N’accepter pour vrai que ce qui s’impose comme évident, décomposer les difficultés pour les résoudre élément par élément. Il est à noter qu’à l’époque de Descartes, des masses de connaissances étaient enseignées sans examen critique. On tenait compte de l’autorité des auteurs qui les avaient soutenues, du prestige qui les entourait et du soutien de l’église. Descartes rompt avec tout celà.

  L’humilité de Descartes tient au fait qu’il indique que chacun pourra en faire autant , que ses facultés sont les mêmes que les autres individus. La démesure et l’orgueil consiste à dire qu’il est le premier à détenir les clefs d’un savoir concernant toutes choses. 

La vie de Descartes. 

  Descartes est né le 31 mars 1596 à la Haye en Touraine, aujourd’hui dénommée Descartes, dans une famille bourgeoise. Il est le 3ème enfant de Joachim Descartes, conseiller au Parlement de Rennes.

  Il a un an lorsque sa mère meurt. Il est élevé par sa grand-mère et son père.

  Descartes est un enfant maladif et il se fait remarquer par des dons intellectuels précoses. Il ne cesse de poser des questions.

  A l’âge de 11 ans, Descartes entre au collège royal Henri le Grand à la Flèche ( Sarthe) où enseignait les jésuites et il y reste jusqu’à l’âge de 18 ans. Il reçoit un traitement de faveur en raison de sa mauvaise santé et de ses dons. Descartes apprend la philosophie, la philosophie scolastique et les mathématiques.

  En 1616, il obtient son baccalauréat et sa licence de droit à l’université de Poitiers. Après ses études il part vivre à Paris.

  Il se retire solitaire dans un quartier de la ville pour se consacrer à l’étude, pendant 2 années de vie cachée.

  En 1618, il s’engage en Hollande à l’école de guerre de Maurice Nassau, Prince d’Orange. Il fait la connaissance la même année du mathématicien et physicien Isaac Beeckman en novembre 1618, une rencontre décisive pour lui. Ce savant avait l’habitude de cerner des problèmes non résolus de mathématiques et de physiques. Avec son cercle d’amis, il proposait une récompense à celui qui ajouterait une voie vers une solution valable.

  En 1619, Descartes quitte la Hollande pour le Danemark puis l’Allemagne où la guerre de Trente ans éclate. Il s’engage alors dans l’armée du Duc Maximilien de Bavière. Cette année là il s’interesse à l’ordre de la Rose Croix mais il nie y avoir appartenu.

  Le  10 Novembre 1619, il fait 3 songes qui l’éclairèrent sur sa vocation. Il renonce alors à la vie militaire. De 1620 à 1622, il voyage en Allemagne et en Hollande puis revient en France.

  En 1622, Descartes estime sa fortune suffisante pour ne pas avoir à travailler. Il quitte le métier des armes qui lui était destiné. Il règle ses affaires de famille et recommence à voyager et visite l’Italie.

  De l’été 1625 à l’automne 1627, Descartes est à nouveau en France. Il fréquente le Monde, cherche la compagnie des Savants. Il se bat en duel. A l’automne 1627, chez le nonce du pape, le cardinal Bérulle lui fait obligation de conscience d’étudier la philosophie. Il part alors en Bretagne pendant l’hiver 1627-1628.

  Cherchant la solitude, il décrète de s’installer dans les Provinces-Unies. Il va voir Beeckman mais revient à Paris en 1628 puis s’installe définitivement en Hollande en 1629.

  De 1637 à 1641, il vit une période heureuse. Il publie en Français le Discours de la méthode. Il vit avec Hélène Jans, une simple servante. En août 1635, il a et reconnait sa fille Francine. Mais cet enfant meurt en septembre 1640 laissant Descartes effondré. Un mois plus tard il perd son père.

  En 1643, il rencontre Elisabeth de Bohême, fille de l’électeur Palatin détrôné en exil en Hollande. Il commence une correspondance abondante avec la jeune femme, pleine d’esprit.

  Descartes n’aime pas être en lumière. Son goût du retrait et de l’anonymat est constant. Il arrive même qu’il loue une demeure et y fasse porter ses malles…et de vivre ailleurs.

  Descartes est à Stockholm lorsqu’il meurt d’une pneumonie dans le glacial Palais Royal de Suède le 11 février 1650. La rigueur du climat et les entretiens matinaux avec la Reine avant 5 heures du matin ont eu raison de sa santé…

La recherche dans l’oeuvre de Descartes. 

  Tout au long de son oeuvre la vérité s’impose. L’erreur est la conséquence d’une précipitation. Quelle constatation est suffisamment claire et nette pour que nous la déclarions vraie ? Question cruciale car il pourrait y avoir rien du tout qui soit absolument certain. Dans ce cas nous devrions renoncer à la connaissance, à la vérité, à la philosophie.

  Pour obtenir au moins une vérité incontestable, Descartes s’emploie à amplifier la connaissance du doute. Plus le doute sera puissant, plus ce qui lui résistera sera solide ou bien tout sombre dans l’incertitude. Dans cette quête les étapes sont graduées.

  Le philosophe commence par reprendre les doutes forgés par les sceptiques grecs de l’Antiquité. Même si le carré dont je compte les côtés n’existe pas matériellement, il n’en est pas moins de doute que ce carré auquel je pense a quatre côtés et quatre angles droits. Descartes va plus loin : et si un Dieu, tout puissant et trompeur me faisait trouver quatre quand je les compte alors que la vraie réponse serait différente ?

  Même si ma pensée est manipulée, même si le monde extérieur n’existe pas et que mon propre corps est une illusion, il reste absolument certain que je pense, c’est une certitude absolue. Sur cette pierre Descartes bâtit sa philosophie.

Son oeuvre :  

  Elle est d’abord une découverte de la liberté, liée à la joie de penser et de modèliser à partir de l’entité simple, de l’élément connu en usant d’un supposé bon sens partagé par tous.

  Il construit sur le doute et l’observation, la méthode apporte joie et liberté au penseur Descartes.

  Le « Je pense donc je suis » qui en est l’âme est aussi sa définition personnelle de l’âme. Descartes dissocie la matière ou le corps de l’âme ou de la vie de l’esprit.

Discours de la méthode. 

  On découvre un texte inquiet et non pas une pensée sereine et organisée. Un jeune homme doué a reçu une bonne éducation, mais il en garde seulement la frustation de n’y rien avoir trouvé de solide ni d’assuré. Il entame seul pas à pas la construction d’une science nouvelle.

  Il élabore une méthode qu’il voulait universelle, aspirant à étendre la certitude mathématique à l’ensemble du savoir. Il affirme que l’univers est susceptible d’une interprètation mathématique.

  Descartes ne cesse de répèter combien ses études lui paraissent incohérentes et impropres à la bonne conduite de la raison.

  C’est à partir de ses intuitions des principes que Descartes propose de raisonner, c’est à dire de nous avancer dans la connaissance au moyen de la déduction. La déduction est aussi un moyen de la pensée, consistant en une série d’intuitions enclavées mises en relation par ce mouvement continu de l’esprit. Par ces séries d’intuitions reliées par le raisonnement nous ramenons ce qui est inconnu aux principes, c’est à dire à ce qui est connu.

  Ainsi en raisonnant sur la base de l’évidence, la pensée étend son domaine de connaissance au-delà des principes.

  De page en page nous sentons l’ardeur qui porte la pensée et la hardiesse qui soutient le style. La pensée change d’époque.

  On trouve dans le Discours de la méthode :

- diverses considérations concernant les sciences.

- les principales règles de la méthode que l’auteur a cherchée.

- quelques règles de celles de la morale qu’il a tirée de cette méthode.

- les raisons pour lesquelles, il prouve l’existence de Dieu et de l’âme humaine qui sont les fondements de la métaphysique.

- l‘ordre des questions de physique qu’il a cherchées et particulièrement l’explication du mouvement du coeur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, et aussi la différence qui est entre notre âme et celle des bêtes.

- Quelles choses, Descartes croit être requises pour aller plus avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’on fait écrire.

  En France, le Discours de la méthode est devenu l’ouvrage philosophique le plus étudié.

Méditations métaphysiques. 

  L’essentiel est dans le mouvement du drame : défaire le monde au risque de tout voir sombrer à jamais.Tout mettre en doute jusqu’à l’intimité de la pensée.

   Il va falloir tout reconstruire point par point. Il va falloir déduire Dieu, la possibilité de connaître, l’exitence du monde extérieur, la réalité du corps, la distinction du rêve et de la réalité. C’est la construction du monde par la seule pensée.

 

  Sur le plan scientifique, Descartes contribue à une évolution importante en mathématiques par l’unification entre le domaine géomètrique et le domaine numérique, jusque là strictement séparés.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 07 Février 2009.background-2008_039.jpg 

"Le regard des autres", 1er... |
Atelier permanent de lectur... |
Ilona, Mahée et Mila. |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les Ailes du Temps
| David Besschops
| professeur.de.français