LES JARDINS DE LUMIERE D’AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009

LES JARDINS DE LUMIERE d’AMIN MAALOUF, édition Lattès JC 1991. 

Mani, prophète, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIème siècle est nommé par les chinois  » le Bouddha de lumière » et les Egyptiens  » l’apôtre de Jésus « .

Son histoire commence moins de deux siècles après la mort de Jésus.

Mani fut enlevé enfant de sa mère par les disciples des Vêtements Blancs, secte de son père. Il fut élevé parmi ces disciples, admiré par leur chef.

Il commença à dessiner et ses dessins devinrent célèbres.  » Ma tête dessine et ma main obéit « (p223).

Il quitta la secte car il ne s’y reconnaissait pas. Son père le suivi. Il prêcha dans le monde ainsi qu’auprès des plus grands de la cour.

Il prêcha une religion où il y a d’un côté le Bien et le royaume de la Lumière et de l’autre la Mal et le royaume des Ténèbres. Les deux coexistaient sans jamais se mêler. Mais il se put arriver que les Ténèbres envahissent, lors de catastrophes, la Lumière. L’homme naquit de ce conflit, son esprit appartenait au domaine de la Lumière et son corps aux Ténèbres.

A côté de lui se trouvaient les élus, les auditeurs étant là pour les servir.

L’homme devait lutter toute sa vie entre le Bien et le Mal pour atteindre le royaume de la Lumière. Pour y parvenir, il devait réussir à abandonner tout ce qui est matériel.

Mani fut protégé par l’Empereur de Perse, Shapur Ier. Il prêcha dans tout le Moyen-Orient. Sa religion, plus tard, se répandit en Afrique du Nord, en Europe, en Asie. Shabur, lorsqu’il était à ses côtés le faisait mander jusqu’à trois fois dans la journée (p175). Mais il refusa de le suivre au combat  qui dura plusieurs années étant pacifiste. Le fils de Shapur, Hormitz, à sa mort lui succéda. Il aimait Mani comme son père l’avait aimé. Mais il fut empoisonné par les partisans de son autre fils Vahram qui monta à son tour sur le trône.

Vahram, influencé par ses proches, persécuta et tua par jalousie Mani. Il l’accusa d’avoir semé le trouble dans son pays. Mani fut jugé et mourut après une lente agonie dont il ne chercha même pas à s’échapper.

La religion de Mani est un syncrétisme inspiré du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme qui néanmoins le combattirent.

De sa religion de beauté, il reste les mots « manichéen « , « manichéisme ». Tous les linguistiques de Rome et de la Perse se sont ligués pour défigurer Mani, pour l’éteindre. Ses écrits furent détruits sur les bûchers.

Sa philosophie tolérante et humaniste visait à concilier les religions de son temps. Néanmoins, elle lui valut haine et persécutions… Etait-il hors de son temps?…

Mani fut le véritable fondateur de la peinture orientale.

 

DES EXTRAITS DU LIVRE : 

L’histoire de Mani commence à l’aube de l’ère chrétienne, moins de deux siècles après la mort de Jésus (p8).

(…) sur la colline qui domine le pont de Séleucie, se dresse le temple de Nabu. Dieu de la connaissance, dieu de la chose écrite, il veille sur les sciences occultes et patentes (p8).

Aux jours glorieux de Babylone, le nom de ce dieu précédait celui des souverains, qui s’appelaient ainsi Nabunassar, Nabupolassar, Nabuchodonosor (p8).

Sans doute Mani s’est-il débattu, le jour où tous ces Vêtements Blancs vinrent l’enlever. Sans doute a-t-il même hurlé, lorsqu’ils le plongèrent par trois fois dans l’eau du canal, qu’ils lui arrachèrent ses habits. Mais en dépit de son jeune âge, il lui fallut se conformer à leur loi, porter la tunique blanche, manger leur nourriture, balbutier leurs gestes, imiter leurs prières (p36).

Ce fut au cours de ses longs moments de silence et de ravissement que Mani sentit monter en lui pour la première fois l’irrépressible désir de peindre (p51).

Mani qui apparaît, avec le recul des siècles, comme le véritable fondateur de la peinture orientale, lui dont chaque trait de pinceau allait faire naître en Perse et aussi en Inde, en Asie centrale, en Chine, au Tibet, mille vocations d’artiste. Au point que, dans certaines contrées, on dit encore  » un Mani «  quand on veut dire, avec des points d’exclamation,  » un peintre, un vrai.  » (p51).

(…) Mani poursuit son discours (p84) :

- …aux commencements de l’univers, deux mondes existaient, séparés l’un de l’autre : le monde de la Lumière et celui des Ténèbres. Dans les jardins de la Lumière étaient toutes les choses désirables, dans les ténèbres résidait le désir, un désir puissant, impérieux et rugissant. Et soudain, à la frontière des deux mondes, un choc se produisit, le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu. Les particules de Lumière se sont alors mêlées aux Ténèbres, de mille façons différentes, et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures, les corps célestes et les eaux, et la nature de l’homme… (p84).

Entre¨Pattig et Mani allaient se tisser les plus étranges rapports qui puissent se concevoir entre un père et un fils. Au fil des ans, une amitié allait naître et grandir, une affection réelle, profonde, mais qui ne devaient rien à leur lien de sang. Bien au contraire, elle se ferait en dépit de ce lien, et comme pour le nier. Patti serait, jusqu’à sa mort, un proche disciple de Mani, son plus fidèle compagnon de voyage, son auditeur le plus assidu (p91).

Les idéaux meurent pourtant de n’avoir pas été bafoués, c’est par les pudiques compromissions des maîtres, c’est par la trahison des disciples que les doctrines survivent et prospèrent au milieu  du monde et de ses princes (p216).

Chaque religion aura eu ses légions. Pas celle de Mani. S’était-il trompé d’âge? Se serait-il trompé de planète?( p216).

- Mani , fils de Pattig, en abandonnant la Religion Vraie qui était celle de tes ancêtres, tu t’es rendu coupable d’apostasie. En professant des idées novatrices qui ont perturbé les croyants, tu t’es rendu coupable d’hérésie. Deux crimes contre le Ciel (p241-242).

Mani fut livré au supplice des fers. Une lourde chaîne scellée autour du cou, trois autres autour du buste, trois à chaque jambe, et trois encore à chaque bras. Sans autre violence, ni sévices, ni cachot. Il était seulement retenu dans une cour dallée, près du poste de garde. Sous le poids, sa vie allait s’épuiser goutte à goutte. Ordre avait été donné de le nourrir pour qu’il survive plus longtemps. Pour qu’il souffre plus longtemps (p243).

Au quatorzième jour, les badauds s’étaient lassés et les fidèles s’assemblèrent nombreux (p246).

Au dix-septième jour, on crut la fin imminente, et les gardes laissèrent les fidèles s’approcher (p246).

Tout son visage s’était illuminé. Et ses paumes, ses doigts, sa gorge, son buste (p247).

- Passé l’instant d’incrédulité, chacun retrouve ses travers, ses habitudes. Et le tri s’opère entre les humains. Sans besoin de tribunal. Celui qui a vécu par la domination souffrira de ne plus être obéi ; celui qui a vécu dans l’apparence a perdu toute apparence ; celui qui a vécu pour la possession ne possède plus rien, sa main se ferme sur le néant. Ce qui était à lui appartient désormais à d’autres. Comme un chien au bout de sa laisse il hantera à jamais les lieux de son séjour terrestre, attaché. Mendiant ignoré là où il fut maître.

 » Les Jardins de Lumière appartiennent à ceux qui ont vécu détachés.  » (p247-248).

Au vingtième jour, il ordonna à ses fidèles de partir. Tous les hommes et les femmes jeunes, ceux sur lesquels pouvait s’abattre la persécution (p248).

Au vingt-sixième matin s’acheva le dernier acte de sa passion (p249).

Seules le veillaient encore des femmes aux cheveux gris (p249).

C’était en l’an 584 des astronomes de Babel, le quarantrième jour du mois d’Addar – pour l’ère chrétienne le 2 mars 274, un lundi (p249-250). (Sa mort)

Et, pour défier la mort, ses fidèles se jurèrent de ne plus l’appeler autrement que  » Mani-Hayy », Mani-le-Vivant, Termes devenus inséparables dans leurs récits comme dans leurs prières, au point que les Grecs n’entendront qu’un mot unique qu’ils transcriront « Manikhaios ». D’autres disant « Manichaeus » encore « Manichée (p251).

 » Je suis venu du pays de Babel, disait-il, pour faire retentir un cri à travers le monde.  » (p252).

Puis les bûchers firent leur oeuvre, consumant dans le même feu ténébreux ses écrits, ses icônes, les plus parfaits de ses disciples, et ces femmes altières qui refusaient de cracher sur son nom (p251).

DEFINITION :

Manichéisme : première religion syncrétique du Persan Mani, alliant à un fonds chrétien des éléments pris au bouddhisme et pour laquelle le Bien et le Mal sont deux principes fondamentaux égaux et antagonistes.

Se dit de toute conception dualiste du bien et du mal.

Manichéisme délirant, délire chronique sur le thème du Bien et du Mal.

On qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuance, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 26 Octobre 2011.background-2008_039.jpg


Archive pour octobre, 2011

LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF.

LEON L'AFRICAIN D'AMIN MAALOUF. dans Littérature 220px-Leo_africanus

Sebastiano Del Combo, vers 1520.

Léon l’Africain est un diplomate et explorateur d’Afrique du XVème-XVI ème siècle.

LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF, édition JC Lattès 1986.

Mohamed a épousé deux femmes Warda, une esclave de 16 ans qu’il a affranchie et sa cousine musulmane Salma de vingt et un an. Elles se retrouvent toutes les deux enceintes.

Salma devient la première épouse car elle lui donne un fils Hassan (Hassan Al-Wazzan). Warda accouche d’une fille Mariam.

Mohamed doit fuir avec sa famille de Grenade lors de l’arrivée de Ferdinand et d’Isabelle pour échapper à l’Inquisition. En effet, les musulmans d’Espagne doivent choisir entre la conversion ou l’exil. Il s’installe à Fès au Maroc, dans un hôtel d’abord, puis dans une Maison très modeste. 

Hassan et Mariam grandissent. Hassan suit des études de théologie dans plusieurs Madrasas de Fès et à Quaraouiyine. Son oncle maternel l’initie à la vie diplomatique en lui demandant de l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’empire de Songhai, l’Askia Mohammed Touré. Son oncle malade, il effectue la trasaction. Le souverain lui offre cinquante pièces d’or et une esclave de quatorze ans Hiba (p163). A Toubouctou elle devient sa maîtresse (p166-167). Elle lui demande de l’affranchir (p196).

Il ramène Hiba à son village qui l’aide en tant qu’ambassadeur (p212).

Hiba lui dit :  » Jusqu’ici tu m’as prise esclave. Aujourd’hui prends moi libre ! Une dernière fois !  » (p214). Et il doit la quitter.

Il épouse, en même temps, sa cousine Fatima, choisie par son oncle mourant et sa mère. Elle devint femme, inconsciente (p184-185).

Elle lui dit :  » Je t’ai déplu la nuit dernière. »

 » Ne veux tu pas visiter ma petite soeur. « 

Mariam, quant-à elle, doit épouser Zéraouali, un homme sans foi. Elle refuse. Ce dernier l’a fait enfermer dans un camp de lépreux alors qu’elle n’est atteinte d’aucun mal. L’ami très proche d’Hassan, Haroun le Portefaix, la sauve. Mais Haroun trouve Zéraouli sur sa route, le tue et l’enterre près de la maison où il habite avec la soeur d’Hassan. Il doit fuir avec elle.

Hassan est alors accusé de complicité par le Sultan. Il est condamné à l’exil pendant deux ans. C’est alors qu’il part vers le Caire où il vit ces deux années. Il y épouse la princesse Nour, Circassienne et Veuve de l’émir Aladin, prince et fils du Sultan d’Egypte (p254). Elle est mère déjà d’un fils Bayazid (p242) de ce dernier. Il est appelé un jour à régner (p243). En Egypte, Nour l’a caché chez sa nourrice car il est en danger. Une pension dérisoire lui est versée pour vivre (p234).

Hassan revient à Fès où il apprend la mort de Mohamed, son père et le départ de Warda. En effet cette dernière ne trouve plus sa place dans la famille. Elle préfère retourner auprès de sa famille d’origine.

Hassan repart à Constantine, puis en Egypte. Nour se retrouve enceinte et accouche d’une petite fille de Hassan.

Alger, ce n’était certes pas aussi grand qu’Oran ou Bougie, la cité n’aurait pas ouvertun seul quartier de Tlemcen, mais elle avait tout de même l’apparence d’une ville avec ses quatre mille feux, ses souks agencés, groupés par métiers, ses avenues bordées de belles maisons, ses étuves, ses hôtelleries et surtout ses splendides murailles, construites en grosses pierres, qui s’étendaient du côté de la plage en une vaste esplanade. (p252).

Hassan décide d’aller en pèlerinage à la Mecque. Nour et ses deux enfants de un an et quatre ans l’accompagnent. Il quitte la Mecque au bout d’un mois (p275) et arrive à Djerba. C’est alors qu’il se fait, en tant qu’érudit, enlever par des pirates Siciliens.

Hassan est donné en cadeau à Léon le dixième, souverain et pontife à Rome. Le souverain le traite comme son père (p282). Il le baptise. Hassan devient Jean-Léon de Médicis dit Léon l’Africain.

Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’Italien et au latin et enseigne l’arabe à Bologne. Il y rédige la célèbre « Description de l’Afrique ».

Léon l’Africain se marie avec Maddalena. Le pape s’enfuit précipitamment du palais du Vatican pour se réfugier au château Saint-Ange, que les troupes impériales assiègent. Dans la ville c’est le carnage. La renaissance romaine s’achève dans un bain de sang. Léon l’Africain veut rentrer auprès des siens. C’est là qu’il apprend la mort de sa mère (p320). Nour l’a aussi quitté pour faire valoir les droits de son fils, en lui laissant sa fille.

REPONSE DE LEON AU PAPE CLEMENT :

La religion n’aurait-elle pas été la meilleure des voies pour un homme de connaissance et d’érudition comme vous?(p318)

Parler de religion en présence de Sa Sainteté, c’est comme parler d’une fiancée en présence de son père(p318)

Si le chef de l’église ne m’écoutait pas, je dirais que la religion enseigne aux hommes l’humilité, mais qu’elle n’en a aucune elle-même. Je dirais que toutes les religions ont produit des saints et des assassins, avec une égale bonne conscience. Et que dans la vie de cette cité, il y a des années Clémentes et des années Adriennes, entre lesquelles la religion ne permet pas de choisir (p318).

Les musulmans apprennent que  » le meilleur des hommes est le plus utile des hommes « , mais, en dépit de telles paroles, il leur arrive d’honorer les faux dévots plus que les vrais bienfaiteurs (p318).

Une fois de plus, mon fils, je suis porté par cette mer, témoin de tous mes errements et qui à présent te convoie vers ton premier exil. A Rome tu étais  » le fils de l’Africain « , en Afrique, tu seras  » Le fils du Roumi « . Où que tu sois certains voudront fouiller ta peau et tes prières. Garde toi de flatter leurs instincts, mon fils, garde toi de ployer sous la multitude ! Musulman, juif ou chrétien, ils devront te prendre comme tu es, ou te perdre. Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre est vaste. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances. (p349).

 

JE CONCLUS QUE :

Léon l’Africain est homme d’Orient et d’Occident, homme d’Afrique et d’Europe.

L’amour est dans le livre d’Amin Maalouf universel.  

Dans chaque religion il y a du bon et du mauvais c’est à l’homme de faire les bons choix pour tracer le chemin de sa vie. Et dans ces dernières, de faux dévots se cachent que les croyants prennent à tort pour des bienfaiteurs.

 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 22 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

SAMARCANDE D’AMIN MAALOUF.

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SAMARCANDE ( Editions Jean-Claude Lattes-1988 ).

 

Samarcande c’est l’aventure d’un manuscrit né au XI ème siècle égaré et retrouvé des siècles plus tard. Il parle d’Omar Khayyam, l’un des plus grands écrivains et savant persan, qui serait né le 18 mai 1048 à Nichapour en Perse (Iran) et mort le 04 décembre 1131.

Ce livre c’est l’histoire d’un philosophe, d’un politique et d’un fanatique qui veut tout tout de suite.

Omar Khayyam grand intellectuel, poète, libre penseur, médecin, philosophe, astrologue, génie de la Perse parcourt les routes et arrive à Samarcande. Il s’y fait rouer de coups puis il est accusé d’être un alchimiste par ses tortionnaires devant Abou-Taher le grand juge alors que cette spécialisation est condamnée par la loi. Mais il est libéré, reconnu innocent par ce dernier, et accueilli en tant que savant.

Abou Taher lui demande de l’accompagner devant le Nasr Khan, le souverain. Il y retrouve Djahane une poétesse qui suit la cour.  Elle devient sa maîtresse et s’offre à lui dans sa maison. Elle a la même sensibilité mais lui est diamétralement opposée.

Un jour il  rencontre sur sa route Hassan Sabbah qui deviendra plus tard le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire.

Djahane est assassinée lors d’intrigues de la cour dont elle aimait contrairement à Omar participer. Omar la pleure mais doit fuir car accusé dans le complot. Il est condamné à mort. On doit venir l’emprisonner mais il est sauvé par Varta l’arménien et ancien garde du corps de Nizam-el-Molk, assassiné. Il quitte la maison qu’on lui avait donnée avec seulement son manuscrit, son écritoire, sa gourde et une bourse gonflée d’or (p136).

Il se met à errer sur les chemins. Varta devient son valet. Il est proche de lui et le suit (p135-136). Il lui avoue, un jour, qu’au départ, il a suivi Omar pour qu’il le conduise auprès d’Hassan, l’assassin de son Maître, qu’il voulait venger (p149) Mais il lui indique qu’il s’est attaché ensuite à lui sans avoir ensuite d’autre but.

Un soir, Omar voit que son manuscrit a été bougé dans sa cachette pendant son sommeil. Ce ne peut-être que les disciples d’Hassan. Une lettre d’Hassan Sabbah est glissée dans ce manuscrit où il lui demande de le rejoindre à Alamout. Omar s’y refuse. Il charge Varta de surveiller son manuscrit. Varta le lit.

Omar y a rédigé l’histoire de ce manuscrit, son enfance à Nichapour, sa jeunesse à Samarcande, sa renommée à Ispahan et ses rencontres (p151). Mais une nuit Varta est assassiné dans sa chambre et le manuscrit emporté (p151). Il est emporté sur le chemin d’Alamout, ce repère imprenable où se trouve Hassan et ses disciples.

Omar Kayyam est un adorateur de la vie. Il visite la Mecque s’y recueille et la décrit. En chemin des Lettrés l’interrogent sur l’astrologie, l’algèbre, la médecine, les questions religieuses. Puis il est traité de mécréant et d’hérétique où il se trouve et doit quitter précipitamment chaque ville. Il recherche alors de nouveaux mécènes.

Il continue son errance et écrit puis il décide de revenir à sa ville natale, Nichapour, pour y finir sa vie (p152). Il y meurt à l’âge de 84 ans.

Hassan mourut à l’âge de 80 ans. Les enfants de ses disciples devinrent réfractaires à ses directives. Le 4ème grand maître qui le remplaça fut appelé  » le Rédempteur « . Il redonna de la liberté à ses fidèles en leur disant qu’ils pouvaient profiter de tout (p156/157).

Les Mongols envahirent Alamout. Ils la détruisirent. Un homme était chargé de sauver les ouvrages les plus importants (p161).

CONCLUSION SUR DEUX DES PERSONNAGES PRINCIPAUX :

Hassan Sabba est le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire. Il sème la subversion sur les terres de l’islam avec ses disciples. Il leur apprend à tuer. Il leur fait espérer l’atteinte du paradis. Il les entraîne en permanence à tuer. Ils sont redoutés. 

Il pratique des excès au nom de la loi Coranique. Il tue ses deux fils, qui auraient enfreint la loi, chasse sa femme.

Omar Khayyam est un grand intellectuel, l’un des plus grands écrivains et savants Persan . Il se met en recul par rapport à la vie ordinaire. Il n’est pas matérialiste. Il refuse les honneurs et les fastes de la Cour. Il y trouve de la fausseté et la pollution de l’esprit.

Il tombe amoureux de Djahane, poétesse, qui a la même sensibilité que lui mais qui est tout son contraire, aimant les fastes et les largesses.

Il s’enrichit au contact de la nature, des individus et de ses lectures.  Il a trouvé une vérité, l’absurdité de la vie, son caractère choquant et irrationnel. Il aime la liberté par dessus tout.

Il ne se laisse jamais corrompre par le mal. Même en difficulté il s’éloigne d’Hassan Sabbah qui veut l’accueillir et le protéger.

Il retourne dans son village natal pour y mourir après de nombreuses années d’exil : la nostalgie des jours de l’enfance et une sorte de renaissance.

Omar dit (p148)  » Qu’y a-t-il de commun entre cet homme et moi? Je suis un adorateur de la vie, et lui un idolâtre de la mort. Moi, j’écris :  » Si tu ne sais pas aimer, à quoi te sert-il que le soleil se lève ou se couche?  » Hassan exige de ses hommes qu’ils ignorent l’amour, la musique, la poésie, le vin, le soleil. Il méprise ce qu’il y a de plus beau dans la Création, et il ose prononcer le nom du Créateur. Et il ose promettre le paradis ! Crois-moi, si sa forteresse était la porte du paradis, je renoncerais au paradis ! Jamais je ne mettrai les pieds dans cette caverne de faux dévots ! « 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 08 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009

AMIN MAALOUF ET LES IDENTITES MEURTRIERES.

LA VIE DE AMIN MAALOUF. 

Amin Maalouf est un écrivain franco-libanais né le 25 février 1949 à Beyrouth. Il passe son enfance en Egypte où son grand-père maternel s’est installé. Puis il revient à Beyrouth avec sa famille. Son père est journaliste, poète et écrivain. Ses ancêtres se sont convertis au protestantisme au XIXème siècle.

Il suit des études primaires à Beyrouth dans une école française de pères jésuites. Puis il étudie la sociologie et les sciences économiques.

Il épouse une éducatrice Andrée en 1971 avec laquelle il aura 3 enfants. En 1975, la guerre civile éclate au Liban, il arrive avec sa famille en France en 1976 et s’y installe.

Il obtient le prix Goncourt pour Le Rocher de Tanios en 1993.

En 2007-2008, il partage un groupe de réflexion mandaté par la Commission européenne sur le multilinguisme.

Il obtient pour les Identités meurtrières  en 1999, le prix européen de l’essai Charles Veillon. Amin Maalouf s’interroge sur cette notion cruciale d’identité et nous invite à un humanisme ouvert qui refuse à la fois l’uniformisation planétaire et le repli sur la « tribu ».

LES IDENTITES MEURTRIERES. (Edition Grasset et Fasquelle 1998). 

QUELQUES CITATIONS. 

 » Je (Amin Maalouf) suis né au Liban que j’y ai vécu jusque l’âge de 27 ans (…) Je vis depuis vingt-deux ans sur la terre de France, je bois son eau et son vin (…) ( p7 et 8).

Moitié français  donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées. Je n’ai pas plusieurs identités, j’en ai une seule, faite de tous les éléments qui l’ont façonnée, selon « un dosage  » particulier qui n’est jamais le même d’une personne à l’autre. (p8).

En raison même de cette situation, que je n’ose appeler  » privilégiée « , ils (les êtres frontaliers en quelque sorte) ont un rôle à jouer pour tisser des liens, dissiper des malentendus, raisonner les uns, tempérer les autres, aplanir, raccommoder… Ils ont pour vocation d’être des traits d’union, des passerelles, des médiateurs entre les diverses communautés, les diverses cultures.  Et c’est  justement pour cela que leur dilemme est lourd de signification : si ces personnes elles mêmes ne peuvent assumer leurs appartenances multiples, si elles sont constamment mises en demeure de choisir leur camp, sommer de réintégrer les rangs de leur tribu, alors nous sommes en droit de nous inquiéter sur le fonctionnement du monde (p11).

Les appartenances qui comptent dans la vie de chacun ne sont d’ailleurs pas toujours celles, réputées majeures, qui relèvent de la langue, de la peau, de la nationalité, de la classe ou de la religion (p20).

Il y aurait, là encore, des dizaines d’exemples pour illustrer la complexité – parfois souriante, souvent tragique – des mécanismes de l’identité (…) surtout ceux qui concernent la région d’où je viens- le Proche-Orient, la Méditerranée, le monde arabe, et d’abord le Liban. Un pays où l’on est constamment amené à s’interroger sur ses appartenances, sur ses origines, sur ses rapports avec les autres, et sur la place qu’on peut occuper au soleil ou à l’ombre (p21).

Tant il est vrai que ce qui détermine l’appartenance d’une personne à un groupe donné, c’est essentiellement l’influence d’autrui ; l’influence des proches – parents, compatriotes, coreligionnaire – qui cherchent à se l’approprier, et l’influence de ceux d’en face, qui s’emploient à l’exclure (p33).

Ce sont les blessures qui déterminent à chaque étape de la vie, l’attitude des hommes à l’égard de leurs appartenances, et la hiérarchie entre celle-ci (p34).

L’identité d’une personne n’est pas une juxtaposition d’appartenances autonomes, ce n’est pas un  » patchwork « , c’est un dessin sur une peau tendue; qu’une seule appartenance soit touchée, et c’est toute la personne qui vibre (p34).

Puis des idées nouvelles ont lentement réussi à s’imposer : l’idée que tout homme avait des droits qu’il fallait définir et respecter; (…) (p43).

Si nos contemporains ne sont pas encouragés à assumer leurs appartenances multiples, s’ils ne peuvent concilier leur besoin d’identité avec une ouverture franche et décomplexée aux cultures différentes, s’ils se sentent contraints de choisir entre la négation de soi-même et la négation de l’autre, nous serons entrain de former des légions de fous sanguinaires, des légions d’égarés (p44).

Beaucoup ont quitté leur terre natale, et beaucoup d’autres, sans l’avoir quittée, ne la reconnaissent plus. Sans doute est-ce dû, en partie, à une caractéristique permanente de l’âme humaine naturellement portée sur la nostalgie; mais c’est également dû au fait que l’évolution accélérée nous a fait traverser en trente ans ce qu’autrefois on ne traversait qu’en de nombreuses années (p47).

Parallèlement les sentiments qu’on éprouve envers le pays d’accueil ne sont pas moins ambigus. Si l’on y est venu, c’est parce qu’on y espère une vie meilleure pour soi-même et pour les siens ; mais cette attente se double d’une appréhension face à l’inconnu – d’autant qu’on se trouve dans un rapport de forces défavorable; on redoute d’être rejeté, humilié, on est à l’affût de toute attitude dénotant le mépris, l’ironie, ou la pitié (p48).

C’est dans cet esprit que j’aurais envie de dire  » aux uns  » d’abord :  » Plus vous vous imprégnerez de la culture du pays d’accueil, plus vous pourrez l’imprégner de la vôtre « ;  puis  » aux autres  » :  » Plus un immigré sentira sa culture d’origine respectée, plus il s’ouvrira à la culture du pays d’accueil.  » (p51).

(…) Si j’adhère à mon pays d’adoption, si je le considère mien, si j’estime qu’il fait partie de moi et que je fais partie de lui, et si j’agis en conséquence, alors je suis en droit de critiquer chacun de ses aspects; parallèlement, si ce pays me respecte, s’il reconnait mon apport, s’il me considère avec mes particularités, comme faisant désormais partie de lui, alors il est en droit de refuser certains aspects de ma culture qui pourraient être incompatibles avec son mode de vie ou avec l’esprit de ses institutions (p52).

Aucune religion n’est dénudée d’intolérance, mais si l’on faisait le bilan de ces deux religions  » rivales  » on constaterait que l’islam ne fait pas si mauvaise figure (p67).

On aura compris que je ne souscris pas à l’opinion commune, si répandue en Occident, qui voit commodément dans la religion musulmane la source de tous les maux dont souffrent les sociétés qui s’en réclament (p71).

Pour qu’un changement soit accepté, il ne suffit pas qu’il soit conforme à l’esprit du temps. Il faut aussi qu’au niveau des symboles il ne heurte pas, qu’il ne donne pas à ceux qu’on incite au changement l’impression de se renier (p85).

Lorsqu’ils parlent avec un Occidental, c’est toujours dans sa langue à lui, presque jamais dans la leur; au sud et à l’est de la Méditerranée, on trouve des millions de personnes capable de parler l’anglais, le français, l’espagnol, l’italien. En face, combien d’anglais, de Français, d’Espagnols, d’Italiens ont jugé utile d’étudier l’arabe ou le turc? (p87).

Mais on ne peut nier non plus que le modèle occidental, en dépit de son triomphe, en dépit du fait qu’il étend son influence sur l’ensemble des continents, se perçoit comme un modèle en crise, incapable de résoudre les problèmes de pauvreté dans ses propres métropoles, incapable de s’attaquer au chômage, à la délinquance, à la drogue, et à maints fléaux. C’est d’ailleurs l’un des paradoxes les plus déroutants de notre époque que le modèle de société le plus attrayant, celui qui a terrassé tous les autres, doute profondément de lui-même (p101).

S’agissant du  » vent  » de la mondialisation (…) il serait absurde de chercher à l’entraver; mais si l’on navigue habilement, en gardant le cap et en évitant les écueils, on peut arriver  » à bon port  » (p113).

Ce qui me donne à penser que l’évolution actuelle pourrait favoriser, à terme, l’émergence d’une nouvelle approche de la notion d’identité. Une identité qui serait perçue comme la somme de toutes les appartenances, et au sein de laquelle l’appartenance à la communauté humaine prendrait de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir un jour l’appartenance principale, sans pour autant effacer nos multiples appartenances particulières (…) (p115).

De fait, nous sommes infiniment plus proches de nos contemporains que de nos ancêtres (p117).

En somme, chacun d’entre nous est dépositaire de deux héritages : l’un,  » vertical « , lui vient de ses ancêtres, des traditions de son peuple, de sa communauté religieuse; l’autre  » horizontal  » lui vient de son époque, de ses contemporains (p119).

Il ne s’agit pas de nier l’influence souvent décisive de notre héritage  » vertical « . Il s’agit surtout à ce stade, de mettre en lumière le fait qu’il y a un fossé entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être (p119).

Nous traversons, en effet, une époque fort déconcertante, au cours de laquelle la mondialisation apparaît aux yeux d’un grand nombre de nos semblables non comme un formidable brassage enrichissant, pour tous, mais comme une uniformisation appauvrissante, et une menace contre laquelle il faut se battre pour préserver sa propre culture, son identité, ses valeurs ( p120).

Car la mondialisation nous entraîne, d’un même mouvement, vers deux réalités opposées, l’une à mes yeux bienvenue, l’autre malvenue, à savoir l’universalité et l’uniformité (p121).

(…) il faut tendre vers l’universalité, et même, s’il le faut, vers l’uniformité, parce que l’humanité, tout en étant multiple, est d’abord une (p125).

Il me semble également que chacun d’entre nous, s’il sait user de moyens inouïs qui sont aujourd’hui à sa portée, peut influencer de manière significative ses contemporains (p132).

Ma réflexion part d’une constatation : lorsqu’une société voit dans la modernité  » la main de l’étranger  » elle a tendance à la repousser et à s’en protéger (p139).

L’identité est d’abord une affaire de symboles (p140).

Chacun d’entre nous a besoin de ce lien identitaire puissant et rassurant (p154).

(…) Qu’une bonne connaissance de l’anglais soit aujourd’hui nécessaire si l’on désire communiquer avec l’ensemble de la planète, c’est une évidence qu’il serait vain de contester; mais il serait tout aussi vain de prétendre que l’anglais est suffisant. Même s’il répond parfaitement à certains de nos besoins actuels, il y en a d’autres auxquels il ne répond pas; notamment le besoin d’identité… (p159).

Préserver sa propre langue identitaire, ne jamais la laisser à la traîne, pour que ceux qui la parlent ne soient pas contraints à s’en détourner s’ils veulent avoir accès à ce que leur propose la civilisation d’aujourd’hui; (…) (p163).

Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à concevoir son identité comme étant la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre en une seule, érigée en appartenance suprême, et en instrument d’exclusion, parfois en instrument de guerre (p183).

(…) il faudrait faire en sorte que personne ne se sente exclu de la civilisation commune qui est entrain de naître, que chacun puisse y retrouver sa langue identitaire et certains symboles de sa culture propre, que chacun, là encore, puisse s’identifier, ne serait-ce qu’un peu, à ce qu’il voit émerger dans le monde qui l’entoure, au lieu de chercher refuge dans un passé idéalisé (p188).

ANALYSE DES IDENTITES MEURTRIERES. 

Dans les Identités meurtrières, Amin Maalouf indique que l’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit, ni par moitié, ni par tiers mais qu’elle est faite de tous les éléments qui l’ont façonné et qui rassemblés ne donnent pas la même identité d’une personne à l’autre (p7).

Il constate qu’une communauté humaine dès qu’elle se sent humiliée ou menacée produira des meneurs qui commettront des atrocités (p37). Ceux qui pourront assumer pleinement leur diversité serviront de  » relais  » entre les diverses communautés, les diverses cultures (p11). Si ces derniers ne peuvent pas l’assumer, ils se trouveront dans ceux qui sont remplis de haine car ils auront espéré une vie meilleure pour eux et pour leur famille (p48). Ils se sentiront trahis par la patrie d’accueil et cela débouchera sur une frustration et des contestations brutales.

Par ailleurs, ceux qui s’imprègneront de la culture du pays d’accueil pourront en contre partie l’imprègner de leur culture (p51). Plus un émigré sentira sa culture d’origine respectée, plus il s’ouvrira à la culture du pays d’accueil (p51).

Aucune religion n’est dénudée d’intolérance, voir le christianisme des siècles passés. Si l’on faisait le bilan de l’islam, ce dernier ne ferait pas si mauvaise figure (p67). La religion musulmane n’est pas la représentation de tous les maux des sociétés qui s’en réclament (p71). Si les musulmans du tiers monde s’en prennent violemment à l’Occident, c’est parce qu’ils sont pauvres, dominés et que l’Occident est riche et puissant (p76).

Lorsque la civilisation de l’Europe Chrétienne a pris l’avantage, toutes les autres religions se sont mises à décliner parce que l’humanité avait désormais les moyens techniques d’une domination planétaire (p83).

Quand les non occidentaux parlent avec un Occidental, c’est toujours dans sa langue. Combien d’Anglais, de Français, d’Espagnols, d’Italiens ont-ils jugé utile d’étudier l’arabe ou le Turc ? (p87).

En faisant état de toutes les circonstances qui conduisent les jeunes du monde musulman à s’enrôler dans des mouvements religieux, on ne peut ressentir qu’un profond malaise (p102). L’avenir n’est écrit nulle part, l’avenir c’est nous qui le feront (p113). Il convient que le monde dissocie la religion et la spiritualité du besoin d’appartenance (p110).

S’agissant du vent de la mondialisation, il ne faut pas l’entraver (p113). Mais les multiples appartenances particulières ne doivent pas être effacées par l’appartenance principale (p114/115).

Chacun de nous est dépositaire de deux héritages : l’un vertical lui vient de ses ancêtres, des traditions de son peuple et de sa communauté religieuse, l’autre l’horizontal lui vient de ses contemporains (p119). Il ne s’agit pas seulement de l’influence de l’héritage vertical, il s’agit surtout de mettre en lumière le fait qu’il n’y a qu’un fossé entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être (p119).

La mondialisation nous entraîne d’un même mouvement vers deux réalités opposées, à savoir l’universalité et l’uniformité (p120).

Un changement accepté ne doit pas seulement être conforme à l’esprit du temps. Il faut aussi qu’au niveau des symboles, il ne heurte pas, qu’il ne donne pas à ceux qu’on incite au changement l’impression de se renier (p85). L’identité est d’abord une affaire de symboles et d’appartenance (p140).

Une bonne connaissance de l’Anglais est aujourd’hui nécessaire si l’on désire communiquer avec l’ensemble de la planète, on ne peut le contester (p159). Mais pour tout être humain la langue identitaire doit-être conservée (p154). Chacun a besoin de ce lien identitaire et rassurant (p154).

Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à conserver son identité, comme étant la somme de ses diverses appartenances au lieu de la confondre avec une seule érigée en appartenance suprême. 

Il convient de faire qu’en sorte personne ne soit exclu de la civilisation commune qui est entrain de naître (p187).

Ecrit et publié par Chantal Flury le 07 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

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