DESCARTES.

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DESCARTES.

  Descartes refuse de s’embarasser des citations des anciens en tous domaines.  Il constate que ces pesantes disciplines ne conduisent à aucun chemin balisé vers le vrai.

  Hégel dit à propos de Descartes :  » C’est un héros- il a repris les choses par les commencements, et il a retrouvé de nouveau le sol de la philosophie, auquel elle est revenue après un égarement de mille ans. » Propos malgré tout excessif…

  Dans le Discours de la Méthode il mentionne ses études et la déception qu’elles lui occasionnent. Il se met en scène dans les Médidations métaphysiques.

  Descartes ne se destinait pas à une carrière philosophique. Ce furent la controverse ptoléméo-copercienne et le procès de Galilée (1633) qui orientèrent sa carrière vers la philosophie.

Le « je » chez Descartes. 

  Descartes en effet dit  » je ». Il ne dissocie pas recherche de vérité et de subjectivité. Il ne dissocie pas l’histoire de ses pensées de la construction d’une méthode. Ce  » je » fort rare jusqu’alors dans les textes philosophiques possède un statut très particulier.

  La particularité du  » je » cartésien tient au fait qu’il se situe entre le singulier et l’universel, entre l’individualité particulière et l’énoncé impersonnel et objectif.

  Descartes décrit une histoire personnelle, un itinéraire personnel mais dans le même temps il en fait un levier vers l’universel. Il permet à l’autre d’avancer, à son tour, sur le chemin qui le conduira par ses propres forces à des connaissances vraies. Il indique les règles que l’on suit pour atteindre la vérité.

  En matière de savoir pour Descartes l’essentiel est une meilleure utilisation de la capacité commune, identique en nous tous, et de distinguer le vrai du faux. Avec la raison, chacun possède un instrument similaire. Toutefois certains deviennent savants d’autres non. Quelques uns font des découvertes d’autres pas. Pourquoi ? Uniquement dans la manière dont ils se servent de cet instrument. La méthode est avant tout un mode d’emploi. Comment sa raison peut-elle devenir efficace ?

  Notre entendement est limité. Nos capacités d’atteindre des connaissances vraies sont faibles. Le pouvoir de la raison et ses limites sont identiques à chacun. Entre l’ignorance et la science, le partage se fait seulement par l’usage de cet outil assez pauvre que nous possèdons tous.

  Descartes commence donc à rédiger les Règles pour la direction de l’esprit, publie pour premier livre le Discours de la Méthode. Il enseigne la façon de se servir des moyens intellectuels dont nous disposons.

  N’accepter pour vrai que ce qui s’impose comme évident, décomposer les difficultés pour les résoudre élément par élément. Il est à noter qu’à l’époque de Descartes, des masses de connaissances étaient enseignées sans examen critique. On tenait compte de l’autorité des auteurs qui les avaient soutenues, du prestige qui les entourait et du soutien de l’église. Descartes rompt avec tout celà.

  L’humilité de Descartes tient au fait qu’il indique que chacun pourra en faire autant , que ses facultés sont les mêmes que les autres individus. La démesure et l’orgueil consiste à dire qu’il est le premier à détenir les clefs d’un savoir concernant toutes choses. 

La vie de Descartes. 

  Descartes est né le 31 mars 1596 à la Haye en Touraine, aujourd’hui dénommée Descartes, dans une famille bourgeoise. Il est le 3ème enfant de Joachim Descartes, conseiller au Parlement de Rennes.

  Il a un an lorsque sa mère meurt. Il est élevé par sa grand-mère et son père.

  Descartes est un enfant maladif et il se fait remarquer par des dons intellectuels précoses. Il ne cesse de poser des questions.

  A l’âge de 11 ans, Descartes entre au collège royal Henri le Grand à la Flèche ( Sarthe) où enseignait les jésuites et il y reste jusqu’à l’âge de 18 ans. Il reçoit un traitement de faveur en raison de sa mauvaise santé et de ses dons. Descartes apprend la philosophie, la philosophie scolastique et les mathématiques.

  En 1616, il obtient son baccalauréat et sa licence de droit à l’université de Poitiers. Après ses études il part vivre à Paris.

  Il se retire solitaire dans un quartier de la ville pour se consacrer à l’étude, pendant 2 années de vie cachée.

  En 1618, il s’engage en Hollande à l’école de guerre de Maurice Nassau, Prince d’Orange. Il fait la connaissance la même année du mathématicien et physicien Isaac Beeckman en novembre 1618, une rencontre décisive pour lui. Ce savant avait l’habitude de cerner des problèmes non résolus de mathématiques et de physiques. Avec son cercle d’amis, il proposait une récompense à celui qui ajouterait une voie vers une solution valable.

  En 1619, Descartes quitte la Hollande pour le Danemark puis l’Allemagne où la guerre de Trente ans éclate. Il s’engage alors dans l’armée du Duc Maximilien de Bavière. Cette année là il s’interesse à l’ordre de la Rose Croix mais il nie y avoir appartenu.

  Le  10 Novembre 1619, il fait 3 songes qui l’éclairèrent sur sa vocation. Il renonce alors à la vie militaire. De 1620 à 1622, il voyage en Allemagne et en Hollande puis revient en France.

  En 1622, Descartes estime sa fortune suffisante pour ne pas avoir à travailler. Il quitte le métier des armes qui lui était destiné. Il règle ses affaires de famille et recommence à voyager et visite l’Italie.

  De l’été 1625 à l’automne 1627, Descartes est à nouveau en France. Il fréquente le Monde, cherche la compagnie des Savants. Il se bat en duel. A l’automne 1627, chez le nonce du pape, le cardinal Bérulle lui fait obligation de conscience d’étudier la philosophie. Il part alors en Bretagne pendant l’hiver 1627-1628.

  Cherchant la solitude, il décrète de s’installer dans les Provinces-Unies. Il va voir Beeckman mais revient à Paris en 1628 puis s’installe définitivement en Hollande en 1629.

  De 1637 à 1641, il vit une période heureuse. Il publie en Français le Discours de la méthode. Il vit avec Hélène Jans, une simple servante. En août 1635, il a et reconnait sa fille Francine. Mais cet enfant meurt en septembre 1640 laissant Descartes effondré. Un mois plus tard il perd son père.

  En 1643, il rencontre Elisabeth de Bohême, fille de l’électeur Palatin détrôné en exil en Hollande. Il commence une correspondance abondante avec la jeune femme, pleine d’esprit.

  Descartes n’aime pas être en lumière. Son goût du retrait et de l’anonymat est constant. Il arrive même qu’il loue une demeure et y fasse porter ses malles…et de vivre ailleurs.

  Descartes est à Stockholm lorsqu’il meurt d’une pneumonie dans le glacial Palais Royal de Suède le 11 février 1650. La rigueur du climat et les entretiens matinaux avec la Reine avant 5 heures du matin ont eu raison de sa santé…

La recherche dans l’oeuvre de Descartes. 

  Tout au long de son oeuvre la vérité s’impose. L’erreur est la conséquence d’une précipitation. Quelle constatation est suffisamment claire et nette pour que nous la déclarions vraie ? Question cruciale car il pourrait y avoir rien du tout qui soit absolument certain. Dans ce cas nous devrions renoncer à la connaissance, à la vérité, à la philosophie.

  Pour obtenir au moins une vérité incontestable, Descartes s’emploie à amplifier la connaissance du doute. Plus le doute sera puissant, plus ce qui lui résistera sera solide ou bien tout sombre dans l’incertitude. Dans cette quête les étapes sont graduées.

  Le philosophe commence par reprendre les doutes forgés par les sceptiques grecs de l’Antiquité. Même si le carré dont je compte les côtés n’existe pas matériellement, il n’en est pas moins de doute que ce carré auquel je pense a quatre côtés et quatre angles droits. Descartes va plus loin : et si un Dieu, tout puissant et trompeur me faisait trouver quatre quand je les compte alors que la vraie réponse serait différente ?

  Même si ma pensée est manipulée, même si le monde extérieur n’existe pas et que mon propre corps est une illusion, il reste absolument certain que je pense, c’est une certitude absolue. Sur cette pierre Descartes bâtit sa philosophie.

Son oeuvre :  

  Elle est d’abord une découverte de la liberté, liée à la joie de penser et de modèliser à partir de l’entité simple, de l’élément connu en usant d’un supposé bon sens partagé par tous.

  Il construit sur le doute et l’observation, la méthode apporte joie et liberté au penseur Descartes.

  Le « Je pense donc je suis » qui en est l’âme est aussi sa définition personnelle de l’âme. Descartes dissocie la matière ou le corps de l’âme ou de la vie de l’esprit.

Discours de la méthode. 

  On découvre un texte inquiet et non pas une pensée sereine et organisée. Un jeune homme doué a reçu une bonne éducation, mais il en garde seulement la frustation de n’y rien avoir trouvé de solide ni d’assuré. Il entame seul pas à pas la construction d’une science nouvelle.

  Il élabore une méthode qu’il voulait universelle, aspirant à étendre la certitude mathématique à l’ensemble du savoir. Il affirme que l’univers est susceptible d’une interprètation mathématique.

  Descartes ne cesse de répèter combien ses études lui paraissent incohérentes et impropres à la bonne conduite de la raison.

  C’est à partir de ses intuitions des principes que Descartes propose de raisonner, c’est à dire de nous avancer dans la connaissance au moyen de la déduction. La déduction est aussi un moyen de la pensée, consistant en une série d’intuitions enclavées mises en relation par ce mouvement continu de l’esprit. Par ces séries d’intuitions reliées par le raisonnement nous ramenons ce qui est inconnu aux principes, c’est à dire à ce qui est connu.

  Ainsi en raisonnant sur la base de l’évidence, la pensée étend son domaine de connaissance au-delà des principes.

  De page en page nous sentons l’ardeur qui porte la pensée et la hardiesse qui soutient le style. La pensée change d’époque.

  On trouve dans le Discours de la méthode :

- diverses considérations concernant les sciences.

- les principales règles de la méthode que l’auteur a cherchée.

- quelques règles de celles de la morale qu’il a tirée de cette méthode.

- les raisons pour lesquelles, il prouve l’existence de Dieu et de l’âme humaine qui sont les fondements de la métaphysique.

- l‘ordre des questions de physique qu’il a cherchées et particulièrement l’explication du mouvement du coeur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, et aussi la différence qui est entre notre âme et celle des bêtes.

- Quelles choses, Descartes croit être requises pour aller plus avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’on fait écrire.

  En France, le Discours de la méthode est devenu l’ouvrage philosophique le plus étudié.

Méditations métaphysiques. 

  L’essentiel est dans le mouvement du drame : défaire le monde au risque de tout voir sombrer à jamais.Tout mettre en doute jusqu’à l’intimité de la pensée.

   Il va falloir tout reconstruire point par point. Il va falloir déduire Dieu, la possibilité de connaître, l’exitence du monde extérieur, la réalité du corps, la distinction du rêve et de la réalité. C’est la construction du monde par la seule pensée.

 

  Sur le plan scientifique, Descartes contribue à une évolution importante en mathématiques par l’unification entre le domaine géomètrique et le domaine numérique, jusque là strictement séparés.

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 07 Février 2009.background-2008_039.jpg 

 


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