FRANCOIS DE LA ROCHEFOUCAULD.

François VI de La Rochefoucauld

François VI de La Rochefoucauld.

LA VIE DE FRANCOIS DE LA ROCHEFOUCAULD. 

François de La Rochefoucauld est né à Paris le 15 Septembre 1613 et y est mort le 17 mars 1680. C’est un écrivain et moraliste français. Il est le fils de François V de la Rochefoucauld et de Gabrielle du Plessis-Liancourt.

Il porte le titre de prince de Marcillac jusqu’à la mort de son père en 1650 puis devient duc de La Rochefoucauld. Comme tous les ainés de sa maison de La Rochefoucauld, il porte le prénom de François.

N’ayant pas réussi dans ses études, il entre à l’armée très jeune, à 16 ans. En revenant de campagne militaire, ami de Marie de Rohan, il se rapproche de la Reine Anne d’Autriche. Il complote, dans une de ses querelles contre Richelieu et se retrouve emprisonné à la Bastille pendant une semaine en 1637. Puis il est exilé dans ses terres. Il repart à la guerre et est blessé à la bataille de Rocroi qui se termine en 1643. En 1642, après la mort de Richelieu, il devient un personnage public important. Mais Mazarin le devance.

François de La Rochefoucauld a une liaison avec la duchesse Anne de Longueville, soeur des princes de Condé et de Conti vers 1645. De 1648 à 1653, il est Frondeur du parti de Condé. Il est blessé au visage lors de la guerre civile. On a pensé qu’il allait perdre la vue. Il s’exhile alors pour se reposer et pour se faire oublier. Il rentre en grâce auprès du roi en 1659.

François de La Rochefoucauld se consacre à l’écriture de ses mémoires dans la solitude. Il les publie en 1662. De nombreux de ses amis en les lisant sont blessés et il en nie vite l’authenticité.

Il commence, ruiné et mal vu de la cour, la rédaction de ses Maximes en 1653, lors d’une correspondance avec Mme de Sablé et Jacques Esprit. La fréquentation des salons lui servit à les composer. Il publie deux ans après son ouvrage. Il les rééditera à quatre reprises en les retravaillant. La collection constituée par la dernière édition sous contrôle de l’auteur, la 5ème intervient en 1678. D’autres collections dites maximes supprimées et maximes posthumes auront lieu.

Il commence une grande amitié vers 1665 avec Madame de Lafayette qui dura jusqu’à la fin de sa vie.

Il fait une dernière campagne militaire en 1667, se retire et meurt infirme à Paris en 1680.

Ses Maximes auront un grand succés et seront commentée par la Reine Christine de Suède.

LES MAXIMES DE LA ROCHEFOUCAULD. 

Avec ses Maximes La Rochefoucauld devient un des plus grands hommes de lettres.

La Rochefoucauld parle du coeur humain et dit :

Il y a dans le coeur humain, une génération perpétuelle de passions, la disparition de l’une est toujours l’établissement d’une autre (maxime 10).

Et il pense que les passions, en lesquelles se perd notre volonté, sont bien des passions du corps et de lui seul.

 » Les humeurs du corps ont un cours ordinaire et réglé, qui meut et qui tourne imperceptiblement notre volonté; elles roulent ensemble et exercent successivement un empire secret en nous : de sorte qu’elles ont une part considérable à toutes nos actions, sans que nous le puissions connaître.  » (maxime 297)

La Rochefoucault va aussi dans une méchanceté revendiquée qui met à mal notre conscience, en dévoilant ses secrets.

  » Nul ne mérite d’être loué de bonté, s’il n’a pas la force d’être méchant : toute autre bonté n’est le plus souvent qu’une paresse ou une impuissance de la volonté. » (maxime 237)

 » Il n’appartient qu’aux grands hommes d’avoir de grands défauts . » (maxime 190)

Et aussi  » Il y a des héros en mal comme en bien. » (maxime 185)

Ou encore  » Il n’est pas si dangereux de faire du mal à la plupart des hommes que de leur faire trop de bien.  » (maxime 238)

En écartant la corruption originelle du pécheur, il dit qu’il suffit aux hommes de se persuader que leurs vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés. Tout devient alors l’objet d’une dénonciation : extraits des maximes suivantes.

Les vertus ne sont qu’un assemblage décousu de circonstances hasardeuses (maxime 1).

La sagesse, qui, à l’image de nos biens, est un effet produit de la fortune (maxime 323).

L’esprit qui n’est que l’effet de la bonne ou mauvaise disposition de nos organes (maxime 44).

La justice, qui est pour la plupart des hommes la crainte de l’injustice (maxime 78).

La pitié, qui est « un sentiment de nos propres maux dans les maux d’autrui  » (maxime 264).

Le mérite, que le monde ne récompense qu’à la mesure de ses apparences (maxime 166).

La modestie, car  » le refus des louanges est un désir d’être loué deux fois »(maxime 149).

Les femmes, dont les plus honnêtes sont parfois « lasses de leur métier » (maxime 367).

La Rochefoucauld nomme le hasard pour les grandes actions :

Quoique les hommes se flattent de leurs grandes actions, elles ne sont pas souvent l’objet d’un grand dessein, mais des effets du hasard (maxime 57).

Les 504 maximes de l’édition de 1678, se terminent sur un long développement consacré à la mort. Mais aussi :

Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement (maxime 26).

 

François de La Rochefoucauld utilise un style très concis pour faire admettre le fond désenchanteur et même accusateur de ses Maximes. Néanmoins il ménage la susceptibilité de ses lecteurs sans renoncer à son but.

Il nous montre, que par les événements historiques, les valeurs aristocratiques sont dépassées et qu’un nouvel art de vivre en société est en train d’émerger.

Il propose que ce nouvel art de vivre soit fondé sur l’honnêteté. Il se pose en observateur de la vie humaine.

Bibliographie écrite et publiée par Chantal Flury le 11 Février 2010.background-2008_039.jpg

 

 


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