LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF.

LEON L'AFRICAIN D'AMIN MAALOUF. dans Littérature 220px-Leo_africanus

Sebastiano Del Combo, vers 1520.

Léon l’Africain est un diplomate et explorateur d’Afrique du XVème-XVI ème siècle.

LEON L’AFRICAIN D’AMIN MAALOUF, édition JC Lattès 1986.

Mohamed a épousé deux femmes Warda, une esclave de 16 ans qu’il a affranchie et sa cousine musulmane Salma de vingt et un an. Elles se retrouvent toutes les deux enceintes.

Salma devient la première épouse car elle lui donne un fils Hassan (Hassan Al-Wazzan). Warda accouche d’une fille Mariam.

Mohamed doit fuir avec sa famille de Grenade lors de l’arrivée de Ferdinand et d’Isabelle pour échapper à l’Inquisition. En effet, les musulmans d’Espagne doivent choisir entre la conversion ou l’exil. Il s’installe à Fès au Maroc, dans un hôtel d’abord, puis dans une Maison très modeste. 

Hassan et Mariam grandissent. Hassan suit des études de théologie dans plusieurs Madrasas de Fès et à Quaraouiyine. Son oncle maternel l’initie à la vie diplomatique en lui demandant de l’accompagner lors d’une mission auprès du souverain de l’empire de Songhai, l’Askia Mohammed Touré. Son oncle malade, il effectue la trasaction. Le souverain lui offre cinquante pièces d’or et une esclave de quatorze ans Hiba (p163). A Toubouctou elle devient sa maîtresse (p166-167). Elle lui demande de l’affranchir (p196).

Il ramène Hiba à son village qui l’aide en tant qu’ambassadeur (p212).

Hiba lui dit :  » Jusqu’ici tu m’as prise esclave. Aujourd’hui prends moi libre ! Une dernière fois !  » (p214). Et il doit la quitter.

Il épouse, en même temps, sa cousine Fatima, choisie par son oncle mourant et sa mère. Elle devint femme, inconsciente (p184-185).

Elle lui dit :  » Je t’ai déplu la nuit dernière. »

 » Ne veux tu pas visiter ma petite soeur. « 

Mariam, quant-à elle, doit épouser Zéraouali, un homme sans foi. Elle refuse. Ce dernier l’a fait enfermer dans un camp de lépreux alors qu’elle n’est atteinte d’aucun mal. L’ami très proche d’Hassan, Haroun le Portefaix, la sauve. Mais Haroun trouve Zéraouli sur sa route, le tue et l’enterre près de la maison où il habite avec la soeur d’Hassan. Il doit fuir avec elle.

Hassan est alors accusé de complicité par le Sultan. Il est condamné à l’exil pendant deux ans. C’est alors qu’il part vers le Caire où il vit ces deux années. Il y épouse la princesse Nour, Circassienne et Veuve de l’émir Aladin, prince et fils du Sultan d’Egypte (p254). Elle est mère déjà d’un fils Bayazid (p242) de ce dernier. Il est appelé un jour à régner (p243). En Egypte, Nour l’a caché chez sa nourrice car il est en danger. Une pension dérisoire lui est versée pour vivre (p234).

Hassan revient à Fès où il apprend la mort de Mohamed, son père et le départ de Warda. En effet cette dernière ne trouve plus sa place dans la famille. Elle préfère retourner auprès de sa famille d’origine.

Hassan repart à Constantine, puis en Egypte. Nour se retrouve enceinte et accouche d’une petite fille de Hassan.

Alger, ce n’était certes pas aussi grand qu’Oran ou Bougie, la cité n’aurait pas ouvertun seul quartier de Tlemcen, mais elle avait tout de même l’apparence d’une ville avec ses quatre mille feux, ses souks agencés, groupés par métiers, ses avenues bordées de belles maisons, ses étuves, ses hôtelleries et surtout ses splendides murailles, construites en grosses pierres, qui s’étendaient du côté de la plage en une vaste esplanade. (p252).

Hassan décide d’aller en pèlerinage à la Mecque. Nour et ses deux enfants de un an et quatre ans l’accompagnent. Il quitte la Mecque au bout d’un mois (p275) et arrive à Djerba. C’est alors qu’il se fait, en tant qu’érudit, enlever par des pirates Siciliens.

Hassan est donné en cadeau à Léon le dixième, souverain et pontife à Rome. Le souverain le traite comme son père (p282). Il le baptise. Hassan devient Jean-Léon de Médicis dit Léon l’Africain.

Pendant son séjour en Italie, il s’initie à l’Italien et au latin et enseigne l’arabe à Bologne. Il y rédige la célèbre « Description de l’Afrique ».

Léon l’Africain se marie avec Maddalena. Le pape s’enfuit précipitamment du palais du Vatican pour se réfugier au château Saint-Ange, que les troupes impériales assiègent. Dans la ville c’est le carnage. La renaissance romaine s’achève dans un bain de sang. Léon l’Africain veut rentrer auprès des siens. C’est là qu’il apprend la mort de sa mère (p320). Nour l’a aussi quitté pour faire valoir les droits de son fils, en lui laissant sa fille.

REPONSE DE LEON AU PAPE CLEMENT :

La religion n’aurait-elle pas été la meilleure des voies pour un homme de connaissance et d’érudition comme vous?(p318)

Parler de religion en présence de Sa Sainteté, c’est comme parler d’une fiancée en présence de son père(p318)

Si le chef de l’église ne m’écoutait pas, je dirais que la religion enseigne aux hommes l’humilité, mais qu’elle n’en a aucune elle-même. Je dirais que toutes les religions ont produit des saints et des assassins, avec une égale bonne conscience. Et que dans la vie de cette cité, il y a des années Clémentes et des années Adriennes, entre lesquelles la religion ne permet pas de choisir (p318).

Les musulmans apprennent que  » le meilleur des hommes est le plus utile des hommes « , mais, en dépit de telles paroles, il leur arrive d’honorer les faux dévots plus que les vrais bienfaiteurs (p318).

Une fois de plus, mon fils, je suis porté par cette mer, témoin de tous mes errements et qui à présent te convoie vers ton premier exil. A Rome tu étais  » le fils de l’Africain « , en Afrique, tu seras  » Le fils du Roumi « . Où que tu sois certains voudront fouiller ta peau et tes prières. Garde toi de flatter leurs instincts, mon fils, garde toi de ployer sous la multitude ! Musulman, juif ou chrétien, ils devront te prendre comme tu es, ou te perdre. Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre est vaste. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances. (p349).

 

JE CONCLUS QUE :

Léon l’Africain est homme d’Orient et d’Occident, homme d’Afrique et d’Europe.

L’amour est dans le livre d’Amin Maalouf universel.  

Dans chaque religion il y a du bon et du mauvais c’est à l’homme de faire les bons choix pour tracer le chemin de sa vie. Et dans ces dernières, de faux dévots se cachent que les croyants prennent à tort pour des bienfaiteurs.

 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 22 Octobre 2011.background-2008_039.jpg

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SAMARCANDE D’AMIN MAALOUF.

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SAMARCANDE ( Editions Jean-Claude Lattes-1988 ).

 

Samarcande c’est l’aventure d’un manuscrit né au XI ème siècle égaré et retrouvé des siècles plus tard. Il parle d’Omar Khayyam, l’un des plus grands écrivains et savant persan, qui serait né le 18 mai 1048 à Nichapour en Perse (Iran) et mort le 04 décembre 1131.

Ce livre c’est l’histoire d’un philosophe, d’un politique et d’un fanatique qui veut tout tout de suite.

Omar Khayyam grand intellectuel, poète, libre penseur, médecin, philosophe, astrologue, génie de la Perse parcourt les routes et arrive à Samarcande. Il s’y fait rouer de coups puis il est accusé d’être un alchimiste par ses tortionnaires devant Abou-Taher le grand juge alors que cette spécialisation est condamnée par la loi. Mais il est libéré, reconnu innocent par ce dernier, et accueilli en tant que savant.

Abou Taher lui demande de l’accompagner devant le Nasr Khan, le souverain. Il y retrouve Djahane une poétesse qui suit la cour.  Elle devient sa maîtresse et s’offre à lui dans sa maison. Elle a la même sensibilité mais lui est diamétralement opposée.

Un jour il  rencontre sur sa route Hassan Sabbah qui deviendra plus tard le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire.

Djahane est assassinée lors d’intrigues de la cour dont elle aimait contrairement à Omar participer. Omar la pleure mais doit fuir car accusé dans le complot. Il est condamné à mort. On doit venir l’emprisonner mais il est sauvé par Varta l’arménien et ancien garde du corps de Nizam-el-Molk, assassiné. Il quitte la maison qu’on lui avait donnée avec seulement son manuscrit, son écritoire, sa gourde et une bourse gonflée d’or (p136).

Il se met à errer sur les chemins. Varta devient son valet. Il est proche de lui et le suit (p135-136). Il lui avoue, un jour, qu’au départ, il a suivi Omar pour qu’il le conduise auprès d’Hassan, l’assassin de son Maître, qu’il voulait venger (p149) Mais il lui indique qu’il s’est attaché ensuite à lui sans avoir ensuite d’autre but.

Un soir, Omar voit que son manuscrit a été bougé dans sa cachette pendant son sommeil. Ce ne peut-être que les disciples d’Hassan. Une lettre d’Hassan Sabbah est glissée dans ce manuscrit où il lui demande de le rejoindre à Alamout. Omar s’y refuse. Il charge Varta de surveiller son manuscrit. Varta le lit.

Omar y a rédigé l’histoire de ce manuscrit, son enfance à Nichapour, sa jeunesse à Samarcande, sa renommée à Ispahan et ses rencontres (p151). Mais une nuit Varta est assassiné dans sa chambre et le manuscrit emporté (p151). Il est emporté sur le chemin d’Alamout, ce repère imprenable où se trouve Hassan et ses disciples.

Omar Kayyam est un adorateur de la vie. Il visite la Mecque s’y recueille et la décrit. En chemin des Lettrés l’interrogent sur l’astrologie, l’algèbre, la médecine, les questions religieuses. Puis il est traité de mécréant et d’hérétique où il se trouve et doit quitter précipitamment chaque ville. Il recherche alors de nouveaux mécènes.

Il continue son errance et écrit puis il décide de revenir à sa ville natale, Nichapour, pour y finir sa vie (p152). Il y meurt à l’âge de 84 ans.

Hassan mourut à l’âge de 80 ans. Les enfants de ses disciples devinrent réfractaires à ses directives. Le 4ème grand maître qui le remplaça fut appelé  » le Rédempteur « . Il redonna de la liberté à ses fidèles en leur disant qu’ils pouvaient profiter de tout (p156/157).

Les Mongols envahirent Alamout. Ils la détruisirent. Un homme était chargé de sauver les ouvrages les plus importants (p161).

CONCLUSION SUR DEUX DES PERSONNAGES PRINCIPAUX :

Hassan Sabba est le fondateur de l’ordre des assassins, la secte la plus redoutable de l’histoire. Il sème la subversion sur les terres de l’islam avec ses disciples. Il leur apprend à tuer. Il leur fait espérer l’atteinte du paradis. Il les entraîne en permanence à tuer. Ils sont redoutés. 

Il pratique des excès au nom de la loi Coranique. Il tue ses deux fils, qui auraient enfreint la loi, chasse sa femme.

Omar Khayyam est un grand intellectuel, l’un des plus grands écrivains et savants Persan . Il se met en recul par rapport à la vie ordinaire. Il n’est pas matérialiste. Il refuse les honneurs et les fastes de la Cour. Il y trouve de la fausseté et la pollution de l’esprit.

Il tombe amoureux de Djahane, poétesse, qui a la même sensibilité que lui mais qui est tout son contraire, aimant les fastes et les largesses.

Il s’enrichit au contact de la nature, des individus et de ses lectures.  Il a trouvé une vérité, l’absurdité de la vie, son caractère choquant et irrationnel. Il aime la liberté par dessus tout.

Il ne se laisse jamais corrompre par le mal. Même en difficulté il s’éloigne d’Hassan Sabbah qui veut l’accueillir et le protéger.

Il retourne dans son village natal pour y mourir après de nombreuses années d’exil : la nostalgie des jours de l’enfance et une sorte de renaissance.

Omar dit (p148)  » Qu’y a-t-il de commun entre cet homme et moi? Je suis un adorateur de la vie, et lui un idolâtre de la mort. Moi, j’écris :  » Si tu ne sais pas aimer, à quoi te sert-il que le soleil se lève ou se couche?  » Hassan exige de ses hommes qu’ils ignorent l’amour, la musique, la poésie, le vin, le soleil. Il méprise ce qu’il y a de plus beau dans la Création, et il ose prononcer le nom du Créateur. Et il ose promettre le paradis ! Crois-moi, si sa forteresse était la porte du paradis, je renoncerais au paradis ! Jamais je ne mettrai les pieds dans cette caverne de faux dévots ! « 

Ecrit et publié par Chantal Flury le 08 Octobre 2011.background-2008_039.jpg


AMIN MAALOUF.

Amin Maalouf à la Comédie du livre de Montpellier, 23 mai 2009

AMIN MAALOUF ET LES IDENTITES MEURTRIERES.

LA VIE DE AMIN MAALOUF. 

Amin Maalouf est un écrivain franco-libanais né le 25 février 1949 à Beyrouth. Il passe son enfance en Egypte où son grand-père maternel s’est installé. Puis il revient à Beyrouth avec sa famille. Son père est journaliste, poète et écrivain. Ses ancêtres se sont convertis au protestantisme au XIXème siècle.

Il suit des études primaires à Beyrouth dans une école française de pères jésuites. Puis il étudie la sociologie et les sciences économiques.

Il épouse une éducatrice Andrée en 1971 avec laquelle il aura 3 enfants. En 1975, la guerre civile éclate au Liban, il arrive avec sa famille en France en 1976 et s’y installe.

Il obtient le prix Goncourt pour Le Rocher de Tanios en 1993.

En 2007-2008, il partage un groupe de réflexion mandaté par la Commission européenne sur le multilinguisme.

Il obtient pour les Identités meurtrières  en 1999, le prix européen de l’essai Charles Veillon. Amin Maalouf s’interroge sur cette notion cruciale d’identité et nous invite à un humanisme ouvert qui refuse à la fois l’uniformisation planétaire et le repli sur la « tribu ».

LES IDENTITES MEURTRIERES. (Edition Grasset et Fasquelle 1998). 

QUELQUES CITATIONS. 

 » Je (Amin Maalouf) suis né au Liban que j’y ai vécu jusque l’âge de 27 ans (…) Je vis depuis vingt-deux ans sur la terre de France, je bois son eau et son vin (…) ( p7 et 8).

Moitié français  donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées. Je n’ai pas plusieurs identités, j’en ai une seule, faite de tous les éléments qui l’ont façonnée, selon « un dosage  » particulier qui n’est jamais le même d’une personne à l’autre. (p8).

En raison même de cette situation, que je n’ose appeler  » privilégiée « , ils (les êtres frontaliers en quelque sorte) ont un rôle à jouer pour tisser des liens, dissiper des malentendus, raisonner les uns, tempérer les autres, aplanir, raccommoder… Ils ont pour vocation d’être des traits d’union, des passerelles, des médiateurs entre les diverses communautés, les diverses cultures.  Et c’est  justement pour cela que leur dilemme est lourd de signification : si ces personnes elles mêmes ne peuvent assumer leurs appartenances multiples, si elles sont constamment mises en demeure de choisir leur camp, sommer de réintégrer les rangs de leur tribu, alors nous sommes en droit de nous inquiéter sur le fonctionnement du monde (p11).

Les appartenances qui comptent dans la vie de chacun ne sont d’ailleurs pas toujours celles, réputées majeures, qui relèvent de la langue, de la peau, de la nationalité, de la classe ou de la religion (p20).

Il y aurait, là encore, des dizaines d’exemples pour illustrer la complexité – parfois souriante, souvent tragique – des mécanismes de l’identité (…) surtout ceux qui concernent la région d’où je viens- le Proche-Orient, la Méditerranée, le monde arabe, et d’abord le Liban. Un pays où l’on est constamment amené à s’interroger sur ses appartenances, sur ses origines, sur ses rapports avec les autres, et sur la place qu’on peut occuper au soleil ou à l’ombre (p21).

Tant il est vrai que ce qui détermine l’appartenance d’une personne à un groupe donné, c’est essentiellement l’influence d’autrui ; l’influence des proches – parents, compatriotes, coreligionnaire – qui cherchent à se l’approprier, et l’influence de ceux d’en face, qui s’emploient à l’exclure (p33).

Ce sont les blessures qui déterminent à chaque étape de la vie, l’attitude des hommes à l’égard de leurs appartenances, et la hiérarchie entre celle-ci (p34).

L’identité d’une personne n’est pas une juxtaposition d’appartenances autonomes, ce n’est pas un  » patchwork « , c’est un dessin sur une peau tendue; qu’une seule appartenance soit touchée, et c’est toute la personne qui vibre (p34).

Puis des idées nouvelles ont lentement réussi à s’imposer : l’idée que tout homme avait des droits qu’il fallait définir et respecter; (…) (p43).

Si nos contemporains ne sont pas encouragés à assumer leurs appartenances multiples, s’ils ne peuvent concilier leur besoin d’identité avec une ouverture franche et décomplexée aux cultures différentes, s’ils se sentent contraints de choisir entre la négation de soi-même et la négation de l’autre, nous serons entrain de former des légions de fous sanguinaires, des légions d’égarés (p44).

Beaucoup ont quitté leur terre natale, et beaucoup d’autres, sans l’avoir quittée, ne la reconnaissent plus. Sans doute est-ce dû, en partie, à une caractéristique permanente de l’âme humaine naturellement portée sur la nostalgie; mais c’est également dû au fait que l’évolution accélérée nous a fait traverser en trente ans ce qu’autrefois on ne traversait qu’en de nombreuses années (p47).

Parallèlement les sentiments qu’on éprouve envers le pays d’accueil ne sont pas moins ambigus. Si l’on y est venu, c’est parce qu’on y espère une vie meilleure pour soi-même et pour les siens ; mais cette attente se double d’une appréhension face à l’inconnu – d’autant qu’on se trouve dans un rapport de forces défavorable; on redoute d’être rejeté, humilié, on est à l’affût de toute attitude dénotant le mépris, l’ironie, ou la pitié (p48).

C’est dans cet esprit que j’aurais envie de dire  » aux uns  » d’abord :  » Plus vous vous imprégnerez de la culture du pays d’accueil, plus vous pourrez l’imprégner de la vôtre « ;  puis  » aux autres  » :  » Plus un immigré sentira sa culture d’origine respectée, plus il s’ouvrira à la culture du pays d’accueil.  » (p51).

(…) Si j’adhère à mon pays d’adoption, si je le considère mien, si j’estime qu’il fait partie de moi et que je fais partie de lui, et si j’agis en conséquence, alors je suis en droit de critiquer chacun de ses aspects; parallèlement, si ce pays me respecte, s’il reconnait mon apport, s’il me considère avec mes particularités, comme faisant désormais partie de lui, alors il est en droit de refuser certains aspects de ma culture qui pourraient être incompatibles avec son mode de vie ou avec l’esprit de ses institutions (p52).

Aucune religion n’est dénudée d’intolérance, mais si l’on faisait le bilan de ces deux religions  » rivales  » on constaterait que l’islam ne fait pas si mauvaise figure (p67).

On aura compris que je ne souscris pas à l’opinion commune, si répandue en Occident, qui voit commodément dans la religion musulmane la source de tous les maux dont souffrent les sociétés qui s’en réclament (p71).

Pour qu’un changement soit accepté, il ne suffit pas qu’il soit conforme à l’esprit du temps. Il faut aussi qu’au niveau des symboles il ne heurte pas, qu’il ne donne pas à ceux qu’on incite au changement l’impression de se renier (p85).

Lorsqu’ils parlent avec un Occidental, c’est toujours dans sa langue à lui, presque jamais dans la leur; au sud et à l’est de la Méditerranée, on trouve des millions de personnes capable de parler l’anglais, le français, l’espagnol, l’italien. En face, combien d’anglais, de Français, d’Espagnols, d’Italiens ont jugé utile d’étudier l’arabe ou le turc? (p87).

Mais on ne peut nier non plus que le modèle occidental, en dépit de son triomphe, en dépit du fait qu’il étend son influence sur l’ensemble des continents, se perçoit comme un modèle en crise, incapable de résoudre les problèmes de pauvreté dans ses propres métropoles, incapable de s’attaquer au chômage, à la délinquance, à la drogue, et à maints fléaux. C’est d’ailleurs l’un des paradoxes les plus déroutants de notre époque que le modèle de société le plus attrayant, celui qui a terrassé tous les autres, doute profondément de lui-même (p101).

S’agissant du  » vent  » de la mondialisation (…) il serait absurde de chercher à l’entraver; mais si l’on navigue habilement, en gardant le cap et en évitant les écueils, on peut arriver  » à bon port  » (p113).

Ce qui me donne à penser que l’évolution actuelle pourrait favoriser, à terme, l’émergence d’une nouvelle approche de la notion d’identité. Une identité qui serait perçue comme la somme de toutes les appartenances, et au sein de laquelle l’appartenance à la communauté humaine prendrait de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir un jour l’appartenance principale, sans pour autant effacer nos multiples appartenances particulières (…) (p115).

De fait, nous sommes infiniment plus proches de nos contemporains que de nos ancêtres (p117).

En somme, chacun d’entre nous est dépositaire de deux héritages : l’un,  » vertical « , lui vient de ses ancêtres, des traditions de son peuple, de sa communauté religieuse; l’autre  » horizontal  » lui vient de son époque, de ses contemporains (p119).

Il ne s’agit pas de nier l’influence souvent décisive de notre héritage  » vertical « . Il s’agit surtout à ce stade, de mettre en lumière le fait qu’il y a un fossé entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être (p119).

Nous traversons, en effet, une époque fort déconcertante, au cours de laquelle la mondialisation apparaît aux yeux d’un grand nombre de nos semblables non comme un formidable brassage enrichissant, pour tous, mais comme une uniformisation appauvrissante, et une menace contre laquelle il faut se battre pour préserver sa propre culture, son identité, ses valeurs ( p120).

Car la mondialisation nous entraîne, d’un même mouvement, vers deux réalités opposées, l’une à mes yeux bienvenue, l’autre malvenue, à savoir l’universalité et l’uniformité (p121).

(…) il faut tendre vers l’universalité, et même, s’il le faut, vers l’uniformité, parce que l’humanité, tout en étant multiple, est d’abord une (p125).

Il me semble également que chacun d’entre nous, s’il sait user de moyens inouïs qui sont aujourd’hui à sa portée, peut influencer de manière significative ses contemporains (p132).

Ma réflexion part d’une constatation : lorsqu’une société voit dans la modernité  » la main de l’étranger  » elle a tendance à la repousser et à s’en protéger (p139).

L’identité est d’abord une affaire de symboles (p140).

Chacun d’entre nous a besoin de ce lien identitaire puissant et rassurant (p154).

(…) Qu’une bonne connaissance de l’anglais soit aujourd’hui nécessaire si l’on désire communiquer avec l’ensemble de la planète, c’est une évidence qu’il serait vain de contester; mais il serait tout aussi vain de prétendre que l’anglais est suffisant. Même s’il répond parfaitement à certains de nos besoins actuels, il y en a d’autres auxquels il ne répond pas; notamment le besoin d’identité… (p159).

Préserver sa propre langue identitaire, ne jamais la laisser à la traîne, pour que ceux qui la parlent ne soient pas contraints à s’en détourner s’ils veulent avoir accès à ce que leur propose la civilisation d’aujourd’hui; (…) (p163).

Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à concevoir son identité comme étant la somme de ses diverses appartenances, au lieu de la confondre en une seule, érigée en appartenance suprême, et en instrument d’exclusion, parfois en instrument de guerre (p183).

(…) il faudrait faire en sorte que personne ne se sente exclu de la civilisation commune qui est entrain de naître, que chacun puisse y retrouver sa langue identitaire et certains symboles de sa culture propre, que chacun, là encore, puisse s’identifier, ne serait-ce qu’un peu, à ce qu’il voit émerger dans le monde qui l’entoure, au lieu de chercher refuge dans un passé idéalisé (p188).

ANALYSE DES IDENTITES MEURTRIERES. 

Dans les Identités meurtrières, Amin Maalouf indique que l’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit, ni par moitié, ni par tiers mais qu’elle est faite de tous les éléments qui l’ont façonné et qui rassemblés ne donnent pas la même identité d’une personne à l’autre (p7).

Il constate qu’une communauté humaine dès qu’elle se sent humiliée ou menacée produira des meneurs qui commettront des atrocités (p37). Ceux qui pourront assumer pleinement leur diversité serviront de  » relais  » entre les diverses communautés, les diverses cultures (p11). Si ces derniers ne peuvent pas l’assumer, ils se trouveront dans ceux qui sont remplis de haine car ils auront espéré une vie meilleure pour eux et pour leur famille (p48). Ils se sentiront trahis par la patrie d’accueil et cela débouchera sur une frustration et des contestations brutales.

Par ailleurs, ceux qui s’imprègneront de la culture du pays d’accueil pourront en contre partie l’imprègner de leur culture (p51). Plus un émigré sentira sa culture d’origine respectée, plus il s’ouvrira à la culture du pays d’accueil (p51).

Aucune religion n’est dénudée d’intolérance, voir le christianisme des siècles passés. Si l’on faisait le bilan de l’islam, ce dernier ne ferait pas si mauvaise figure (p67). La religion musulmane n’est pas la représentation de tous les maux des sociétés qui s’en réclament (p71). Si les musulmans du tiers monde s’en prennent violemment à l’Occident, c’est parce qu’ils sont pauvres, dominés et que l’Occident est riche et puissant (p76).

Lorsque la civilisation de l’Europe Chrétienne a pris l’avantage, toutes les autres religions se sont mises à décliner parce que l’humanité avait désormais les moyens techniques d’une domination planétaire (p83).

Quand les non occidentaux parlent avec un Occidental, c’est toujours dans sa langue. Combien d’Anglais, de Français, d’Espagnols, d’Italiens ont-ils jugé utile d’étudier l’arabe ou le Turc ? (p87).

En faisant état de toutes les circonstances qui conduisent les jeunes du monde musulman à s’enrôler dans des mouvements religieux, on ne peut ressentir qu’un profond malaise (p102). L’avenir n’est écrit nulle part, l’avenir c’est nous qui le feront (p113). Il convient que le monde dissocie la religion et la spiritualité du besoin d’appartenance (p110).

S’agissant du vent de la mondialisation, il ne faut pas l’entraver (p113). Mais les multiples appartenances particulières ne doivent pas être effacées par l’appartenance principale (p114/115).

Chacun de nous est dépositaire de deux héritages : l’un vertical lui vient de ses ancêtres, des traditions de son peuple et de sa communauté religieuse, l’autre l’horizontal lui vient de ses contemporains (p119). Il ne s’agit pas seulement de l’influence de l’héritage vertical, il s’agit surtout de mettre en lumière le fait qu’il n’y a qu’un fossé entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être (p119).

La mondialisation nous entraîne d’un même mouvement vers deux réalités opposées, à savoir l’universalité et l’uniformité (p120).

Un changement accepté ne doit pas seulement être conforme à l’esprit du temps. Il faut aussi qu’au niveau des symboles, il ne heurte pas, qu’il ne donne pas à ceux qu’on incite au changement l’impression de se renier (p85). L’identité est d’abord une affaire de symboles et d’appartenance (p140).

Une bonne connaissance de l’Anglais est aujourd’hui nécessaire si l’on désire communiquer avec l’ensemble de la planète, on ne peut le contester (p159). Mais pour tout être humain la langue identitaire doit-être conservée (p154). Chacun a besoin de ce lien identitaire et rassurant (p154).

Chacun d’entre nous devrait être encouragé à assumer sa propre diversité, à conserver son identité, comme étant la somme de ses diverses appartenances au lieu de la confondre avec une seule érigée en appartenance suprême. 

Il convient de faire qu’en sorte personne ne soit exclu de la civilisation commune qui est entrain de naître (p187).

Ecrit et publié par Chantal Flury le 07 Octobre 2011.background-2008_039.jpg


LA METAPHORE.

http://pedagogie.cegep-fxg.qc.ca/profs/jpelletier/ 

La métaphore (du grec transport) est un concept fondé sur l’analogie et/ou la substitution. Elle évoque une pensée à travers des images. Elle se différence de la comparaison qui rapproche deux choses ayant un point de ressemblance. Certains la définissent comme une comparaison dont on aurait retranché le mot.

On la retrouve dans la littérature et particulièrement dans l’expression poétique. C’est une figure de style qui rapproche le sens et les images.

Elle constitue la « figure de sens » ou trope. Une trope sert à détourner un mot au sens habituel ou propre. C’est une des plus puissantes figures de détournement.

Elle crée des situations et émotions nouvelles dont elle modifie le sens tout en le préservant. Elle correspond à un effet stylistique que l’on peut comparer à une impropriété. Par exemple : Richard, coeur de lion .  » Je me suis baigné dans le poème de la mer. «  (Arthur Rimbaud.). Un dos d’âne. Les jours sont noirs. Le temps c’est de l’argent. La noirceur des jours, La vieille femme avance comme une tortue. etc…

Elle peut être utilisée dans certains cadres importants comme par exemple  » le serpent monétaire «  dans la politique monétaire.  En peinture, elle est utilisée aussi comme par exemple Vénus (Aphrodite) qui représente la beauté et l’amour. Cupidon (Eros) qui représente l’amour. Dans le discours, il s’agit davantage d’une comparaison masquée. Le verbe est ici le support privilégié de la métaphore. Le locuteur ( personne qui parle) au lieu du mot attendu choisit un autre mot qui l’évoque. Le philosophe Aristote est le premier vers -347 av JC à parler de la métaphore.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 13 Mai 2011.background-2008_039.jpg


Bonne et heureuse année 2011.

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JOYEUX NOEL !

   Noël 2009

     JOYEUX NOEL A VOUS !


LES ECOLES PHILOSOPHIQUES ET LES STOÏCIENS.

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Une mosaïque trouvée à Pompéï symbolisant l’Académie de Platon.

LES ECOLES PHILOSOPHIQUES DE L’ANTIQUITE : 

Dans l’Antiquité, les écoles philosophiques ne sont pas seulement des courants de pensée. Ce sont des écoles, des lieux où l’on commente des textes, où des professeurs enseignent des théories. Les cours achevés, ceux qui appartiennent à une même école, vivent ensemble et de la même manière. Car les Grecs et les Romains attendaient de la philosophie, une mutation de vie.

Platon, le premier avait fondé l’Académie, lieu de vie et lieu d’enseignement, communauté où les disciples résidaient selon des règles strictes.

Aristote son élève puis son rival avait fondé le Lycée qui n’était pas seulement destiné au commentaire de son oeuvre et au développement des savoirs mais aussi à la transformation de soi-même.

Epicure avec le groupe qu’il rassemble autour de lui dans sa propriété du Jardin, évoque un rassemblement d’amis décidant de partager un même mode de vie.

Diogène et ses disciples reprennent avec fierté le nom de « canins » qu’on leur a donné. Ils rappellent ainsi qu’ils ne se soucient pas des convenances, des conventions et des préjugés sociaux. Ils professent un retour à la nature, dorment à même le sol, s’accouplent en public et mangent tout ce qui traîne.

Les stoïciens ont formé aussi des écoles qui sont destinées à la réflexion et à la conversion vers la sagesse. Quand Sénèque écrit à Lucilius, ou quand Epictète donne des conseils pratiques à ses auditeurs, ce n’est pas seulement pour les instruire sur les doctrines. C’est toujours pour les accompagner dans un travail de modification de leur existence.

En conséquence, les écoles philosophiques de l’Antiquité ne se limitent pas à une activité théorique, conceptuelle et intellectuelle. Elles conservent une volonté de transformer le caractère autant que la réflexion. Leur but commun est de vouloir assurer le bonheur par une transformation de la pensée et de la manière de vivre. Mais il s’agit toujours d’une patiente, lente et régulière métamorphose vers la sagesse.

UN ENTRAÎNEMENT QUOTIDIEN : 

Le travail repose toujours sur une analyse intellectuelle, sur une vision claire des doctrines. Pour pratiquer, la compréhension doit s’accompagner d’un entraînement quotidien, ce qui a donné en français (aïskèsis) ascèse qui évoque le fait de se dépouiller de nombre d’agréments par souci de se mortifier, exercice spirituel ou exercice d’entraînement, pour se modifier et transformer son existence, ne plus être entraîné par des désirs débridés.

Il faut aller vers plus de sérénité, vers l’absence de trouble, vers la permanence de l’équilibre interne. Mais il existe des distinctions majeures :

Chez Epicure tout est centré sur le corps, sur les limites des plaisirs simples liés à la satisfaction immédiate de nos besoins.

Chez les stoïciens, il va s’agir au contraire essentiellement de l’âme. Etre heureux, c’est arriver à s’installer dans la  » Forteresse de l’âme. »

Là où l’on est véritablement souverain, après le partage de notre volonté et de toutes les choses du monde y compris notre propre corps, il devient alors possible d’échapper aux fluctuations des événements et des émotions.

La particularité de l’école des stoïciens, c’est d’avoir évolué au long de plusieurs siècles. Ces transformations sont reconstituées par les chercheurs. Mais pas avec exactitude car de très nombreuses oeuvres des Stoïciens grecs et latins sont aujourd’hui perdues.

Les premiers disciples, groupés autour du fondateur de l’école, Zénon, se réunissaient à Athènes, sur l’Agora à l’endroit appelé  » Le Portique peint.  » Cette école a obtenu un premier développement grec puis un second romain.

D’ATHENES A ROME. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      deLes Les premières doctrines apparaissent à partir de -301 av JC avec l’arrivée à Athènes de Zénon de Citium. Antérieurement Zénon fut un des disciples principaux des philosophes cyniques, Diogène de Sinope et Cratès de Thèbes, qui étaient les plus radicaux et les plus provoquants. Il s’est détaché d’eux pour développer un enseignement différent qui donne naissance à la lignée des Stoïciens.

L’école se perfectionna avec des maîtres comme Cléanthe disciple de Zénon et surtout Chrysippe en Grèce, qui a donné la puissance théorique aux élaborations de départ. Des très nombreux ouvrages de ces philosophes, il nous reste que peu de fragments et bribes. Chrysippe aurait écrit, dit-on, 500 lignes par jour, à un grand âge et aurait laissé plus de 700 rouleaux de commentaires et de traité de philosophie. Les seules oeuvres complètes que nous possédons sont celles de Sénèque, Epictète et Marc Aurèle. Cicéron nous a transmis des débats de l’époque héllénistique qui nous renseignent sur l’ancien stoïcisme.

La philosophie stoïcienne est un tout cohérent : C’est une philosophie de la totalité qui se veut consciemment systématique, ce qui est l’un des traits caractéristiques des systèmes de pensées antiques. Et aussi pour eux, il faut ‘ vivre en accord avec la nature’.

La sagesse est la connaissance scientifique des choses divines et humaines. Selon Sénèque, cette sagesse est le bien de l’esprit humain, parvenu à sa perfection, alors que la philosophie est l’amour de la sagesse et l’aspiration vers elle par la pratique et la théorie :  » La philosophie tend là où l’autre est parvenue. » Elle est ainsi la pratique (askésis) de l’art (techne) de l’utile et le degré le plus élevé de la vertu.

Cette philosophie exhorte à la pratique d’exercices de méditation conduisant à vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur envisagés comme ataraxie. Il s’agit d’une absence de passions, qui prend la forme d’une absence de souffrance.

Pour les premiers Stoïciens grecs, la philosophie se divisait en trois parties : logique, physique, éthique. La logique permet d’examiner nos représentations, leurs relations avec l’existence du langage et de la raison. C’est par elle que nous savons de quelle manière connaître le monde et aborder l’examen de nos décisions. La physique donne le moyen de comprendre comment l’organisme et la vie humaine s’intègrent dans le tout constitué par la nature. L’éthique montre les règles de l’action et les comportements à suivre pour être vertueux donc heureux car pour les Stoïciens la vertu suffit au bonheur.

Vertu et bonheur sont une même chose dans cette éthique de la fermeté de l’âme. Bien agir, se comporter de manière sage et vertueuse, c’est pour les Stoïciens agir  » selon la nature  » Rien d’autre ne saurait garantir que nous soyons heureux. La vertu consiste à faire ce qui correspond à la nature profonde de l’homme, qui est de vivre selon sa raison, puisque la raison constitue sa propre nature.

Les premier philosophe de l’école de la pensée stoïcienne affirme qu’il n’existe pas de rupture ni de solution de continuité entre d’une part la vie naturelle et d’autre part la vertu. Lorsque nous vivons selon la nature qui nous est propre, nous agissons bien et nous sommes heureux. Il s’agit alors d’être conforme à ce que nous sommes et de remplir correctement le rôle que l’ordre de l’univers nous a assigné.

Le sage cherche et connaît les causes des choses naturelles : la science sera donc pour lui un auxiliaire. Mais comme tout auxiliaire, elle ne fait pas partie de ce dont elle est un instrument et une aide (Sénèque, Lettres,88,25-28). La science n’est donc pas pour le stoïcien une partie de la sagesse.

Le stoïcisme se développera à Rome plus de 300 ans après sa fondation à Athènes. Pendant trois nouveaux siècles, des Latins en particulier des aristocrates ou des empereurs ont prolongé, en modifiant ses accentuations initiales, la pensée du stoïcisme. Le sage connaîtra par exemple les corps célestes, leur pouvoir et leur nature. Mais le sage stoïcien s’occupe des principes généraux, non de l’accumulation des connaissances ou des questions de fait particulières.

On passe alors de la Grèce à Rome, de la langue grecque au latin, des petites cités athéniennes au vaste empire romain où se croisent les langues, les nationalités et les peuples les plus divers. La vie à Rome se poursuit dans un climat politique troublé : despotisme, tyrannie et arbitraire se développent. Tout le monde est exposé à la violence imprévisible de l’empereur. Du jour au lendemain, les fortunes peuvent être confisquées, les familles démantelées. Ni carrière, ni intégrité physique ne sont assurées.

Dans cette inquiétude, le stoïcisme Prend une place centrale. Le repli sur soi, le retour vers les forteresses intérieures qu’il préconise conviennent à cette époque.

Dans le stoïcisme romain la logique passe au second plan, la physique est conservée mais comme cadre général. L’éthique est au premier plan.

Pour les Stoïciens, le sage est l’homme qui est parvenu à saisir entièrement le fonctionnement de la nature et de sa propre existence. Il n’existe pas d’intermédiaire entre l’homme normal, livré aux émotions, aux angoisses inutiles et le sage inébranlable à jamais. Chez ces penseurs on est un homme du commun ou un sage. Cette séparation complète entre le sage et les autres va s’estomper dans le stoïcisme romain. Le sage y incarnera toujours la perfection à atteindre mais l’accent sera mis sur le cheminement vers cet état idéal, sur la nécessité de mettre en pratique, au jour le jour les conséquences concrètes de la doctrine.

SE DEFAIRE DES ILLUSIONS. 

Le stoïcisme à Rome s’adresse à des maîtres mais aussi à des esclaves, à des dignitaires de l’empire autant qu’à des simples citoyens. Sénèque fut l’un des plus grands personnages de l’empire : précepteur de l’empereur Néron, il avait une fortune considérable.

Epictète lui était un ancien esclave qui finit par tenir un petit cours de philosophie.

Marc Aurèle fut empereur est tenta de remplir sa fonction en philosophe : il ne gouvernait pas par goût du pouvoir mais parce que la raison lui conseillait d’être à sa place et de tenir son rôle. Chacun, en effet, doit faire ce qui lui revient.

L’accent mis sur l’éthique, s’appuie chez Epictète sur ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Déjà présente dans l’ancien stoïcisme, elle occupe ici une place prépondérante.

Voilà l’illustration d’Epictète : ne dépend de moi que ma volonté, le contrôle de mon esprit et ne dépend pas de moi…tout le reste.

Les circonstances extérieures peuvent varier : de riche, je peux être ruiné, de glorifié calomnié, l’essentiel est que moi, je ne varie pas en fonction de ces circonstances. Je tiens le contrôle de mes pensées et de mes décisions. Telle est la vertu qui assure au sage stoïcien, une permanente tranquillité de l’âme.

Sénéque, Epictète et Marc Aurèle ont en commun une dernière particularité : ces trois grandes figures du stoïcisme romain sont des grands stylistes, des écrivains hors pairs. Chacun a son visage, son caractère, son écriture propre, mais tous trois ont en commun la concision des formules, la force de l’expression, la beauté et souvent l’émotion de l’écriture. Ils cultivent chacun une forme d’excellence dans l’art de la pensée, de faire saisir une idée.

De toutes les écoles de l’Antiquité, le stoïcisme est demeuré à travers les siècles, la pensée la plus vivante.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 01 Avril 2010.background-2008_039.jpg

 


SENEQUE.

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Portrait de Sénèque par Rubens.

Sénèque est né dans l’actuelle Cordoue au sud de l’Espagne d’aujourd’hui en Bétique (actuelle Andalousie en Espagne) vers 4 av JC et est mort le 12 Avril 65 ap JC. A 20 ans, il tombe gravement malade et est envoyé en Egypte pour se rétablir. De retour à Rome en 31, il commence le cursus honorum. C’est un philosophe de l’école stoïcienne, un dramaturge et un homme d’Etat romain. Il est Conseiller à la cour impériale sous Caligula et précepteur de Néron. Il joue un rôle important, compose bon nombre de discours, auprès de ce dernier jusqu’à ce qu’il soit discrédité. Son immense fortune a nui à Sénèque. On lui reprochait de vouloir s’attirer la faveur des citoyens, la beauté de ses jardins et la magnificence de ses villas surpassant celle du Prince. Sénèque propose de restituer sa charge ‘d’ami du Prince’ et de restituer également sa fortune. Néron refuse. Il se retire de la vie publique, haït par Néron.

En 65 de notre ère, Néron donne l’ordre de se suicider au penseur Sénèque qui l’avait éduqué. Sénèque dès qu’il en est informé quitte la table et part se donner la mort qui ne viendra que de longues heures plus tard. Il s’ouvre les veines des bras, puis se fait sectionner celles des jambes la mort tardant et enfin prend un poison mortel.

Sénèque est le représentant le plus complet de la doctrine stoïcienne mais il n’est pas un interprète simple. Cette mise en pratique du stoïcisme ne signifie pas que le philosophe désire la mort mais qu’il ne la craint pas. C’est déjà ce qu’enseigne le traité intitulé la Vie heureuse (De Vita beata) où l’on ne découvre pas seulement l’habituelle doctrine stoïcienne qui fait de la vertu, la seule source de bonheur, mais aussi un éloge de l’itinéraire solitaire.

 » Une preuve du pire c’est la foule « , écrit Sénèque. L’existence capable de garantir le bonheur est d’abord un chemin à l’écart des opinions communes et des erreurs les plus répandues. Le philosophe n’a pas peur d’être seul contre tous. Ce sera même un signe de véracité. Je cite :  » Nous périssons par l’exemple des autres. »

Cela ne signifie pas que la vie doive être mortification. Même les avantages matériels sans être indispensables, ne sont pas à refuser. Je cite :  » Renonce donc à interdire l’argent aux philosophes : personne n’a condamné la sagesse à la pauvreté.  » Il y a là une distinction plus subtile qu’il n’y paraît : la richesse n’a pas à être recherchée, seule compte la volonté libre, mais elle n’est pas interdite, si l’on sait vivre sans s’y attacher.

De la même manière, le fait même de vivre ne doit pas être un objet d’attachement. C’est ce qu’enseigne le texte la Brièveté de la vie (De brevitate vitae). Il ne s’agit nullement de mépriser notre être, ni de faire croire que le plus tôt nous mourrons sera le mieux. Il s’agit, au contraire, de se rendre compte que nous n’avons rien de plus précieux que le temps limité de notre existence mais que, si nous comprenons comment y être pleinement, il n’importe pas que ce temps soit plus ou moins long.

Ni l’attachement, ni le dégoût, telle pourrait être la leçon, que l’on retrouve dans les Lettres à Licilius. Sénèque y invente un genre nouveau, inconnu avant lui dans la littérature latine : la correspondance pédagogique. De lettre en lettre, il explique, à partir de faits vécus et de situations quotidiennes, non seulement les principes du stoïcisme mais leur application concrète. Pour comprendre ce que sont les exercices de transformation du soi, il n’existe pas d’oeuvre plus simple ni plus forte.

Il condamne les pratiques superstitieuses, car elles substituent à l’amour la crainte et au lieu d’être un culte et elles sont donc un outrage. Mais Sénèque s’occupe peu du polythéisme officiel. En parlant de la puissance divine, il emploie aussi bien le mot de Dieu que les Dieux. Pour lui cependant, il n’y a qu’un seul dieu qui se présente sous une foule d’aspects différents. Je cite :  » qu’est-ce que Dieu? L’âme de l’univers. Il échappe aux yeux, c’est la pensée seule qui peut l’atteindre. »  » Le premier culte à leur rendre, c’est de croire en leur existence, puis de reconnaître leur majesté, leur bonté (…).  »  » Le sage ne diffère de Dieu que par la durée. « 

Sénèque, fidèle à la doctrine stoïcienne, place au premier rang les passions. Le sage ne doit ressentir ni la joie, ni le désir, ni la crainte. Sénèque ne veut pas de ces dangereux auxiliaires. Il remplace ces mouvements excessifs par la sérénité, la volonté, la circonspection, la juste mesure. De plus, la colère peut produire la valeur, la crainte peut former la prudence.

Ses tragédies sont un des meilleurs exemples du théâtre tragique latin, avec des oeuvres qui nourriront le théâtre classique français du XVIIème siècle comme Médée, Oedipe ou Phèdre.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 01 Avril 2010.background-2008_039.jpg


EPICTETE.

 Epictète

Epictète est probablement né à Hérapolis (Sud-ouest de la Phrygie). Il est emmené à Rome, enfant, comme esclave au service de Epaphrodite, maître cruel. Ce dernier lui aurait cassé une jambe d’où son surnom d’Epictète le boiteux.

Epictète réussit à assister aux conférences du stoïcien Musonius Rufus. Comme Socrate, il n’a rien écrit. Puis ancien esclave affranchi (on n’en connait pas les conditions), il étudie la philosophie et le stoïcisme en particulier. Mais en 89 -94, il doit quitter Rome à la suite d’un édit, contre les philosophes, dicté par l’empereur Domitien. Il va à Nicopolis d’Epire où il ouvre une école qui connaît un grand succès. Il enseigne sous forme de discussions et de remises en questions.

Il revient ensuite à Rome où il serait devenu un familier de l’empereur Hadrien. Il crée à son tour un enseignement de philosophie où il expliquait à ses disciples les principes de base de la morale stoïcienne sous la forme de libres discussions et de réponses à leurs questions. C’est probablement Flavius Arrien qui a rédigé le résumé vivant que constitue deux de ses ouvrages : Les entretiens et  Le Manuel.

La question principale à laquelle tente de répondre Epictète est de savoir comment il faut vivre sa vie : tous les autres questionnements de la philosophie sont de peu d’importance à ses yeux. Dans toutes les choses du monde, certaines sont en notre pouvoir exclusif, d’autres ne le sont pas.

Sont de notre pouvoir exclusif : nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinaisons, nos aversions soit toutes nos actions. Puis le corps, les biens, la réputation, les dignités, soit ce qui n’appartiennent pas à nos actions et ne sont donc  pas en notre pouvoir exclusif : il les appelle les aprohairetiques. Epictète nous dit aussi que ‘ la prohairesis’ est la faculté qui nous fait différents de tous les êtres vivants, cette faculté nous permet de désirer et d’avoir de l’aversion, de ressentir un besoin impulsif ou de la répulsion, de dire oui ou non, selon nos jugements. Le jugement ‘dihairesis’ nous permet de respecter, dans n’importe quelle situation, la nature des choses. Il faut avoir, face à tout ce qui est aprohairetique, le courage de jouer et de vaincre. En effet, l’homme fait partie intégrante d’un système qui le dépasse. Il en déduit que si l’on a sauvegardé la liberté de notre prohairesis, même en cas d’échec d’un jour, l’homme a toujours gagné.

Le Manuel est un texte court est une sorte d’aide-mémoire pour celui qui s’est mis en chemin vers la sagesse. Les conseils d’Epictète s’efforcent de lui indiquer les conduites à tenir, les pièges à éviter et les signes qui indiquent que l’on a quitté la folie ordinaire pour la paix des sages.

Ecrit et publié par Chantal Flury le 01 Avril 2010.  background-2008_039.jpg


MARC AURELE.

MARC AURELE. dans Philosophie. MarcAurele

Statue équestre de Marc Aurèle- Au centre de la place du Capitole à Rome.

Marc Aurèle est né le 26 Avril 121 à Rome et est mort le 17 Mars 180 probablement à Vindobona lors d’une de ses campagnes sur le Danube, peut-être de la peste. Toute sa vie il cultiva la lecture et eut une grande rigueur morale. Il était le fils d’Annius Verus. Il fut élevé à l’endroit où il était né dans la maison de son aïeul Verus, près du palais de Latéran. Il a eu une plus jeune soeur nommée Annia Cornifia.

Il porta d’abord le nom de son bisaïeul Catilius Severus. Mais après la mort de son père, Hadrien le nomma Annius Verissimus. Et lorsqu’il prit la toge virile, il fut son père mort, élevé et adopté par son aïeul paternel, sous le nom de Marcus Annius Verus. Ce père décédé, l’empereur Hadrien (117-138 ap JC) le prit sous sa protection puis demanda à son fils adoptif Antonin, en 138, de l’adopter à son tour et il devient Marcus Aelius Aurelius Verus.

Il est associé au pouvoir impérial en 138, puis accède au plein exercice à la mort d’Antonin le 07 mars 161. Il associe alors son frère d’adoption Lucius Verus à l’Empire. Il accomplit une oeuvre législative importante. En janvier 169 Lucius Verus meurt épuisé et malade et laisse ainsi Marc Aurèle comme seul empereur.

En 145, il épousa sa cousine germaine, Annia Faustina (Faustine la Jeune), la fille d’Antonin.

Ses maîtres à penser furent pour la philosophie Apollonius de Chalcédoine, pour la littérature grecque Sextus de Chéronée, petit fils de Plutarque, pour les lettres latines et la rhétorique Fronton.

L’empereur Marc Aurèle, sur les bords du Danube, défendant l’Empire contre les barbares, écrivait le grec, sous sa tente pour rester un philosophe. Ce n’est pas un empereur qui s’intéresse à la philosophie, c’est un philosophe qui tient son rôle d’empereur et qui cherche en accomplissant ses fonctions, à ne pas se laisser disperser, égarer ou transformer par le commandement qu’il exerce.

Il est direct, lucide et généreux. Il observe la dureté du monde et sa beauté. Il nous a légué avec ses Pensées, qui lui sont destinées, un chef d’oeuvre destiné en réalité à tous.

L’empereur avait suffisamment intégré l’enseignement d’Epictète, de Sénèque et de Zénon pour prolonger la connaissance de la maîtrise des passions que formule l’enseignement du stoïcisme. Mais aussi il bénéficie de l’apport philosophique de Platon, Epicure, Démocrite, Héraclite. L’art de décider doit toujours s’articuler à cette interrogation : veux-tu le pouvoir pour le pouvoir ou l’exercice du pouvoir ? soit : ton ambition est-elle d’obtenir la puissance ou d’être capable à travers elle de réfléchir, dire et agir afin qu’un chemin vertueux soit tracé pour la cité ? Beaucoup d’hommes politiques d’aujourd’hui devraient y méditer.

Marc Aurèle souligne tout au long de ses écrits les plus hautes valeurs de l’être humain : Prudence, Justice, Courage et Tempérance qui depuis Platon sont les quatre vertus principales du Philosophe, celles qui assurent la cohérence et la force des actions de ce dernier. 

Marc Aurèle manifeste un sens très haut de sa responsabilité dans l’Etat et se critique sévèrement tout en s’interrogeant sans cesse sur la finalité de l’action politique. Je cite :  » Prend l’habitude de te demander à quelle fin se rapporte cette action, que désire l’homme qui veut agir ?  » De plus dans tous les cas, il insiste très longuement sur l’idée que la vision du Tout, de ses éternelles transformations, élève l’âme de l’homme.

Marc Aurèle rappelle l’importance de l’harmonie, la potentialité de joindre aux manifestations incertaines de l’existence individuelle et collective, un équilibre menant à une part relative de stabilité, nous laissant la possibilité de comprendre la nature et de réfléchir sur notre conduite.

Marc Aurèle développe le savoir. Il donne un traitement fixe aux rhéteurs et aux philosophes, assure le recrutement des maîtres, partage au Sénat avec les plus grands sénateurs «  un conseil de réflexion pour la cité « . Il crée également quatre chaires d’enseignements pour les grandes écoles philosophiques : l’Académie platonienne, le Lycée aristotélicien, le Jardin épicurien et le Portique stoïcien. Il fonde plusieurs établissements éducatifs pour cinq mille jeunes filles pauvres.

Marc Aurèle cherchera toujours à reconnaître au sein de la complexité des relations humaines et des formations même physiques ce que l’homme peut apporter en termes d’équilibre autant pour lui-même que pour le monde.  » (…) Tous les êtres sont coordonnés ensemble, tous concourent à l’harmonie du même monde. « 

Néanmoins un reproche, il persécute les Chrétiens qu’il juge comme une menace pour l’empire. De plus, il ne connaît que quatre ans de paix sur vingt cinq et sera obligé sans cesse de guerroyer pour défendre son empire.

Bibliographie écrite et publiée par Chantal Flury le  01 Avril 2010.background-2008_039.jpg

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