LA ROSE DE BLIDA de YASMINA KHADRA.

220px-Yasmina_Khadra_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2   LA ROSE DE BLIDA collection dirigée par Bertrand Louët ( Hatier).livre_0201 dove3Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara Algérien.

Il suit des études dans un lycée militaire. Il entre dans l’armée Algérienne, en tant qu’officier. Il est responsable de la lutte contre l’AIS puis le GIA.

Dans  » La rose de Blida » Mohammed Moulessehoul mis dans l’école militaire  » des cadets » en Algérie tombe platoniquement amoureux d’une jeune femme inconnue d’environ 30 ans. Il l’aperçoit à sa sortie de prison où il a été enfermé pour insubordination. Frêle, l’air juvénile, elle le séduit dès son premier regard sans qu’il comprenne ce qui se passe.

  Le fils de cette femme , Fouad, arrive dans son école et il va jusqu’à Blida pour lui apporter une lettre que ce dernier a écrite à sa mère. Hélas à son arrivée le capitaine de l’école est là et il doit rebrousser chemin. Son fils pense alors qu’il lui a menti et se met à l’ignorer.

Fouad  à la rentrée des classe n’est plus là et Mohammed décide donc de retourner à Blida en auto- stop pour revoir cette femme. Mais la maison est vide. La voisine lui apprend que le père est revenu chercher sa femme et son enfant et qu’ils sont partis pour la France.

Quarante ans après, étant en France, il est absolument certain qu’il la reconnaîtra tout de suite en la croisant dans la rue. Son coeur est toujours sensible à son image alors qu’il ignore tout d’elle.

Ce livre est une autobiographie de l’auteur.

Extraits dove3:livre_0201 La première fois que je l’ai vue je sortais de la prison de l’école, ma couverture enroulée sous l’aisselle et mon oreiller sous l’autre bras ( p 12).

Elle devait avoir dans la trentaine mais en paraissait beaucoup moins avec ses traits juvéniles et sa silhouette frêle, et ce regard lointain qui semblait puiser son éclat au fin fond de l’horizon ( p 12).

Pendant deux mois je ne savais plus quelle porte prendre pour aller à l’air libre( p 12) (…)

Bordel ! paniqua le caporal ! C’est le capitaine. Retourne dans ta cellule jusqu’à ce que je vienne te chercher ( p 15).

Lorsqu’il revint me chercher, la Peugeot 403 avait disparu emportant avec elle la féérie de tout à l’heure ( p 15).

En réalité je me sentais mal dans ma peau depuis que j’avais entrevu cette dame au sortir de la prison scolaire ( p 17).

Cela faisait maintenant cinq ans que j’étais enfermé dans cet internat particulier – L’école des Cadets;une école militaire conçue pour recueillir les orphelins de la guerre d’indépendance et à laquelle mon père, officier, m’avait confié pour que j’apprenne le métier des armes et embrasse une longue carrière de commandeur et de héros de la nation. ( p 18- p 19).

Le week-end, quand il m’arrivait, contre toute attente, de bénéficier d’une permission de trente six heures, je passais une éternité à m’astiquer devant un miroir (…) ( p 20).

T’es pas bien du tout, Mo. J’aime pas ton regard ( p 23).

Il faut te ressaisir Mo, me suppliait 53 ( p 24 ).

Je sais mais j’y peux rien. Je veux savoir qui elle est , où elle habite… Je veux la revoir. Peut-être qu’après tout rentrera dans l’ordre( p 24).

Tu disais qu’elle avait la trentaine ( p 24).

53 continuait de me raisonner; je l’écoutais ( p 25).

Le jour où tu l’as vue, elle venait de confier son rejeton à notre école ( p 28).

Il m’avait fallu des jours et des nuits pour familiariser Fouad Sid Tami avec ma silhouette, et des semaines pour pouvoir l’approcher ( p 31).

On dit que l’école des Cadets a été conçue pour recueillir les orphelins de la guerre ( p 33). J’ai pas de parents, trancha- t -il ( Fouad). Tu as une maman ( Mo) ( p 33).

En regagnant le dortoir, je vis de la lumière au fond du bloc scolaire ( p 36). Une lettre… Je suis en train d’écrire une lettre pour ma mère ( p 36).

Je ne tiendrai pas jusqu’aux vacances, gémit-il. Il faut que ma mère sache que je ne suis pas bien dans cette foutue caserne ( p 37 ) (…)

Si tu veux je peux l’apporter en mains propres à ta mère (…) ( p 58 ).

Un paysan accepta de me transporter sur son tracteur jusqu’à la route bitumée ( p 39 )

. J’arrivai au numéro 13… Quel ne fut mon choc quand je reconnus la 403 noire du capitaine garée devant l’entrée ( p 41 ).

A la fin de la semaine, malgré la sanction qui pesait encore sur moi, je fis le mur et me rendis à Blida en auto-stop ( p 46 ).

Pourquoi personne ne me répond pas ? lui demandai-je en me remettant à tripoter le carillon du numéro 13 ( p 45 ).

C’est que la maison est vide. Le papa est ,revenu. Il a pris sa femme est son gosse et tous les trois sont partis en France ( p 46).

Bien sûr entre deux évocations, il m’arrive d’en rire aux larmes et pourtant, lorsque le rire s’essouffle les larmes voilent longtemps après mon regard ( p 47 ).

Souvent lorsque je parcours la France à la rencontre de mon lectorat, alors je découvre de nouveaux visages dans les salles qui m’accueillent, je me surprends à chercher celui de Hawa ( p 47 ).

L’espace d’une fraction de seconde, aussi absurde que cela puisse paraître, mon coeur frémit plus fort que d’habitude, et je m’entends me demander… et si c’était elle ? ( p 47 ).

 

Analyse et extraits publiés par Chantal Flury le 13 Novembre 2015.background-2008_039_thumb


Archives pour la catégorie Littérature

LES HIRONDELLES DE KABOUL de YASMINA KHADRA.

Yasmina Khadra au Salon du livre de Paris en mars 2010.

Editions Julliard, Paris, 2002.

LES HIRONDELLES DE KABOUL. 

Atiq Shaukat, moudjahid, ramasse son turban et sa cravache (p123). Il est gardien de la geôle de Kaboul. Il veille sur les condamnées, par exemple sur une femme qui a commis un adultère qui doit être exécutée pour prostitution (p18). Il laisse rentrer deux miliciennes en tchadri qui viennent la chercher pour cette exécution publique. Elle va être lapidée.

La femme d’Atiq, Mussarat a un cancer, souffre et va bientôt mourir. Ils se disputent souvent.

 » Surprise par la violence de son époux et achevée par ses propos, Mussarat s’affaisse par terre, les mains autour de sa gorge meurtrie, les yeux exorbités d’incrédulité.  » (p123).

Mohsen, dans ce monde de l’intégrisme, a perdu ses repères et il ramasse lors de l’exécution trois pierres mis à la disposition du public sanguinaire. Il touche le front de la condamnée avec la dernière pierre et une tâche rouge apparaît. Il réalise d’un seul coup son geste et est tout retourné d’avoir ainsi participé à la mort d’une femme. Pendant ce temps, les talibans veillent.

 » Je ne sais ce qui m’a pris. C’est arrivé si vite. Comme si la foule m’avait ensorcelé. Je ne me rappelle pas comment j’ai ramassé les pierres. Je me souviens seulement que je n’ai pu m’en défaire, qu’une rage irrésistible s’est emparée de mon bras… Ce qui m’épouvante et m’afflige en même temps, c’est que je n’ai même pas essayé de résister. « (p3).

Enterrée jusqu’aux genoux pour se tenir droite, bâillonnée, sa mort n’a duré qu’une minute.

Les femmes ici sont couvertes et non vues pour ne pas déshonorer leurs époux. Elles sont considérées comme des êtres malsains et pervers que l’on doit surveiller et mettre à l’écart des autres hommes.

Moshe parle à sa femme Zunaira qui est très belle, de son intervention à l’exécution. Elle le rejette alors dégoûtée. Il lui demande de sortir avec lui. Elle enfile alors, ancienne avocate qui a connu la liberté à kaboul, son tchadri, à l’obscurité grillagée, à contre coeur. Dans la rue, elle est mise à l’écart, en plein soleil, par un sbire qui contraint Moshe à aller prier à la mosquée. Il a dû s’y soumettre. A son retour; affligée Zunaira se refuse totalement à lui.

 » (…) L’Occident a péri, il n’existe plus. Le modèle qu’il proposait aux nigauds a failli. C’est quoi ce modèle? C’est quoi au juste ce qu’il considère comme une émancipation, une modernité ? Les sociétés amorales qu’il a mises sur pied, où le profit prime, où les scrupules, la pitié, la charité compte pour des prunes, où des valeurs sont exclusivement financières, où les riches deviennent tyrans et les salariés des forçats, où l’entreprise se substitue à la famille pour isoler les individus afin de les domestiquer puis de les congédier sans autre forme de procès, où la femme se complaît dans son statut de vice, où les hommes se marient entre eux, où la chair se négocie au vu et au su de tous sans susciter la moindre réaction, où des générations entières sont parquées dans des existences rudimentaires faites d’exclusion et d’appauvrissement ? (…) « (p75)

Moshe essaye, en vain, de la faire venir dans sa couche. Alors cette dernière le pousse. Moshe glisse, tombe à la renverse, sa tête heurte une saillie dans la paroi et il se tue. (p103).

Arrêtée, Zunaira, plus belle que le ciel, est conduite à la geôle d’Atiq. Ce dernier, en la voyant sans voile, en tombe immédiatement amoureux. Il rentre chez lui et éprouve le besoin d’en parler à sa femme. Cette dernière se rend compte que son mari aime enfin…Se sachant condamnée par la maladie, elle lui propose de prendre sa place.

 » Tu es entrain de vivre les seuls moments dignes d’être vécus… En amour même les fauves deviennent divins… » (p131).

Zunaira que l’on croit être sa femme, attend dans le bureau d’Atiq. Quassim Abdul Jabbar arrive en 4 fois 4. Il est suivi d’un mini bus. Il pénètre dans la maison d’arrêt. Atiq a peur, a froid.  Deux miliciennes arrivent (p135).  La prisonnière est devant elles. Il dit à Quassim que son épouse est dans le bureau. L’échange entre les deux femmes a été fait. Quassim propose que sa femme se joigne à ses soeurs et ses femmes dans ce mini bus (p137).

D’autres exécutions ont lieu ce jour là. Un homme par exemple, ligoté à genoux, a la gorge tranchée (p139).  La prisonnière est emmenée au milieu de la pelouse pour l’exécution. un coup de fusil à l’arrière du crâne part (p139).

Lorsque Attiq revient à lui, Zunaira a disparu.

 » Atiq regarde autour de lui, il se rend compte qu’il n’y a plus personne sur la place. Hormis le ciel chargé de poussière et le portail du stade grand ouvert, c’est le silence; un silence misérable, profond comme un abîme. Atiq regarde autour de lui, incrédule, complètement désorienté; il est bel et bien seul.  » (p141).

Atiq devient fou. Il part dans la rue et croit reconnaître dans toutes les femmes qui passent Zunaira. Il va au cimetière et s’écroule devant la tombe de son épouse. Puis il court dans la rue et veut retirer à toutes les femmes leur tchadri pour reconnaître Zunaria. Une avalanche de cravaches, savates, cravaches pleuvent sur lui. Il s’effondre et s’écroule dans le noir (p148).

Quel espoir est-il permis à Kaboul ?

Ecrit et publié par Chantal Flury le 29 Novembre 2011.background-2008_039.jpg

CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT de YASMINA KHADRA.

Editions Julliard, Paris. 2008.

Yasmina Khadra au Salon du livre de Paris en mars 2010.

SA VIE . 

 

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 à Kenadsa, dans le Sahara Algérien.

Il suit des études dans un lycée militaire. Il entre dans l’armée Algérienne, en tant qu’officier. Il est responsable de la lutte contre l’AIS puis le GIA.

CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT.  

Dans l’Algérie des années 1930, Younes fuit avec ses parents et sa soeur, le village de ses ancêtres. Son père a hypothéqué ses biens et il a tout perdu à la suite de mauvaises récoltes… La dernière a même été brûlée par malveillance.

 » Notre chien nous suivait de loin, le profil bas. Il s’arretait de temps en temps au sommet d’un tertre, se mettait sur son postérieur pour voir s’il était capable de tenir le coup jusqu’à ce que nous ayons disparu, puis il bondissait sur la piste et se dépêchait de nous rattraper, le museau raclant le sol. Son allure ralentissait au fur et à mesure qu’il gagnait du terrain puis, de nouveau, il s’écarait de la piste et s’arrêtait, malheureux et désemparé. Il devinait que là où nous nous rendions, il n’avait pas de place.Mon père le lui avait signifié en lui jetant des pierres au sortir du patio.  » (p19)

Younes arrive à Oran chez son oncle. Ce dernier trouve un logement à sa famille à Jenane Jato, un quartier touché par la misère et sordide. Son père travaille dur pour remonter la pente et faire des économies. Mais il est abusé par un voyou et se fait dépouiller l’argent mis de côté.

Son père décide alors de le laisser à son oncle qui a demandé à son frère plusieurs fois de l’adopter. Jusque là il a toujours refusé. En effet, son oncle n’a pas d’enfants et c’est un rêve pour leur couple d’en élever un. Cet oncle est pharmacien à Oran. Il va donc élever Younes et lui permettre de faire des études. Adopté il change de nom et devient Jonas.

Jonas n’a plus de lien avec ses parents et sa soeur. Il vient juste en cachette pour les voir et leur propose de l’argent. Un jour, il aperçoit son père qui est jeté d’un café dans un caniveau. Il a bu. C’est la dernière fois que Jonas le verra.

Sa nouvelle famille quitte Oran pour Rio Salado (p207). Son oncle vend sa pharmacie à Oran et en achète une autre ici. Jonas y grandit, aime ce lieu. Il y rencontre des amis fidèles. Il s’y intègre à la communauté pied-noire. Il noue des amitiés indissolubles, françaises et juives. Il a son premier amour avec Madame Cazenave, une femme plus âgée.

Puis il rencontre Emilie, sa fille, que les jeunes gens se disputent. Emilie est une « princesse ». En arrivant un jour  à la pharmacie, sa mère lui indique que sa fille est amoureuse de lui. Mais elle  lui fait promettre que compte tenu de leur liaison, il n’aura jamais de lien amoureux, ni de mariage avec elle. Jonas le lui jure.

Tout autour, des Français régissent la ville, dans l’abondance et à côté des Algériens souffrent. Ils n’ont pas d’instruction et les Français les traitent comme des esclaves. Jonas leur porte parfois secours financièrement.

Emilie déclare à Jonas son amour qu’il rejette. Par dépit et effondrée, elle épouse Simon, son meilleur ami.

Mais l’Algérie coloniale vit sa dernière splendeur. Des violences, des déchirures et des trahisons se déchaînent. Les amitiés se disloquent et s’entrechoquent.

Jonas aide à soigner, dans le secret, un combattant de l’ombre qui est blessé avec les médicaments qu’il vend en pharmacie, au péril de sa vie et de celle de sa mère adoptive.

Il essaye de parler à Emilie dont le mari vient d’être tué et sa maison brûlée dans cette révolte.

 » Les fellagas. Ils ont égorgé Simon et mis le feu partout. Le temps d’arriver ils étaient partis (…)  » (p344).

Mais elle le rejette à son tour. Elle part alors vivre à Oran. Jonas va la retrouver mais elle lui tourne le dos.

Les Français doivent quitter l’Algérie. Emilie est partie maintenant à Marseille. Jonas la recherche encore. Il la trouve mais elle refuse son aide. Il retourne donc en Algérie…

 » Ce n’est la faute de personne Younes. Tu ne me dois rien. Le monde est ainsi fait, c’est tout. Et il ne me tente plus. » (p 408).

Jonas revient à Marseille. Emilie est morte. Elle lui a laissé un coffret, post mortem, lui demandant de lui pardonner ce qu’elle lui a dit. Elle n’a jamais oublié son amour d’enfance. Il sème le reste de la rose cueillie pour elle et glissée dans le livre d’Emilie, il y a soixante-dix ans sur sa tombe.

Emilie dans cette lettre lui avoue qu’après l’avoir vu, elle l’avait attendu plusieurs jours. Il se sent alors peiné mais serein de savoir qu’elle l’a toujours aimé.

Jonas se réconcilie alors avec tous ses amis vivants. Il les retrouve et les invite.  Puis il rentre à Rio Salado où il a fondé depuis une famille. Sa femme est depuis morte mais il doit marier son petit fils dans trois jours (p437)…

Ecrit et publié par Chantal Flury le 28 Novembre 2011.background-2008_039.jpg 

 

 

 

 

LE PERIPLE DE BALDARASSE D’AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009 

Edition Grasset et Faquelle 2000.

«  Il revient à l’homme d’habiller la femme qu’il déshabille et de parfumer celle qu’il enlace. Comme il lui revient de défendre au péril de sa vie le pas fragile qui s’est attaché au sien « 

Amin Maalouf.

Le Périple de Baldarasse.

LE PERIPLE DE BALDARASSE. 

Baldarasse Ambriaco génois d’Orient est Génois d’Orient et négociant en curiosités. Il vit dans la prospérité. Il apprend l’existence d’un livre, le centième nom, qui est censé apporter le salut au monde. Mais il ne croit pas vraiment à l’existence de ce livre.

Ce livre légendaire s’intitule, le dévoilement du nom caché mais on l’appelle plus communément Le Centième nom. L’auteur nous rappelle que dans le Coran sont indiqués les quatre-vingt-dix-neuf noms de dieu, certains préfèrent dire les épithètes. L’auteur du Le centième nom, serait  Abou-Maher al Mazandarani. (p26)

Un jour, Baldarasse avait reçu du vieil Idriss, un mendiant, en offrande pour sa gentillesse envers lui ce livre. Il lui avait payé hors de son prix, le voyant dans la difficulté, un livre de poésies arabes, assez médiocre. Ce livre prédisait que l’année 1666 qui arrive serait   » l’année de la bête », l’apocalypse. Mais Baldarasse, l’avait cédé à un chevalier émissaire de la cour de France, le chevalier Hugues de Marmontel, sur son insistance. Il lui paya 1500 maidins, un prix exorbitant. (p32)

Baldarasse le regrettait et se sentait obligé de partir à la recherche de ce livre. Il partit donc sur les routes le 24 Aout 1665, avec ses deux neveux  Habib, Jaber et son commis Hatem. Il décida d’aller à Tripoli avant que le chevalier de Marmontel appareille sur son vaisseau et lui demander de pouvoir le recopier.

Marta, une jeune femme du village, délaissée et ruinée par son jeune mari et qui depuis a disparu, les rejoint.

Le 05 Octobre, Baldarasse attrape lors de son voyage une grosse fièvre et manque de mourir. C’est la présence de Marta auprès de lui qui le rappelle à la vie. Elle devient sa maîtresse. En arrivant à Tripoli, il apprend la mort du chevalier de Marmontel dont le bateau a fait naufrage. Le livre est censé avoir disparu lors de ce naufrage. Mais déjà ce n’est plus le livre que le marchand cherche mais le nom caché de Allah, contraction de  » Al-ilah  » qui veut simplement dire,  le dieu. Il y a dans ce livre peut-être un autre nom, un nom intime qu’Alah a confié seulement à ceux qui méritent de le connaître et non au commun des mortels.

Baldarasse précise que c’est parce que ses aïeux ont toujours pris des femmes génoises qu’ils ont pu préserver leur langue, leurs coutumes et leur attachement à la terre première.

Il se rend au Palais du Sultan pour obtenir le papier qui rendrait Marta, femme libre, libérée de son époux parti et maintenant disparu. Certains le disent mort. Il ne peut que dans cette condition revenir au pays avec elle. (p133). Depuis l’âge de vingt ans, il est veuf d’une jeune femme, Elvira.

Mais il perd Marta et l’enfant qu’elle porte de lui. En effet son mari qui est en fait vivant la retrouve à Ghio. Il se fait emprisonner en voulant libérer Marta du joug de son mari et laisse ses deux neveux et son commis seul. Puis Baldarasse repart à Londres  pour la recherche du Centième nom.

Il apprend qu’il est possédé par Le Chapelain qui l’a acheté auprès de Weeler, un marchand comme lui. Ce dernier qu’il rencontre,  lui propose un marché, de traduire le livre de l’arabe en latin, lui lire et repartir avec le livre.

 » Vous voulez ce livre et moi je veux seulement comprendre ce qu’il contient  » (p395).

 » Ainsi il aura fallu que je suive ce livre de Gibelet jusqu’à Constantinople, puis de Gènes jusqu’à Londres, jusqu’à cette taverne, jusqu’à la tanière de ce curieux aumônier, pour m’atteler enfin à la tâche la plus nécessaire.  » (p396).

Tagnis et Calvin deux disciples de cet homme, ancien moine doivent prendre la traduction au fur et à mesure que Baldarasse la donnera.

Le titre intégral du livre est  « Dévoilement du nom caché du Maître des créatures.  » (p400).

Une étrange cécité du marchand retarde la progression de la lecture et de la traduction…

 » Seulement cette étrange cécité retarde sa progression, mais ce n’est peut-être qu’un obstacle comme les autres, une épreuve après d’autres que je finirai par franchir  » (p404.)

Le nom suprême peut-être prononcé…

 » Si la religion de Moïse sanctionne effectivement ceux qui prononcent le nom ineffable et s’ingénie à trouver les moyens d’éviter toute mention directe du créateur, la religion de Mohamed a pris résolument le contre-pied de cette attitude, exhortant les croyants à prononcer jour et nuit le nom de Dieu. « (p404/405.)

« (…) glorifie le nom de ton seigneur, le très grand.  » (p405.)

Mais le 11 Septembre 1666  » Au milieu de la nuit, Londres commence à flamber.  » (p425.)

 » Le soleil s’est couché et l’incendie fait toujours rage  » (p428.)

Il parait que la population fouille maintenant les maisons à la recherche des coupables. (Les étrangers.) (p431.)

Baldarasse arrive à partir de Londres, aidé de la patronne de l’hôtel où il loge. Par bateau de Londres, il regagne Gènes où il retrouve Grégorio et s’engage un jour d’enivrement à épouser sa fille de 14 ans. Il essaye néanmoins de revoir Marta à Ghio. Elle lui annonce alors qu’elle n’a jamais été enceinte et qu’elle veut rester avec son mari. Il rentre donc à Gènes et demande la main Giaconinetta, la fille de Grégorio, qui est ravie de l’épouser.

Baldarasse reçoit des nouvelles de sa soeur de Gibelet qui lui annonce que ses deux neveux sont arrivés mais pas son commis Hatem.

Il prend la décision de conserver le Centième nom mais de ne jamais le lire, car il plonge dans la nuit et les malheurs, à chaque fois qu’il essaye de le faire.

CONCLUSION :  

Baldarasse, au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, a traversé des pays en perdition, des villes en feu, des connotations de fin du monde. Il y a rencontré la peur, la tromperie mais aussi l’amour auquel il ne s’attendait plus. Il repart avec Le Centième nom en décidant de ne jamais le lire et en protégeant ainsi ce qui y est écrit.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 27 Novembre 2011.background-2008_039.jpg

LES JARDINS DE LUMIERE D’AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009

LES JARDINS DE LUMIERE d’AMIN MAALOUF, édition Lattès JC 1991. 

Mani, prophète, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIème siècle est nommé par les chinois  » le Bouddha de lumière » et les Egyptiens  » l’apôtre de Jésus « .

Son histoire commence moins de deux siècles après la mort de Jésus.

Mani fut enlevé enfant de sa mère par les disciples des Vêtements Blancs, secte de son père. Il fut élevé parmi ces disciples, admiré par leur chef.

Il commença à dessiner et ses dessins devinrent célèbres.  » Ma tête dessine et ma main obéit « (p223).

Il quitta la secte car il ne s’y reconnaissait pas. Son père le suivi. Il prêcha dans le monde ainsi qu’auprès des plus grands de la cour.

Il prêcha une religion où il y a d’un côté le Bien et le royaume de la Lumière et de l’autre la Mal et le royaume des Ténèbres. Les deux coexistaient sans jamais se mêler. Mais il se put arriver que les Ténèbres envahissent, lors de catastrophes, la Lumière. L’homme naquit de ce conflit, son esprit appartenait au domaine de la Lumière et son corps aux Ténèbres.

A côté de lui se trouvaient les élus, les auditeurs étant là pour les servir.

L’homme devait lutter toute sa vie entre le Bien et le Mal pour atteindre le royaume de la Lumière. Pour y parvenir, il devait réussir à abandonner tout ce qui est matériel.

Mani fut protégé par l’Empereur de Perse, Shapur Ier. Il prêcha dans tout le Moyen-Orient. Sa religion, plus tard, se répandit en Afrique du Nord, en Europe, en Asie. Shabur, lorsqu’il était à ses côtés le faisait mander jusqu’à trois fois dans la journée (p175). Mais il refusa de le suivre au combat  qui dura plusieurs années étant pacifiste. Le fils de Shapur, Hormitz, à sa mort lui succéda. Il aimait Mani comme son père l’avait aimé. Mais il fut empoisonné par les partisans de son autre fils Vahram qui monta à son tour sur le trône.

Vahram, influencé par ses proches, persécuta et tua par jalousie Mani. Il l’accusa d’avoir semé le trouble dans son pays. Mani fut jugé et mourut après une lente agonie dont il ne chercha même pas à s’échapper.

La religion de Mani est un syncrétisme inspiré du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme qui néanmoins le combattirent.

De sa religion de beauté, il reste les mots « manichéen « , « manichéisme ». Tous les linguistiques de Rome et de la Perse se sont ligués pour défigurer Mani, pour l’éteindre. Ses écrits furent détruits sur les bûchers.

Sa philosophie tolérante et humaniste visait à concilier les religions de son temps. Néanmoins, elle lui valut haine et persécutions… Etait-il hors de son temps?…

Mani fut le véritable fondateur de la peinture orientale.

 

DES EXTRAITS DU LIVRE : 

L’histoire de Mani commence à l’aube de l’ère chrétienne, moins de deux siècles après la mort de Jésus (p8).

(…) sur la colline qui domine le pont de Séleucie, se dresse le temple de Nabu. Dieu de la connaissance, dieu de la chose écrite, il veille sur les sciences occultes et patentes (p8).

Aux jours glorieux de Babylone, le nom de ce dieu précédait celui des souverains, qui s’appelaient ainsi Nabunassar, Nabupolassar, Nabuchodonosor (p8).

Sans doute Mani s’est-il débattu, le jour où tous ces Vêtements Blancs vinrent l’enlever. Sans doute a-t-il même hurlé, lorsqu’ils le plongèrent par trois fois dans l’eau du canal, qu’ils lui arrachèrent ses habits. Mais en dépit de son jeune âge, il lui fallut se conformer à leur loi, porter la tunique blanche, manger leur nourriture, balbutier leurs gestes, imiter leurs prières (p36).

Ce fut au cours de ses longs moments de silence et de ravissement que Mani sentit monter en lui pour la première fois l’irrépressible désir de peindre (p51).

Mani qui apparaît, avec le recul des siècles, comme le véritable fondateur de la peinture orientale, lui dont chaque trait de pinceau allait faire naître en Perse et aussi en Inde, en Asie centrale, en Chine, au Tibet, mille vocations d’artiste. Au point que, dans certaines contrées, on dit encore  » un Mani «  quand on veut dire, avec des points d’exclamation,  » un peintre, un vrai.  » (p51).

(…) Mani poursuit son discours (p84) :

- …aux commencements de l’univers, deux mondes existaient, séparés l’un de l’autre : le monde de la Lumière et celui des Ténèbres. Dans les jardins de la Lumière étaient toutes les choses désirables, dans les ténèbres résidait le désir, un désir puissant, impérieux et rugissant. Et soudain, à la frontière des deux mondes, un choc se produisit, le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu. Les particules de Lumière se sont alors mêlées aux Ténèbres, de mille façons différentes, et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures, les corps célestes et les eaux, et la nature de l’homme… (p84).

Entre¨Pattig et Mani allaient se tisser les plus étranges rapports qui puissent se concevoir entre un père et un fils. Au fil des ans, une amitié allait naître et grandir, une affection réelle, profonde, mais qui ne devaient rien à leur lien de sang. Bien au contraire, elle se ferait en dépit de ce lien, et comme pour le nier. Patti serait, jusqu’à sa mort, un proche disciple de Mani, son plus fidèle compagnon de voyage, son auditeur le plus assidu (p91).

Les idéaux meurent pourtant de n’avoir pas été bafoués, c’est par les pudiques compromissions des maîtres, c’est par la trahison des disciples que les doctrines survivent et prospèrent au milieu  du monde et de ses princes (p216).

Chaque religion aura eu ses légions. Pas celle de Mani. S’était-il trompé d’âge? Se serait-il trompé de planète?( p216).

- Mani , fils de Pattig, en abandonnant la Religion Vraie qui était celle de tes ancêtres, tu t’es rendu coupable d’apostasie. En professant des idées novatrices qui ont perturbé les croyants, tu t’es rendu coupable d’hérésie. Deux crimes contre le Ciel (p241-242).

Mani fut livré au supplice des fers. Une lourde chaîne scellée autour du cou, trois autres autour du buste, trois à chaque jambe, et trois encore à chaque bras. Sans autre violence, ni sévices, ni cachot. Il était seulement retenu dans une cour dallée, près du poste de garde. Sous le poids, sa vie allait s’épuiser goutte à goutte. Ordre avait été donné de le nourrir pour qu’il survive plus longtemps. Pour qu’il souffre plus longtemps (p243).

Au quatorzième jour, les badauds s’étaient lassés et les fidèles s’assemblèrent nombreux (p246).

Au dix-septième jour, on crut la fin imminente, et les gardes laissèrent les fidèles s’approcher (p246).

Tout son visage s’était illuminé. Et ses paumes, ses doigts, sa gorge, son buste (p247).

- Passé l’instant d’incrédulité, chacun retrouve ses travers, ses habitudes. Et le tri s’opère entre les humains. Sans besoin de tribunal. Celui qui a vécu par la domination souffrira de ne plus être obéi ; celui qui a vécu dans l’apparence a perdu toute apparence ; celui qui a vécu pour la possession ne possède plus rien, sa main se ferme sur le néant. Ce qui était à lui appartient désormais à d’autres. Comme un chien au bout de sa laisse il hantera à jamais les lieux de son séjour terrestre, attaché. Mendiant ignoré là où il fut maître.

 » Les Jardins de Lumière appartiennent à ceux qui ont vécu détachés.  » (p247-248).

Au vingtième jour, il ordonna à ses fidèles de partir. Tous les hommes et les femmes jeunes, ceux sur lesquels pouvait s’abattre la persécution (p248).

Au vingt-sixième matin s’acheva le dernier acte de sa passion (p249).

Seules le veillaient encore des femmes aux cheveux gris (p249).

C’était en l’an 584 des astronomes de Babel, le quarantrième jour du mois d’Addar – pour l’ère chrétienne le 2 mars 274, un lundi (p249-250). (Sa mort)

Et, pour défier la mort, ses fidèles se jurèrent de ne plus l’appeler autrement que  » Mani-Hayy », Mani-le-Vivant, Termes devenus inséparables dans leurs récits comme dans leurs prières, au point que les Grecs n’entendront qu’un mot unique qu’ils transcriront « Manikhaios ». D’autres disant « Manichaeus » encore « Manichée (p251).

 » Je suis venu du pays de Babel, disait-il, pour faire retentir un cri à travers le monde.  » (p252).

Puis les bûchers firent leur oeuvre, consumant dans le même feu ténébreux ses écrits, ses icônes, les plus parfaits de ses disciples, et ces femmes altières qui refusaient de cracher sur son nom (p251).

DEFINITION :

Manichéisme : première religion syncrétique du Persan Mani, alliant à un fonds chrétien des éléments pris au bouddhisme et pour laquelle le Bien et le Mal sont deux principes fondamentaux égaux et antagonistes.

Se dit de toute conception dualiste du bien et du mal.

Manichéisme délirant, délire chronique sur le thème du Bien et du Mal.

On qualifie aujourd’hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuance, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 26 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF.

LEON L'AFRICAIN D'AMIN MAALOUF. dans Littérature 220px-Leo_africanus

Sebastiano Del Combo, vers 1520.

Léon l’Africain est un diplomate et explorateur d’Afrique du XVème-XVI ème siècle.

LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF, édition JC Lattès 1986.

Mohamed a épousé deux femmes Warda, une esclave de 16 ans qu’il a affranchie et sa cousine musulmane Salma de vingt et un an. Elles se retrouvent toutes les deux enceintes.

Salma devient la première épouse car elle lui donne un fils Hassan (Hassan Al-Wazzan). Warda accouche d’une fille Mariam.

Mohamed doit fuir avec sa famille de Grenade lors de l’arrivée de Ferdinand et d’Isabelle pour échapper à l’Inquisition. En effet, les musulmans d’Espagne doivent choisir entre la conversion ou l’exil. Il s’installe à Fès au Maroc, dans un hôtel d’abord, puis dans une Maison très modeste. 

Hassan et Mariam grandissent. Hassan suit des études de théologie dans plusieurs Madrasas de Fès et à Quaraouiyine. Son oncle maternel l’initie à la vie diplomatique en lui demandant de l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’empire de Songhai, l’Askia Mohammed Touré. Son oncle malade, il effectue la trasaction. Le souverain lui offre cinquante pièces d’or et une esclave de quatorze ans Hiba (p163). A Toubouctou elle devient sa maîtresse (p166-167). Elle lui demande de l’affranchir (p196).

Il ramène Hiba à son village qui l’aide en tant qu’ambassadeur (p212).

Hiba lui dit :  » Jusqu’ici tu m’as prise esclave. Aujourd’hui prends moi libre ! Une dernière fois !  » (p214). Et il doit la quitter.

Il épouse, en même temps, sa cousine Fatima, choisie par son oncle mourant et sa mère. Elle devint femme, inconsciente (p184-185).

Elle lui dit :  » Je t’ai déplu la nuit dernière. »

 » Ne veux tu pas visiter ma petite soeur. « 

Mariam, quant-à elle, doit épouser Zéraouali, un homme sans foi. Elle refuse. Ce dernier l’a fait enfermer dans un camp de lépreux alors qu’elle n’est atteinte d’aucun mal. L’ami très proche d’Hassan, Haroun le Portefaix, la sauve. Mais Haroun trouve Zéraouli sur sa route, le tue et l’enterre près de la maison où il habite avec la soeur d’Hassan. Il doit fuir avec elle.

Hassan est alors accusé de complicité par le Sultan. Il est condamné à l’exil pendant deux ans. C’est alors qu’il part vers le Caire où il vit ces deux années. Il y épouse la princesse Nour, Circassienne et Veuve de l’émir Aladin, prince et fils du Sultan d’Egypte (p254). Elle est mère déjà d’un fils Bayazid (p242) de ce dernier. Il est appelé un jour à régner (p243). En Egypte, Nour l’a caché chez sa nourrice car il est en danger. Une pension dérisoire lui est versée pour vivre (p234).

Hassan revient à Fès où il apprend la mort de Mohamed, son père et le départ de Warda. En effet cette dernière ne trouve plus sa place dans la famille. Elle préfère retourner auprès de sa famille d’origine.

Hassan repart à Constantine, puis en Egypte. Nour se retrouve enceinte et accouche d’une petite fille de Hassan.

Alger, ce n’était certes pas aussi grand qu’Oran ou Bougie, la cité n’aurait pas ouvertun seul quartier de Tlemcen, mais elle avait tout de même l’apparence d’une ville avec ses quatre mille feux, ses souks agencés, groupés par métiers, ses avenues bordées de belles maisons, ses étuves, ses hôtelleries et surtout ses splendides murailles, construites en grosses pierres, qui s’étendaient du côté de la plage en une vaste esplanade. (p252).

Hassan décide d’aller en pèlerinage à la Mecque. Nour et ses deux enfants de un an et quatre ans l’accompagnent. Il quitte la Mecque au bout d’un mois (p275) et arrive à Djerba. C’est alors qu’il se fait, en tant qu’érudit, enlever par des pirates Siciliens.

Hassan est donné en cadeau à Léon le dixième, souverain et pontife à Rome. Le souverain le traite comme son père (p282). Il le baptise. Hassan devient Jean-Léon de Médicis dit Léon l’Africain.

Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’Italien et au latin et enseigne l’arabe à Bologne. Il y rédige la célèbre « Description de l’Afrique ».

Léon l’Africain se marie avec Maddalena. Le pape s’enfuit précipitamment du palais du Vatican pour se réfugier au château Saint-Ange, que les troupes impériales assiègent. Dans la ville c’est le carnage. La renaissance romaine s’achève dans un bain de sang. Léon l’Africain veut rentrer auprès des siens. C’est là qu’il apprend la mort de sa mère (p320). Nour l’a aussi quitté pour faire valoir les droits de son fils, en lui laissant sa fille.

REPONSE DE LEON AU PAPE CLEMENT :

La religion n’aurait-elle pas été la meilleure des voies pour un homme de connaissance et d’érudition comme vous?(p318)

Parler de religion en présence de Sa Sainteté, c’est comme parler d’une fiancée en présence de son père(p318)

Si le chef de l’église ne m’écoutait pas, je dirais que la religion enseigne aux hommes l’humilité, mais qu’elle n’en a aucune elle-même. Je dirais que toutes les religions ont produit des saints et des assassins, avec une égale bonne conscience. Et que dans la vie de cette cité, il y a des années Clémentes et des années Adriennes, entre lesquelles la religion ne permet pas de choisir (p318).

Les musulmans apprennent que  » le meilleur des hommes est le plus utile des hommes « , mais, en dépit de telles paroles, il leur arrive d’honorer les faux dévots plus que les vrais bienfaiteurs (p318).

Une fois de plus, mon fils, je suis porté par cette mer, témoin de tous mes errements et qui à présent te convoie vers ton premier exil. A Rome tu étais  » le fils de l’Africain « , en Afrique, tu seras  » Le fils du Roumi « . Où que tu sois certains voudront fouiller ta peau et tes prières. Garde toi de flatter leurs instincts, mon fils, garde toi de ployer sous la multitude ! Musulman, juif ou chrétien, ils devront te prendre comme tu es, ou te perdre. Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre est vaste. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances. (p349).

 

JE CONCLUS QUE :

Léon l’Africain est homme d’Orient et d’Occident, homme d’Afrique et d’Europe.

L’amour est dans le livre d’Amin Maalouf universel.  

Dans chaque religion il y a du bon et du mauvais c’est à l’homme de faire les bons choix pour tracer le chemin de sa vie. Et dans ces dernières, de faux dévots se cachent que les croyants prennent à tort pour des bienfaiteurs.

 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 22 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

SAMARCANDE D’AMIN MAALOUF.

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SAMARCANDE ( Editions Jean-Claude Lattes-1988 ).

 

Samarcande c’est l’aventure d’un manuscrit né au XI ème siècle égaré et retrouvé des siècles plus tard. Il parle d’Omar Khayyam, l’un des plus grands écrivains et savant persan, qui serait né le 18 mai 1048 à Nichapour en Perse (Iran) et mort le 04 décembre 1131.

Ce livre c’est l’histoire d’un philosophe, d’un politique et d’un fanatique qui veut tout tout de suite.

Omar Khayyam grand intellectuel, poète, libre penseur, médecin, philosophe, astrologue, génie de la Perse parcourt les routes et arrive à Samarcande. Il s’y fait rouer de coups puis il est accusé d’être un alchimiste par ses tortionnaires devant Abou-Taher le grand juge alors que cette spécialisation est condamnée par la loi. Mais il est libéré, reconnu innocent par ce dernier, et accueilli en tant que savant.

Abou Taher lui demande de l’accompagner devant le Nasr Khan, le souverain. Il y retrouve Djahane une poétesse qui suit la cour.  Elle devient sa maîtresse et s’offre à lui dans sa maison. Elle a la même sensibilité mais lui est diamétralement opposée.

Un jour il  rencontre sur sa route Hassan Sabbah qui deviendra plus tard le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire.

Djahane est assassinée lors d’intrigues de la cour dont elle aimait contrairement à Omar participer. Omar la pleure mais doit fuir car accusé dans le complot. Il est condamné à mort. On doit venir l’emprisonner mais il est sauvé par Varta l’arménien et ancien garde du corps de Nizam-el-Molk, assassiné. Il quitte la maison qu’on lui avait donnée avec seulement son manuscrit, son écritoire, sa gourde et une bourse gonflée d’or (p136).

Il se met à errer sur les chemins. Varta devient son valet. Il est proche de lui et le suit (p135-136). Il lui avoue, un jour, qu’au départ, il a suivi Omar pour qu’il le conduise auprès d’Hassan, l’assassin de son Maître, qu’il voulait venger (p149) Mais il lui indique qu’il s’est attaché ensuite à lui sans avoir ensuite d’autre but.

Un soir, Omar voit que son manuscrit a été bougé dans sa cachette pendant son sommeil. Ce ne peut-être que les disciples d’Hassan. Une lettre d’Hassan Sabbah est glissée dans ce manuscrit où il lui demande de le rejoindre à Alamout. Omar s’y refuse. Il charge Varta de surveiller son manuscrit. Varta le lit.

Omar y a rédigé l’histoire de ce manuscrit, son enfance à Nichapour, sa jeunesse à Samarcande, sa renommée à Ispahan et ses rencontres (p151). Mais une nuit Varta est assassiné dans sa chambre et le manuscrit emporté (p151). Il est emporté sur le chemin d’Alamout, ce repère imprenable où se trouve Hassan et ses disciples.

Omar Kayyam est un adorateur de la vie. Il visite la Mecque s’y recueille et la décrit. En chemin des Lettrés l’interrogent sur l’astrologie, l’algèbre, la médecine, les questions religieuses. Puis il est traité de mécréant et d’hérétique où il se trouve et doit quitter précipitamment chaque ville. Il recherche alors de nouveaux mécènes.

Il continue son errance et écrit puis il décide de revenir à sa ville natale, Nichapour, pour y finir sa vie (p152). Il y meurt à l’âge de 84 ans.

Hassan mourut à l’âge de 80 ans. Les enfants de ses disciples devinrent réfractaires à ses directives. Le 4ème grand maître qui le remplaça fut appelé  » le Rédempteur « . Il redonna de la liberté à ses fidèles en leur disant qu’ils pouvaient profiter de tout (p156/157).

Les Mongols envahirent Alamout. Ils la détruisirent. Un homme était chargé de sauver les ouvrages les plus importants (p161).

CONCLUSION SUR DEUX DES PERSONNAGES PRINCIPAUX :

Hassan Sabba est le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire. Il sème la subversion sur les terres de l’islam avec ses disciples. Il leur apprend à tuer. Il leur fait espérer l’atteinte du paradis. Il les entraîne en permanence à tuer. Ils sont redoutés. 

Il pratique des excès au nom de la loi Coranique. Il tue ses deux fils, qui auraient enfreint la loi, chasse sa femme.

Omar Khayyam est un grand intellectuel, l’un des plus grands écrivains et savants Persan . Il se met en recul par rapport à la vie ordinaire. Il n’est pas matérialiste. Il refuse les honneurs et les fastes de la Cour. Il y trouve de la fausseté et la pollution de l’esprit.

Il tombe amoureux de Djahane, poétesse, qui a la même sensibilité que lui mais qui est tout son contraire, aimant les fastes et les largesses.

Il s’enrichit au contact de la nature, des individus et de ses lectures.  Il a trouvé une vérité, l’absurdité de la vie, son caractère choquant et irrationnel. Il aime la liberté par dessus tout.

Il ne se laisse jamais corrompre par le mal. Même en difficulté il s’éloigne d’Hassan Sabbah qui veut l’accueillir et le protéger.

Il retourne dans son village natal pour y mourir après de nombreuses années d’exil : la nostalgie des jours de l’enfance et une sorte de renaissance.

Omar dit (p148)  » Qu’y a-t-il de commun entre cet homme et moi? Je suis un adorateur de la vie, et lui un idolâtre de la mort. Moi, j’écris :  » Si tu ne sais pas aimer, à quoi te sert-il que le soleil se lève ou se couche?  » Hassan exige de ses hommes qu’ils ignorent l’amour, la musique, la poésie, le vin, le soleil. Il méprise ce qu’il y a de plus beau dans la Création, et il ose prononcer le nom du Créateur. Et il ose promettre le paradis ! Crois-moi, si sa forteresse était la porte du paradis, je renoncerais au paradis ! Jamais je ne mettrai les pieds dans cette caverne de faux dévots ! « 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 08 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

LA METAPHORE.

http://pedagogie.cegep-fxg.qc.ca/profs/jpelletier/ 

La métaphore (du grec transport) est un concept fondé sur l’analogie et/ou la substitution. Elle évoque une pensée à travers des images. Elle se différence de la comparaison qui rapproche deux choses ayant un point de ressemblance. Certains la définissent comme une comparaison dont on aurait retranché le mot.

On la retrouve dans la littérature et particulièrement dans l’expression poétique. C’est une figure de style qui rapproche le sens et les images.

Elle constitue la « figure de sens » ou trope. Une trope sert à détourner un mot au sens habituel ou propre. C’est une des plus puissantes figures de détournement.

Elle crée des situations et émotions nouvelles dont elle modifie le sens tout en le préservant. Elle correspond à un effet stylistique que l’on peut comparer à une impropriété. Par exemple : Richard, coeur de lion .  » Je me suis baigné dans le poème de la mer. «  (Arthur Rimbaud.). Un dos d’âne. Les jours sont noirs. Le temps c’est de l’argent. La noirceur des jours, La vieille femme avance comme une tortue. etc…

Elle peut être utilisée dans certains cadres importants comme par exemple  » le serpent monétaire «  dans la politique monétaire.  En peinture, elle est utilisée aussi comme par exemple Vénus (Aphrodite) qui représente la beauté et l’amour. Cupidon (Eros) qui représente l’amour. Dans le discours, il s’agit davantage d’une comparaison masquée. Le verbe est ici le support privilégié de la métaphore. Le locuteur ( personne qui parle) au lieu du mot attendu choisit un autre mot qui l’évoque. Le philosophe Aristote est le premier vers -347 av JC à parler de la métaphore.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 13 Mai 2011.background-2008_039.jpg

VOLTAIRE.

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VOLTAIRE.

La vie de Voltaire : 

 

  Voltaire est un personnage singulier qui a du talent, de la culture mais qui peut sembler aussi dans l’écriture superficiel. Il a de l’esprit assurément, de l’ironie et transpose les images de la société dans ses récits.

  Célèbre de son temps il provoque et sait faire mal. Il nargue le pouvoir mais lui fait aussi des sourires. Un embarras s’installe si l’on demande s’il est philosophe, pourtant toute son époque le nomme philosophe ainsi que l’histoire. Mais on ne lui doit aucune technique d’élaboration de la philosophie. Néanmoins c’est une figure centrale de son siècle nommé  » le siècle des philosophes. » Et il semble impossible d’écarter de la philosophie un homme qui soumet à examen toutes les formes d’autorité, de croyances, de savoir.

  Il est souvent considéré comme un des penseurs précurseurs de la Révolution Française. Néanmoins il fréquente les grands et cultive son dédain pour le peuple.

  François-Marie Arouet est né officiellement le 21 novembre 1694  à Paris dans une famille relativement modeste de la bourgeoisie parisienne. Son père François Arouet est notaire puis Receveur des épices de la Cour des Comptes. Sa mère est Marguerite D’Aumart, proche de la noblesse de robe. Sa mère meurt en 1701 à l’âge de 41 ans. Il a des relations difficiles avec son père. Il se fait remarquer dans la littérature très jeune, vers 10 ou 12 ans. Il multiplie les traductions rimées, les odes. Il veut avant tout briller pour réussir. Toute sa vie Voltaire travaille autant à sa réussite financière qu’à sa gloire littéraire.

  Il commence des études de rhétorique et de philosophie en 1704 au collège Louis Le Grand à Paris dirigé par des jésuites. Il quitte le collège en 1711 pour faire des études de droit à Paris. L’éducation reçue l’initie au plaisir de la conversation et du théâtre. Maladif et hypocondriaque, il brille pour son énergie et sa vivacité d’esprit.

  Il ne cesse de provoquer, de se mettre en péril. Il aime montrer ses talents littéraires et son esprit désinvolte. Quand il prend en 1718, à 24 ans son nom de plume Voltaire, il se moque des autorités, montre son ironie envers les puissants. Les résultats arrivent : Il se retrouve enfermé à la Bastille pendant près d’un an entre 1717 et 1718. Libéré en 1718, il est exilé à Chatenay Malabry. Les années 1719-1724 sont des années de mondanités. En 1726 après une altercation avec le Chevalier de Rohan, il est à nouveau emprisonné à la bastille. Puis il s’exile à Londres de 1726 à 1728. Il découvre alors John Locke et Isaac Newton.

 Voltaire et Les Lettres Philosophiques.    

Il montre le contraste entre Londres et Paris à travers l’oeuvre de Descartes. Dans » Les lettres plilosophiques  » écrites en 1734, il provoque un scandale et elles finissent par être interdites.

  (p32, les lettres philosophiques, collection Le Monde de la Philosophie, Flammarion 2008)  » S’il n’y avait en Angleterre qu’une religion, le despotisme serait à craindre; s’il y en avait deux, elles se couperaient la gorge; mais il y en a trente, et elles vivent en paix heureuses. « 

   (p 45, les lettres philosophiques, même collection),  » Par l’article 21 (de la Charte, en Angleterre) le roi ordonne que ses officiers ne pourront dorénavant prendre de force les chevaux et les charettes des hommes libres qu’en payant, et ce règlement parut au peuple une vraie liberté, parce qu’il ôtait une plus grande tyrannie. »

  (p 165, les lettres philosophiques, même collection),  » Les bourgeois de Paris, à la tête de la faction des Seize, mêlaient l’impertinence aux horreurs de la faction. « 

  (p 174, les lettres philosophiques, même collection),  » Ni en Angleterre ni en aucun pays du monde on ne trouve des établissements en faveur des beaux-arts comme en France. Il y a presque partout des universités; mais c’est en France seulement qu’on trouve ces utiles encouragements pour l’astronomie, pour toutes les parties des mathématiques, pour celle de la médecine, pour les recherches de l’Antiquité, pour la peinture, la sculpture et l’architecture. Louis XIV s’est immortalisé par toutes ces fonctions, et cette immortalité ne lui a pas coûté deux cent mille francs par an. « 

  (p 182, les lettres philosophiques, même collection), « La nécessité de parler, l’embarras de n’avoir rien à dire et l’envie d’avoir de l’esprit sont trois choses capables de rendre ridicule même le plus grand homme. »

  (p 184, les lettres philosophiques, même collection), « Pour l’Académie française, quel service ne rendrait-elle pas aux lettres, à la langue à la nation, si, au lieu de faire imprimer tous les ans des compliments, elle faisait imprimer les bons ouvrages du siècle de Louis XIV, épurés de toutes les fautes de langage qui s’y sont glissées ? Corneille et Molière en sont pleins, La Fontaine en fourmille; celles qu’on ne pourrait pas corriger seraient au moins marquées. L’Europe qui lit ces auteurs apprendrait notre langue avec sûreté. »

  (p186, les lettres philosophiques, même collection),  » Une chose assez singulière, c’est que Corneille, qui écrivit avec assez de pureté et beaucoup de noblesse les premières de ses bonnes tragédies, lorsque la langue commençait à se former, écrivit toutes les autres très incorrectement et d’un style très bas (…). »

  (p188, les lettres philosophiques, même collection, sur les Pensées de Pascal),  » Il me paraît qu’en général l’esprit dans lequel M Pascal écrivit ses pensées était de montrer l’homme dans un jour odieux. Il s’acharne à nous peindre tous méchants et malheureux? Il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites (…). »

  (p 204, les lettres philosophiques, même collection, sur les Pensées de Pascal),  » C’est assez d’avoir cru apercevoir quelques erreurs d’inattention dans ce grand génie; c’est une consolation pour un esprit aussi borné que le mien d’être persuadé que les plus grands hommes se trompent comme le vulgaire. « 

  On connait les Quakers, le système de Locke, la science de Newton en France mais le ton de Voltaire et l’irrespect radical est inédit. Toutefois dans  » les lettres philosophiques « , il n’invente pas la clarté mais décrit en quelques phrases un débat qui pourrait être pesant. Il crée une sorte d’intervention publique qui n’existait pas jusqu’à lui.

  (p 5, les lettres philosophiques, même collection) Voltaire dit en parlant des Quakers  » J’ai cru que la doctrine et l’histoire d’un peuple si extraordinaire méritait la curiosité d’un homme raisonnable. »

 

Voltaire et les voyages : 

  En 1750, il se rend à la Cour de Frédérique II. Le roi et le philosophe se lient d’amitié. Mais une brouille arrive. En effet, en 1753 une querelle avec Maupertuis que soutient le roi, précipite la rupture et Voltaire quitte la Prusse.

  Après sa réussite Voltaire va s’intéresser à la justice les dernières années de sa vie. Il a obtenu tout ce qu’il voulait. Il est célèbre dans l’Europe entière, admiré pour son théâtre et ses oeuvres d’historien. Avec sa grande fortune, il acquiert un château à Ferney. Il correspond chaque jour avec l’Europe savante et avec plusieurs princes.

  Dans son château de Ferney, exilé, à plus de 70 ans, il se bat pour Jean Calas ( affaire Calas 1762), un protestant de Toulouse accusé tort d’avoir tué son fils. Exécuté Calas est une victime d’une justice emportée par les préjugés et aveuglées par les idées de la foule. Après Calas, il lutte pour Sirven ( affaire Sirven 1764),et pour le Chevalier de la Barre (Affaire de la Barre 1766)

  Intellectuel moderne, il intervient directement dans les débats publics comme Socrate. Le rire, la provocation, les sarcasmes sont ses armes.

 

Voltaire et le Traité sur la Tolérance : 

  Le « Traité sur la Tolérance » représente ses interventions dans les dernières années de sa vie.

  (p 330, Traité sur la Tolérance, même collection) en parlant de l’affaire Calas :  » Il paraissait impossible que Jean Calas, vieillard de soixante-huit ans qui avait depuis longtemps les jambes enflées et faibles, eût seul étranglé et pendu un fils âgé de vingt-huit ans, qui était d’une force au-dessus de l’ordinaire. » 

  (p 330, Traité sur la Tolérance, même collection.) » Il est évident que, si parricide avait pu être commis, tous les accusés étaient également coupables parce qu’ils ne s’étaient pas quittés d’un moment; (…) »

  (p 331, Traité sur la Tolérance, même collection.) «  Les juges qui étaient décidés pour le supplice de Jean Calas persuadèrent aux autres que ce vieillard faible ne pourrait résister aux tourments, et qu’il avouerait sous les coups des bourreaux son crime et celui de ses complices. Ils furent confondus, quand ce vieillard en mourant sur la roue, prit dieu à témoins de son innocence, et le conjura de pardonner à ses juges. »

( p 355, Traité sur la Tolérance, même collection.)  » Le droit naturel est celui que la nature indique à tous les hommes. Vous avez élevé votre enfant, il vous doit du respect comme à son père, de la reconnaissance comme à son bienfaiteur. Vous avez droit aux productions de la terre que vous avez cultivée par vos mains. Vous avez donné et reçu une promesse, elle doit être tenue.

Le droit humain ne peut être fondé en aucun cas que sur le droit de nature; (…). »

  ( p 358, Traité sur la Tolérance, même collection.)  » Socrate, qui approcha le plus près de la connaissance du Créateur, en porta dit-on, la peine, et mourrut martyr de la Divinité; (…) »

( p 372, Traité sur la Tolérance, même collection.)  » Tant de causes secrètes se mêlent souvent à la cause apparente, tant de ressorts inconnus servent à persécuter un homme, qu’il est impossible de démêler dans les siècles postérieurs la source cachée des malheurs des hommes les plus considérables, à plus forte raison celle du supplice d’un particulier qui ne pouvait être connu que de ceux de son parti. »

  ( p 380, Traité sur la Tolérance, même collection.)  » Je le dis avec horreur, mais avec vérité : c’est nous chrétiens, c’est nous qui avons été persécuteurs, bourreaux, assassins ! et de qui ? de nos frères. C’est nous  qui avons détruit cent villes, le crucifix ou la bible à la main, et qui n’avons cessé de répandre le sang et d’allumer des bûchers, depuis le règne de Constantin jusqu’aux fureurs des cannibales qui habitaient les Cévennes : fureurs qui grâce au ciel, ne subsistent plus aujourd’hui. « 

  (p 436, Traité sur la Tolérance, même collection.)  » Ce serait le comble de la folie de prétendre amener tous les hommes à penser d’une manière uniforme sur la métaphysique. On pourrait beaucoup plus aisèment subjuguer l’univers entier par les armes que subjuguer tous les esprits d’une seule ville. « 

 

Voltaire et son retour à Paris : 

Moins connus et plus étranges, sont les textes sur Dieu qu’il écrit les toutes dernières années . On y trouve une conception du « Dieu Horloger ». Voltaire demeure rétif au Christianisme. Il essaye d’écarter les erreurs religieuses pour mieux laisser place à ce qu’il considère être la vérité.

  Ses correspondances constituent une partie importante de son oeuvre.  Il correspond avec Madame du Deffand, Catherine de Russie etc…23000 lettres sont recensées.

  En 1778, il revient à Paris. Le peuple de la capitale l’accueille avec un grand enthousiasme.

  Il meurt à Paris le 30 mai 1778 à la tête d’une immense fortune venant de sa plume, de la poche des Princes, de placements, d’investissements  et prêts. Ses cendres sont transférées au Panthéon le 11 juillet 1791.

 

 

Texte écrit et publié par Chantal Flury le 26 Octobre 2008.background-2008_039.jpg 

Voltaire-Baquoy dans Littérature

Voltaire gravure de Baquoy.

DANTE.

 

 

 

 

 DANTE. dans Littérature 220px-dante-alighieri

 

 

DANTE ALIGHIERI.

 La vie de Dante : 

 

 

   Dante Alighieri (1262-1321) est un poète, homme politique et écrivain florentin. Son père est Alighiero di Bellincione et sa mère Bella degli Abati. Sa mère mourut alors que Dante n’avait que 13 ans et son père décèda 5 ans plus tard.

  Dante séjourne à Bologne puis à Florence où il suit des études. Il y rejoint le milieu des artistes dont les poètes.

  Dante dans sa vie est un Florentin engagé et il joue un rôle actif dans la politique de Florence. Cet engagement lui vaut d’être condamné, d’avoir ses biens confisqués et d’être exilé. A partir de ce moment, il ne reviendra , à son grand regret, plus à Florence.

  Dante Alighieri a 9 ans lorsqu’il rencontre Béatrice Portinari (1266-1290). Ensuite il la revoit 9 ans plus tard. Béatrice a épousé Simone de Bardi. Elle meurt très jeune à l’âge de 24 ans.

  Pour certains, Béatrice n’a jamais exité mais des témoignages contemporains sont formels sur son existence.

  Béatrice lors de ses rencontres avec Dante ne semble pas lui accorder une attention particulière. Mais Dante à sa vue est touché par sa beauté et en fait une incarnation divine qui inspirera toute son oeuvre.

   A 12 ans Dante eut son mariage négocié par sa famille avec Gemma, fille de Messer Maneto Donati, qui devient son épouse. Ils eurent plusieurs enfants. Mais Dante ne cessa de penser et d’aimer Béatrice.

 

L’oeuvre de Dante : 

  Dans  » Vita Nova « , (Vie Nouvelle), composée entre 1292-1294, Dante montre sa passion et son désespoir à la mort de Béatrice. Il y chante la gloire de sa bien aimée.

 ( p 28 Vie Nouvelle, librairie générale française 1996), Dante écrit :  » Dès lors je dis qu’Amour s’empara de mon âme, qui lui fut si tôt soumise et commença à prendre sur moi telle assurance et tel pouvoir, par la force que lui connaît mon imagination, qu’il fallait exécuter complètement tous ses désirs. Il me recommandait maintes fois de chercher à voir ce jeune ange. « 

  (p 30, Vie Nouvelle, même collection) :  » Depuis cette vision mon esprit naturel commença à être empêché dans ses fonctions, parce que l’âme était toute occupée à penser à cette très noble dame. « 

  Dans un rêve, Dante voit apparaître le dieu Amour qui porte Béatrice dans un drap couleur sang et qui tient dans sa main le coeur enflammé de Dante, le donne à manger à Béatrice puis s’élève au ciel.

  (p 29,Vie Nouvelle,  même collection):  » Il s’efforçait tant et de toutes ses forces qu’il lui faisait manger la chose brûlant entre ses mains, que craintivement elle mangeait. Peu après sa joie se changeait en des pleurs amers. Ainsi pleurant, il reprenait cette dame dans ses bras et il semblait qu’avec elle, il s’en allait au ciel.

  Lorsque Dante apprend la mort de Béatrice, il est plongé dans une grande tristesse. Cette douleur le mène vers la théologie et la philosophie.

  En exil Dante se consacre à l’écriture. Il écrit de nombreux ouvrages. En 1303  » de Vulgari Eloquentia » (de l’Eloquence en langue vulgaire)  où il affirme que la langue vulgaire (langue italienne) doit s’imposer dans l’écriture à la place du latin.

 (p387, De l’Eloquence en langue vulgaire)  » La langue vulgaire est la plus noble de ces deux langues, parce que c’est la première langue parlée par le genre humain, parce que le monde entier s’en sert ( avec des prononciations et des mots différents, il est vrai) et parce que c’est la façon naturelle de s’exprimer, tandis que l’autre langue est artificielle. « 

  (p 424, De l’Eloquence en langue vulgaire, même collection) :  » La suite de notre démarche exige que nous abordions l’analyse des vocables magnifiques, dignes d’appartenir au style le plus élevé. « 

  Dante continue a faire l’éloge de la langue vulgaire dans  » Il convivio », le Banquet, écrit en 1305 .

  (p 200, Le Banquet, même collection) :  » Revenant donc à mon propos principal, je dis que l’on peut clairement voir que le latin n’aurait apporté de bienfait qu’à un petit nombre, mais que la langue vulgaire ( l’italien) servira vraiment à un grand nombre. « 

  (p 207, Le Banquet, même collection) :  » Aussi la langue vulgaire est-elle d’autant plus proche qu’elle vous est plus unie, car elle est seule et unique d’abord dans votre esprit avant toute autre; et non seulement elle est unie de par soi-même, mais aussi par accident, en ce qu’elle est liée aux personnes les plus proches, comme les parents, les concitoyens et les compatriotes « .

  (p 207, Le Banquet, même collection)  » La bonté de la langue vulgaire me fit aussi l’aimer. « 

  Il parle aussi dans «  le Banquet  » de la philosophie et de la science qui épanouit l’homme.

  (p 249, Le Banquet, même collection, chapitre XV) :  » Ainsi, à la fin de ce livre, je dis et affirme que la dame dont je m’épris après mon premier amour, fut la très belle et honnête fille de l’empereur de l’univers, que Pythagore nomma philosophie. « 

  Il rédige  » De Monarchia  » (la Monarchie) entre 1313 et 1318 où il mentionne dans un premier livre la monarchie universelle comme système politique idéal et dans un deuxième livre, il démontre que le peuple italien doit détenir l’autorité suprême.

  (p 445, De Monarchia, même collection) » Or il est établi que l’ensemble du genre humain est ordonné en vue d’une seule et même fin, comme celà a déjà été démontré : il faut donc qu’une seule autorité règle ou gouverne et cette autorité doit être appelée « Monarque » ou « Empereur ».  Ainsi apparaît-il clairement que la Monarchie ou l’Empire est nécessaire au bien être du monde. « 

  (p 456, De Monarchia, même collection)   » (…) selon ses aspects communs, qui appartiennent à tous, le genre humain doit-être gouverné par le Monarque, lequel doit le conduire à la paix par une règle commune. « 

 

Dante et la Divine Comédie : 

  Dante lors de la rédaction de la Divine Comédie en 1306, se consacre au chef d’oeuvre de sa vie.

  Dans cette oeuvre, il recherche la vision de Béatrice. Il écrit à la première personne le  » je » fait nouveau dans la littérature romane.

  Certains disent que Dante se serait inspiré de Risalat Al-Ghufran d’Abul Alaa Al Maari (973-1057), poète et Philosophe arabe,  en écrivant la Divine Comédie.

  La Divine Comédie montre le voyage imaginaire de Dante qui se trouve dans une forêt sombre. Béatrice lui envoie Virgile pour guider ses pas. Dante pénètre dans le monde de l’au-delà. Il visite l’Enfer, le Purgatoire et enfin le Paradis. Il y rencontre entre autres de grands philosophes ainsi que des personnalités qui lui sont proches. Béatrice l’attend au porte du paradis et l’accompagne. Saint Bernard de Clairvaux est à ses côtés lors de sa rencontre avec l’Etre Divin.

  Dans l’atmosphère du paradis, Dante retrouve en Béatrice béatifiée, un guide sévère et compatissant pour ses fautes, prompte à l’instruire, avec l’aide de Saints (Pierre, Jacques, Jean et d’autres) dans la compréhension des mystères divins.

  Béatrice dit à Dante que bien qu’il l’ait quelquefois oubliée, jamais nature ou l’art n’avait pu lui offrir un plaisir pareil à celui qu’il avait ressenti en admirant sa Beauté.

  L’architecture complexe décrite fournit à Dante l’occasion d’un cheminement initiatique, didactique, purificateur et mystique à travers les trois royaumes du pêché, du repentir et de la contemplation des éternelles vérités. La Divine Comédie est aussi une oeuvre littéraire.

 

   Béatrice dans l’oeuvre de Dante est  la femme la plus idéalisée par le plus pur et le plus désinteressé des amours.

 dans Littérature            

Béatrice.

Ecrit et publié le 06 Octobre 2008 par Chantal Flury. background-2008_039.jpg

 

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